Le pardon et l’égo

Pardon
Pardon

 

Bouddha méditait dans la forêt en compagnie de ses disciples. Soudain, l’un de ses détracteurs spirituels qui le détestait, s’approcha. Profitant du moment d’intense concentration de Bouddha, il se mit à l’insulter, lui cracha dessus et lui lança des poignées de terre.

Immédiatement, Bouddha émergea de sa méditation et, avec un sourire placide, il enveloppa l’agresseur de compassion. Par contre, ses disciples réagirent violemment. Ils agrippèrent l’homme, brandirent pierres et bâtons en attendant l’ordre du Maître de le châtier.

Bouddha, percevant la situation dans son ensemble, ordonna à ses disciples de lâcher l’homme, puis lui parla avec douceur et conviction:

– Voyez ce que vous avez provoqué en nous. Comme un miroir, vous nous avez montré notre vrai visage. Dorénavant, je vous prie de venir tous les jours pour éprouver notre vérité ou notre hypocrisie. Vous avez vu qu’en un instant, je vous ai rempli d’amour. Par contre, ces hommes qui depuis des années me suivent partout en méditant et priant, ont démontré ne pas avoir compris ni la vie, ni le processus de l’Unité. Ils ont réagi avec une agression similaire à la vôtre et même supérieure.

Revenez chaque fois que vous le désirez, vous êtes mon invité d’honneur. Toute insulte de votre part sera bien reçue à titre de stimulation pour vérifier si notre vibration est élevée ou s’il s’agit simplement d’une tromperie du mental. C’est ainsi que l’on peut voir l’Unité en tout.

Pleins de honte, les disciples ainsi que l’homme, se retirèrent rapidement de la présence du Maître car ils se sentaient coupables. Chacun percevait la leçon de grandeur du Bouddha et tentait d’échapper à son regard.

Le lendemain matin, l’agresseur se présenta devant Bouddha, se prosterna à ses pieds et lui dit avec une voix pleine d’émotion :

– Je n’ai pas pu dormir de toute la nuit ! Ma faute est si grande ! Je vous supplie de me pardonner et de m’accepter auprès de vous !

Souriant, Bouddha lui dit:

– Dès maintenant, vous êtes libre de rester avec nous, mais je ne peux pas vous pardonner.

Contrit, l’homme le supplia de l’excuser en tant que Maître de la compassion.

Bouddha répondit :

– Pour que quelqu’un pardonne, il doit avoir un ego très blessé. L’ego est la croyance erronée d’être de la personnalité. Seul l’ego blessé peut pardonner. Ainsi, après avoir haï ou senti de la rancune, on passe à un niveau plus avancé, mais incluant un piège. C’est le besoin de se sentir spirituellement supérieur à celui dont la bassesse nous a blessés. Seul celui qui continue de voir la dualité et se considère très sage, pardonne à l’ignorant qui lui a causé une blessure. Ceci n’est pas mon cas. Je vous vois comme une âme avec des affinités, mais je ne me sens pas supérieur. Je ne perçois pas que vous m’ayez blessé. Je n’ai que de l’amour au cœur envers vous. Je ne peux pas vous pardonner, je ne fais que vous aimer.

Qui aime n’a plus besoin de pardonner.

Pris sur facebook – Bouddhisme et Philosophies

Vous êtes des Bouddhas

17è Karmapa
17è Karmapa

 

La seule différence entre vous et moi est que je sais que

vous êtes des Bouddhas.

17è Karmapa Trinlay Thaye Dorje

Le chemin de Samatha Vipassana

Le chemin de Samatha
Le chemin de Samatha

 

L’illustration ci-dessus, reproduit une xylographie originale tibétaine qui présente les neuf étapes du cheminement de samatha en les illustrant par neuf scènes.

 

Il y a deux personnages : l’homme, qui est le sujet méditant, l’observateur, et l’éléphant, son esprit. Le méditant manie les deux outils dont il dispose pour développer samatha : l’attention et le rappel.

La hachette, incisive, représente l’acuité de l’attention vigilante, et la corde à crochet est le souvenir de la pratique, le rappel. Comme de nombreuses distractions interrompent l’état d’attention vigilante, le méditant doit y revenir par des rappels constamment répétés. La vigilance est l’acuité de base de la méditation et le rappel l’élément qui en assure la continuité.

L’état de samatha a deux principaux obstacles : d’une part l’agitation créée par les fixations sur les pensées et les émotions, et d’autre part la torpeur, l’opacité mentale. La torpeur est représentée par la noirceur de l’éléphant et l’agitation par celle du singe. Le feu qui décroît au fil des étapes exprime le niveau énergétique de la méditation : au fur et à mesure qu’elle progresse, la pratique exige de moins en moins d’efforts.

Les six virages du chemin délimitent six paliers de la progression, dominés successivement par six forces de la pratique qui sont : l’écoute des instructions, leur assimilation, leur souvenir, la vigilance, la persévérance et la parfaite habitude.

En bordure du chemin sont placés différents objets : plat de nourriture, conque, petite cymbale et miroir représentant les objets sensoriels : saveurs, odeurs, sons, et formes visuelles, qui distraient du chemin de samatha si le méditant se dirige vers eux.

1 – Au bas de la reproduction, à la « première station », la distance séparant le méditant et son esprit est grande. L’éléphant de l’esprit est mené par le singe de son agitation. Le feu est important, c’est-à-dire que la méditation demande beaucoup d’énergie ; les obstacles sont à leur maximum : tout est noir.
2 – À la deuxième station, le méditant grâce à son attention se rapproche de l’éléphant ; le singe mène toujours l’esprit mais le rythme s’est ralenti. L’opacité et l’agitation décroissant, du blanc filtre dans la noirceur de l’éléphant et du singe.
3 – À la troisième station, le méditant ne court plus vraiment après son esprit ; ils sont maintenant face à face. Le singe est toujours en avant mais il n’entraîne plus l’éléphant. Un contact suivi entre le méditant et l’esprit s’est établi avec la corde du rappel. Une forme de torpeur subtile, passée jusqu’alors inaperçue, apparaît ; c’est le petit lapin. La noirceur de l’opacité et de l’agitation décroissent.
4 – À la quatrième station, l’évolution se précise, le méditant se rapproche encore de l’éléphant. La blancheur du singe, de l’éléphant et du lapin progresse. La scène est plus calme.
5 – À la cinquième station, la situation se renverse. Le méditant guide maintenant l’éléphant de l’esprit avec une attention et un rappel continus. Le singe ne conduit plus, mais le lapin est toujours là. La scène est encore plus claire.

Dans l’arbre, un singe blanc cueille des fruits blancs : il représente l’activité de l’esprit s’engageant dans des actes positifs. Bien que de telles actions doivent habituellement être cultivées, ce sont des distractions pendant la pratique de samatha ; c’est pourquoi l’arbre est noir et à l’écart du chemin.

6 – À la sixième station, les progrès se précisent ; le méditant conduit ; le rappel de la méditation est constant sans que l’attention n’ait plus besoin d’être dirigée vers l’esprit. Le lapin est parti et la situation se clarifie de plus en plus.
7 – À la septième station, la scène est devenue très paisible. La marche n’a plus à être dirigée. La situation est devenue presque complètement transparente ; quelques taches noires signalent encore des points délicats.
8 – À la huitièmestation, l’éléphant marche docilement avec le méditant. Il n’y a pratiquement plus de noir et la flamme de l’effort a disparu. La méditation est devenue naturelle et continue.
9 – À la neuvième station, l’esprit et le méditant sont tous deux au repos complet. Ils sont comme de vieux compagnons habitués à rester tranquilles ensemble. Les obstacles ont disparu, samatha est parfait.
Les tableaux suivants, portés par le faisceau émanant du cœur du méditant, représentent l’évolution de la pratique au sein de cet état de samatha. La réalisation de samatha est caractérisée par des expériences d’allégresse et de ravissement, illustrées par le méditant volant ou transporté à dos d’éléphant.
Le dernier tableau se réfère à la pratique conjointe de samatha et de vipasyana. La démarche se renverse. Esprit et méditant sont ensemble, l’un chevauchant l’autre. Le feu révèle une nouvelle énergie qui apparaît : l’intelligence immédiate, représentée par l’épée flamboyante de la connaissance transcendante, tranche les deux faisceaux

 

Somasekha : l’espace du coeur

Somasekha
Somasekha

Peut-on parler d’autre chose que d’éveil lorsqu’on entend cet être ?

Je vous invite à regarder les 6 vidéos de la playlist, c’est de l’authentique !

Somasekha est née au Cambodge.
Lorsque la guerre éclata, elle dut quitter son pays à l’âge de cinq ans. Accueillie en France, elle y grandit, fit ses études de droit et devint juriste. Très jeune, elle fut animée par la quête du sens de la vie et du bonheur véritable. Cet élan ainsi que ses racines familiales l’amenèrent à découvrir la philosophie bouddhiste qu’elle approfondit pendant de nombreuses années. Elle l’étudia ainsi pendant quatre ans, en Inde, au Kibi (Institut international des hautes études philosophiques bouddhiques).
Parallèlement, elle accomplit des retraites méditatives qui lui ont permis de développer une expérience directe du corps, des énergies et de l’esprit ainsi qu’un don naturel pour le soin. Elle put ainsi accompagner et soigner nombre de personnes pendant huit ans.

Par un bel après-midi hivernal, alors que je me promenais dans les rues et les jardins d’Amsterdam, le voile se déchira ; le sentiment d’être un individu séparé s’évanouit.
Il n’y avait alors plus de temps, ni d’intérieur ni d’extérieur. Plus de sujet ni d’objet.
Ce que je croyais être le monde apparaissait sous un jour nouveau et dans une fraîcheur insoupçonnée. Au-delà de la frontière duelle, il se révèle comme étant la radiance naturelle de la conscience infinie ; l’expression libre de sa joie, de son extase, de son amour inconditionnel.
L’amour est le chant de liberté de la conscience ; son parfum de vie ; son sourire divin.
Il embrasse toute chose ; il est toute chose.
Dans l’espace ouvert et clair de cette évidence,
Il y avait plénitude et éveil à la beauté de la vie.
Plénitude d’avoir retrouvé sa terre originelle ;
Plénitude de paix et d’amour ;
Plénitude du Cœur.

Playlist (6 vidéos) :

Les 6 conseils de Tilopa à Naropa

Tilopa
Tilopa

SIX CONSEILS DE TILOPA A NAROPA

1. Ne te rappelle pas : Laisse aller ce qui est déjà passé.

2. N’imagine pas : Laisse aller ce qui peut venir.

3. Ne pense pas : Laisse aller ce qui arrive maintenant.

4. N’examine pas : N’essaie pas d’interpréter quoi que ce soit.

5. Ne contrôle pas : N’essaie pas de faire en sorte que quelque chose arrive.

6. Repose-toi : Détend toi, maintenant, et repose-toi.

Le couple vu par le bouddhisme tibétain

Bouddhisme et amour
Bouddhisme et amour

Bouddhiste depuis plus de 30 ans, Lama Lhundroup est enseignant, « Droupeun » (dirigeant de retraite de trois ans) et traducteur de textes Tibétains au monastère de « Dhagpo Kundreul Ling » en Dordogne. Médecin de formation il anime également des groupes de discussions entre Lamas et Psychologues.

 

Est-ce que la relation de couple peut apporter une aide au chemin d’éveil ?

 

Oui, elle peut même apporter une aide importante, mais cela dépend de quelle manière la relation est vécue. Si dans une relation de couple quelqu’un se sert réellement du Dharma et se libère ainsi peu à peu de ses tendances égocentriques, les expériences très diversifiées d’une liaison peuvent apporter beaucoup au chemin du Dharma. Sur le chemin de l’éveil il ne s’agit de rien d’autre que de travailler avec tous nos attachements et de les dissoudre petit à petit. Normalement, les couples n’ont pas pour objectif de dissoudre l’attachement mutuel, car les partenaires ont peur que cela provoque la fin de leur relation. Nous oublions pourtant que la dissolution des attachements, dit l’attachement égocentrique, est toujours liée à la manifestation des qualités telles l’amour, la sagesse, la compassion, l’humour, le courage, la joie, la patience, la générosité, etc.. Dans la perspective du dharma, nous pouvons utiliser la relation de couple comme un terrain parfaitement adapté pour l’entraînement dans ces qualités. La relation fait surgir beaucoup d’émotions, elle est en tous points un défi considérable. Se mettre sur le chemin vers l’éveil veut dire que nous nous servons, si possible, des émotions de chaque situation vécue pour travailler avec elles et devenir ainsi plus libres.

Somme toute, les problèmes que rencontrent les couples sont constamment les mêmes ; et qui plus est, les solutions demandent presque toujours la même attitude de base : se détendre et s’ouvrir. Mais en cas isolé chaque couple et chaque partenaire sont à une autre étape de son évolution. C’est pourquoi les couples peuvent retirer beaucoup des enseignements généraux du Dharma. Cependant, il faut qu’ils regardent toujours précisément ce qui est adapté à leur besoin actuel.

 

Quels sont les problèmes typiques d’un couple du point de vue du Dharma ?

 

En ce qui concerne le Dharma, c’est assez radical. Il ne fait pas de différence entre les problèmes d’un couple et ceux du pratiquant individuel. Le véritable problème est l’attachement à un égo et aux émotions qui en résultent telles l’avidité, la colère, l’orgueil et la jalousie.

De cette saisie fondamentale d’un ‘je’ ou ‘moi’ s’écoulent les problèmes multiples et très nuancés, jouant un rôle dans les relations de couple : cela commence avec une idéalisation du partenaire et une attente irréaliste au sujet de la relation et du partenaire, qui mène obligatoirement aux désillusions. Nous ne pouvons pas être tout pour notre partenaire, et le partenaire ne sera jamais tout pour nous. Il n’est pas possible qu’un être humain comble tous nos espoirs et souhaits. En plus, nous n’avons pas seulement des espoirs complètement exagérés, nous avons également des peurs excessives. A cause de nos attachements, souhaits et peurs, nous commençons alors souvent à vouloir changer notre partenaire. Nous voulons qu’il ou elle corresponde à nos souhaits et ne touche pas à nos peurs.

Nous ne pouvons pas laisser l’autre simplement tel qu’il est. Cette incapacité d’accepter l’autre pleinement tel qu’il est mène à des manipulations subtiles, nous voulons l’adapter à nos idées. Mais il ou elle essaye de se soustraire à ces accès de manipulation et se défend ; et c’est ainsi que l’on arrive facilement à des rapports de force, subtils ou évidents, dans le couple. Cela ne veut pas dire qu’il faut absolument approuver notre partenaire tel qu’il est. Il y a des comportements qui sont tout à fait inacceptables. Mais nous pouvons expliquer clairement ce qui nous ne plaît pas et laisser le choix au partenaire lui-même, de changer ou non. Nous pouvons exprimer ce qui nous met mal à l’aise ; cela est possible dans une discussion ouverte. En plus il n’est même pas requis d’éviter une dispute à tout prix. Le plus important est que les émotions soient clairement exprimées et que l’on ne s’égare pas dans une guerre souterraine pleine de déception et de rancune. Il est entièrement possible de s’accabler dans une relation, durant ses discussions franches. Cela demande courage et confiance, car il y a la peur de rompre. Cependant à travers de telles explications nous nous développons pour aboutir à une relation dynamique qui peut continuellement évoluer. Si, au contraire, nous cachons nos sentiments et nous empêtrons dans des reproches, nous commençons à regarder l’autre avec un oeil de plus en plus critique et découvrirons de plus en plus de côtés présumés négatifs chez lui. Nous glissons de l’idéalisation de la relation de départ vers une sombre vision négative. Le nuage rose de notre projection amoureuse se dissout, l’attachement se transforme en aversion.

 

L’amour mutuel au sein d’un couple ne reste-t-il pas plus fort que celui envers les autres humains ?

 

L’amour disparaît si nous voulons le retenir, mais il se laisse découvrir lorsque nous nous ouvrons. L’amour véritable est désintéressé, il ne veut rien pour soi. Il donne sans attendre quoi que ce soit en retour. L’amour sert les autres en toute liberté. Il est comme une main tendue qui porte et donne. Et on ne la retire pas parce que l’autre n’est pas tel que nous l’espérions et ne nous donne pas ce que nous attendions. L’amour nous transforme. Il nous aide à nous ouvrir à nos douleurs et à nos confusions. L’amour demande du courage et de la persévérance. Il nous permet de supporter les moments où nous sommes complètement perdus. Il nous permet d’abandonner notre territoire et de lâcher nos attentes. L’amour nous rend curieux, il s’intéresse à l’autre, à sa vie intérieure. L’intensité de l’ouverture, pleine d’amour, envers un partenaire intime, est une aide qui permet de plus en plus d’ouverture envers les autres êtres.  Un tel amour donne de la force et de l’inspiration à tous ceux qui entrent en contact avec nous.

 

Qu’est-ce qui soude le couple  ?

 

Nous commençons réellement à apprécier la relation de couple car nous voyons quelle aide importante notre ami(e) représente. Il est un bon miroir, un maître, une aide au développement de la vigilance. Naturellement, la relation nous donne aussi une identité, un chez-soi, un espace protégé. Une relation profonde s’avère stabilisante pour l’évolution intérieure. Des gens qui partagent leur vie pendant longtemps ont souvent le souhait de vieillir ensemble afin de pouvoir s’occuper l’un de l’autre quand ils seront vieux. Ils savent qu’ils ne pourraient pas faire des expériences vraiment nouvelles avec d’autres partenaires, et que changer de partenaire n’éviterait pas de travailler sur les mêmes points que ceux qui se présentent dans leur relation actuelle. Si nous voulons vraiment vivre une relation vivante et engagée il n’y a aucune raison de chercher ailleurs.

 

Quel rôle joue la sexualité dans une telle relation ?

 

La sexualité ne se trouve pas au premier rang. Elle est simplement un des moyen qui permettent la communication et une profonde ouverture. Cette ouverture devient plus importante que l’union sexuelle elle-même. Nous ne devons pas penser que des difficultés sur le plan sexuel sont automatiquement le signe d’un manque d’amour – ce qui compte est l’ouverture du coeur et une vraie communication. Et pour cela nous devons nous laisser beaucoup de temps et d’espace.

 La manière dont les femmes et les hommes vivent les situations et les traitent restent différente pendant longtemps.  Les enseignements tantriques disent que les femmes portent l’homme en elles et les hommes la femme en eux. A travers la pratique de l’ouverture intérieure nous trouvons l’accès à cette autre partie en nous. L’homme découvre la féminité et le maternel en lui et la femme le masculin et le paternel en elle. Les relations peuvent faciliter ce processus mais aussi le freiner. Cela dépend de l’individu. Au fond, tout est très simple : nous devons toujours pratiquer le lâcher-prise et toujours suivre l’amour.  La pratique du Dharma implique de ne pas se compliquer la vie avec des théories, mais de rester, autant que possible, simples et ouverts. L’expérience démontre que les relations de couple peuvent y être d’une aide importante mais elles ne sont pas indispensables.

 

Les avantages présumés d’une relation de couple en comparaison à une vie de célibataire ?

 

Un avantage très important est d’avoir dans le partenaire un beau miroir pour nos émotions, ainsi que beaucoup d’occasions pour un échange profond où nous sommes obligés de dépasser nos limites. Nous accédons à nos émotions et à nos limites et apprenons à mieux nous connaître. Comme partenaires nous pouvons nous entraîner sans cesse à accepter et à donner ; il y a toujours des situations qui nous défient et nous donnent la possibilité de développer des qualités. Une relation peut également permettre d’équilibrer des états émotionnels fortement critiques. En sus, une relation pleine d’amour nous procure de la chaleur humaine et de l’affection, indispensables pour une évolution harmonieuse. Elle apporte sécurité et stabilité et les moyens pour développer de la confiance en nous-mêmes et dans les autres. Un partenaire peut nous aider de nous détendre dans des situations difficiles et de lâcher. Nous avons la possibilité de faire connaissance avec le monde de l’autre, d’apprendre à nous confier à quelqu’un et à partager notre monde. Notre compréhension pour les autres croît et nous devenons plus réalistes.

 

Quels sont les inconvénients éventuels ?

 

Une relation de couple peut nourrir notre attachement. Au lieu de dissoudre nos fixations, elle peut renforcer la saisie d’un « moi » et d’un « toi ». Un partenaire peut facilement être utilisé pour fuir devant soi-même et pour se distraire. Cela peut empêcher que nous prenions conscience de nous-mêmes. Si nous cherchons en permanence nos points de référence à l’extérieur, la relation renforcera notre manque d’indépendance. Si une relation est difficile à vivre et s’il y a souvent des disputes, cela engendre une forte accumulation de karma négatif. En ce qui concerne l’activité, habituellement, les partenaires vivant en relations de couple n’ont pas beaucoup de temps pour les autres gens, parce qu’il faut entretenir la relation, et que cela demande du temps.  Cependant si les partenaires se laissent beaucoup d’espace et façonnent leurs vies simplement, il reste suffisamment de temps pour les autres.

 

Qu’est-ce qui change pour le couple quand il y a des enfants ?

 

L’engagement en vue d’une stabilité de la relation devient extrêmement important. Les enfants ont besoin, dans la mesure du possible, de deux parents, et cela à long terme. Dès qu’il y a des enfants, la question du mariage se pose, vu que les enfants ont besoin du cadre le plus stable possible d’une relation.

 

Autrement, la stabilité est-elle de moindre importance ?

 

Un couple qui reste lié pendant longtemps, s’entraîne à traverser des difficultés et découvre des nouveaux espaces d’amour, qui restent cachés si l’on change souvent de partenaire. Rester ensemble est la plupart de temps la décision la plus sage mais pas toujours. Il s’agit de ne pas créer de nouvelles souffrances et de se libérer des conditionnements bien ancrés. Parfois il vaut mieux mettre un terme à une relation. Seulement, les conditionnements ne se délient pas parce qu’on change de partenaire – jamais. Changer de partenaire peut à la limite donner la possibilité de recommencer dans de meilleures circonstances.

Pour rester ensemble, un couple doit avoir maintenu la confiance mutuelle à un certain degré, les blessures ne doivent pas être trop profondes, des coups supplémentaires sont à éviter, si possible. Avant de commencer une nouvelle relation, l’ancienne doit être clôturée afin d’éviter les douleurs et le chaos. Aussi faut-il prendre en compte l’âge et la maturité des enfants.

En premier lieu, il s’agit de mener sa vie avec une vigilance fondamentale, de développer plus d’ouverture et de tolérance, d’écouter, d’échanger, de découvrir l’amour, de se détendre, etc. Il s’agit également d’accepter la solitude dans la relation de couple, de ne pas estomper l’ennui qui se manifeste de temps à autre, de développer le courage d’être honnête. Il y a là un travail considérable à fournir, qui conduit graduellement à un démantèlement de la saisie égotique.

En fin de compte, le travail à fournir dans une relation de couple revient exactement au même que celui à faire dans la méditation. C’est pourquoi il est bien plus utile pour un couple si les deux méditent. La méditation nous aide à nous détendre et à traverser les moments de solitude et d’ennui. Elle nous ouvre de nouveaux espaces à la compréhension et fait connaître une nouvelle approche de soi même et des autres. Nous ne nous reposons pas en permanence sur l’autre, ce qui déleste la relation. Les deux partenaires deviennent plus autonomes à travers la méditation. Ils ne cherchent plus à l’extérieur ce que l’on trouve à l’intérieur.

 

Qu’est-ce qu’un couple peut faire pour vivre en harmonie ?

 

Comme déjà dit, une telle relation demande à être entretenue, au mieux tous les jours. Cela prend pas mal de temps, du temps de ‘bonne qualité’ – ne pas seulement être assis ensemble à table, mais un échange profond. Cela exige des conversations, de l’intérêt à la vie intérieure du partenaire, des intérêts communs et l’envie d’entreprendre des choses ensemble, parfois aussi sans enfants ou amis. Un couple a besoin de contacts à l’extérieur qui sont stimulants, dynamisants. Tous ces conseils, un psychologue les donnerait également. Parallèlement, les deux partenaires doivent prendre soin de leur autonomie, de leur indépendance intérieure. Beaucoup de conflits surgissent parce que nous sommes devenus dépendants, et, sans nous rendre compte, nous luttons pour retrouver notre autonomie intérieure. Celui qui a réellement trouvé son indépendance intérieure perd cette appréhension d’être exploité ou manipulé par les autres. Il oublie la peur d’exprimer ses émotions parce qu’il n’est pas tourmenté par la crainte de perdre l’autre. Peut-être pouvons-nous dire, que d’être capable d’aimer réellement nécessite une certaine dose d’autonomie.   Il nous faut apprendre à nous accepter nous-mêmes ainsi que les autres et à laisser de l’espace. Plus nous rentrons profondément dans la pratique de la détente et du lâcher-prise, plus nos relations deviennent simples. Nous devrons faire l’effort de développer un intérêt véritable pour l’autre et de nous prendre pour moins important que lui. L’intérêt signifie regarder et écouter vraiment. L’intérêt véritable crée l’ouverture en nous. En même temps une certaine qualité de complaisance est requise – il nous faut apprendre à tenir les engagements que nous avons pris ensemble. C’est par là que s’amplifie la confiance et naît une plus grande ouverture. Une relation de couple réclame le courage de deux partenaires afin d’affronter les difficultés immédiatement, de préférence le jour même, pour qu’aucune rancune ne puisse s’introduire. Si nous n’arrivons pas à gérer nos difficultés tout seul, nous ne devrions pas avoir de gêne à chercher rapidement de l’aide, chez des amis, par exemple, ou éventuellement chez un thérapeute. L’orgueil ne doit pas nous en empêcher.

 

Les thérapeutes peuvent-ils apporter de l’aide à un couple  ?

 

Oui, bien sûr.  Il est rare qu’à long terme un couple arrive à se passer d’une aide de l’extérieur, qu’elle vienne d’amis proches, d’un Lama ou, justement, par d’un thérapeute. La thérapie, et surtout la thérapie du couple, n’implique pas du tout de se remplir la tête avec toutes sortes de concepts. Dans notre société actuelle, les thérapeutes sont devenus un genre « d’Ersatz » des maîtres de sagesse, en partie quelque chose comme les ‘gardiens de l’esprit sain’ de l’humanité qui se perd facilement. Au cours de leur formation, ils s’occupent intensivement de trouver des moyens pour aider eux-mêmes et les autres. Nécessairement, ils développent aussi une quantité de théories qui se laisseraient perfectionner en les comparant avec les expériences de la pratique du Dharma. Néanmoins ils sont entièrement capables de nous aider à prendre du recul face à nos problèmes, à obtenir une meilleure compréhension et à trouver une approche nouvelle. C’est là l’activité pour laquelle ils sont payés.

 

Qu’est-ce qui réunit un couple de nos jours ?

 

Les possessions, les enfants, la moralité, la société, la pression familiale, la liaison sexuelle, – tous ces facteurs perdent de plus en plus de leur influence. Le mariage en tant qu’institution a perdu sa valeur et est considéré par beaucoup comme un devoir passager et résiliable. Du point de vue de l’enseignement bouddhiste, le mariage est une affaire personnelle et mondaine du couple et se pratique suivant les coutumes du pays. Il n’existe pas de mariage consacré par un Lama bouddhiste. Le mariage n’est pas considéré comme un sacrement à l’instar de l’église catholique. Cependant, le Bouddha a mis l’accent sur le fait que la fidélité et le respect des relations de couples existantes sont des éléments très importants d’une conduite éthique et responsable.  Il est important de garder les engagements et de les adapter ensemble aux situations changeantes. Il vaudrait mieux commencer par des engagements réalistes et faciles à tenir. Il ne s’agit pas de prendre des engagements héroïques que nous n’arriverons pas à tenir pendant longtemps, mais du développement graduel de la capacité de persévérer. De cette manière le couple peut évoluer vers une forme de relation que nous pourrions appeler « une relation de couple engagée », qui peut être basée sur un mariage ou non.

 

Les souhaits de Bodhisattva

17è Karmapa
17è Karmapa

Souhaits de Bodhisattva

Par mes vertus, puisse, en cette vie et toutes les autres,
s’accomplir uniquement le bien d’autrui
Par mon corps, puissé-je faire murir et libérer les vivants
Par ma parole, puissé-je faire mûrir et libérer les vivants
Par mon esprit, puissé-je faire mûrir et libérer les vivants
Par mes corps, paroles et esprit, puissé-je faire mûrir et libérer tous les vivants, tans que l’océan du Samsara ne sera pas vide

La Prajnaparamita

Prajnaparamita
Prajnaparamita

Prajnaparamita

Le bouddha Shakyamuni a enseigné trois grands cycles d’instructions :

  • Le Cycle des Quatre Nobles Vérités.
  • Le Cycle d’Absence de Caractéristiques
  • Le Cycle d’Excellente Discrimination

Les traités de Perfection de Sagesse, ou prajnaparamita, appartiennent au 2ème cycle et dévoilent la nature de toutes choses, ou vacuité. Néanmoins, les avis des grands philosophes bouddhistes divergent quant au fait que le 2ème cycle soit de sens définitif et le 3ème cycle de sens indirect, ou le contraire.
Les grands maîtres indiens de la prajnaparamita furent Nagarjuna, Aryadeva, Buddhapalita, Bhaveviveka, Asanga, Vasubhandu, Chandrakirti et leur descendance.

Comme support méditatif de la prajnaparamita, le Vajrayana en a conçu une représentation symbolique, d’aspect féminin puisqu’il va s’agir d’un enfantement de l’éveil par la connaissance.

De couleur dorée, elle à quatre mains : l’une tient le vajra (la nature ultime indestructible), l’autre le texte (de la prajnaparamita), l’autre fait le mudra ou geste de l’argumentation (enseignement) et la dernière celui du recueillement (méditation).

Lorsque le bodhisattva Maître-en-contemplation pratique la profonde prajñâ pâramitâ, il voit que les cinq agrégats sont tous vides et se libère de toutes les souffrances.

Shâriputra, les formes ne sont pas différentes du vide, le vide n’est pas différent des formes, les formes sont le vide, le vide est les formes. Il en va de même des sensations, des perceptions, des constructions mentales et des consciences.

Shâriputra, tous ces éléments ayant l’aspect du vide, ils n’apparaissent ni ne disparaissent, ils ne sont ni souillés ni purs, ils ne croissent ni ne décroissent. C’est ainsi que dans le vide, il n’y a pas de forme ni de sensation, de perception, de construction mentale et de conscience.

Il n’y a pas d’œil, d’oreille, de nez, de langue, de corps ni de mental. Il n’y a pas de forme, de son, d’odeur, de saveur, de tangible ni d’élément. Il n’y a pas de domaine du visuel et ainsi de suite il n’y a pas de domaine de la conscience mentale.

Il n’y a pas d’ignorance et non plus cessation de l’ignorance et ainsi de suite il n’y a pas de vieillesse ni de mort et non plus cessation de la vieillesse et de la mort. Il n’y a pas de souffrance, d’origine, d’extinction ni de chemin. Il n’y a pas de connaissance et pas plus d’obtention puisqu’il n’y a rien à obtenir.

Comme le bodhisattva s’appuie sur la prajñâ pâramitâ, son esprit ne connaît plus d’empêchement et comme il ne connaît plus d’empêchement, il est dénué de crainte. Libéré des méprises et des pensées illusoires, il accède au nirvâna. Comme les bouddhas des trois temps s’appuient sur la prajñâ pâramitâ, ils réalisent l’anuttarâ samyak sambodhi.

Sache donc que la prajñâ pâramitâ est la grande formule magique, la grande formule du savoir, la formule suprême, la formule inégalée qui permet de supprimer toutes les souffrances, elle est vraie et non pas vaine.

C’est pourquoi j’enseigne la formule de la prajñâ pâramitâ. J’enseigne ainsi la formule : Gate, gate, pâragate, pârasamgate, bodhi, svâhâ!

Référence canon sino-japonais de Taishô : volume VIII, livre 251, p. 848c.

Souffrance et compassion

Compassion
Compassion

N’importe quel malaise devient une base de pratique.
On inspire, en sachant que sa souffrance est partagée,
qu’il y a partout sur terre des gens qui ressentent
exactement la même chose au même moment.
Ce simple geste est comme une graine
de compassion pour soi et autrui.
C’est ainsi que nos rages de dents,
nos insomnies, nos divorces
et notre terreur deviennent
notre lien avec
toute
l’humanité.

Pema Chödrön

Chercher le Bouddha

Chercher le Bouddha
Chercher le Bouddha

Chercher le Bouddha en rejetant les autres,
c’est comme chercher l’écho en faisant taire
la voix

– Bodhidarma –