Comment méditer pour être heureux

4 juin 2012, 21:58

L'Enseignant Bouddha Shakyamuni

L’Enseignant Bouddha Shakyamuni

Les préparations

Après avoir nettoyé la salle de méditation et avoir disposé des objets servant de supports de visualisation, prenons la posture en sept points

1) Asseyons-nous sur un coussin, le dos surélevé par rapport au devant du corps, dans la position du lotus. Il est aussi convenable de simplement croiser les jambes. En cas d’incapacités physiques, on peut simplement s’asseoir sur une chaise.

2) Les deux mains reposent dans le moudra de l’équanimité méditative, les paumes vers le haut, la main droite repose sur la main gauche. Les extrémités des pouces se rejoignent vers le haut, ce qui représente l’union de la félicité et de la vacuité. La forme ainsi produite symbolise que cette union est la source d’émergence de tous les phénomènes. Les deux mains doivent être placées à environ quatre centimètres plus bas que le nombril. Ce point est très important car c’est à cet endroit qu’est généré le feu interne (toummo en tibétain).

3) Le dos doit être aussi droit qu’une flèche. En effet, si le corps est droit, les canaux d’énergie subtile et les vents qui y circulent le seront aussi. Ainsi, l’esprit deviendra maniable.

4) Les dents et les lèvres sont dans une position naturelle et le bout de la langue touche au palais. Cela préviendra l’assèchement de la bouche et empêchera que la salive ne s’écoule hors de celle-ci lors d’absorptions méditatives profondes.

5) La tête est légèrement penchée vers l’avant.

6) Les yeux regardent vers le bas suivant les ailes du nez. Cette technique aide à prévenir l’agitation et le relâchement mentaux. Il est parfois expliqué de méditer les yeux complètement fermés ou encore en regardant devant soi. Cela n’est toutefois pas conforme à la tradition suivie ici.

En effet, en méditant les yeux fermés, on risque de devenir facilement en proie à la léthargie, au relâchement mental, à la torpeur, au sommeil, à la fatigue physique ou mentale, etc. À l’autre extrême, les yeux complètement ouverts peuvent conduire à l’agitation, la dispersion et la distraction. C’est pourquoi les saints maîtres du passé expliquent qu’il faut méditer les yeux juste entrouverts pour se prémunir contre ces difficultés.

Certaines personnes trouvent toutefois plus facile de méditer les yeux fermés ou les yeux ouverts et ne sont pas aux prises avec les difficultés mentionnées ci-haut. Le but de la méditation étant d’atteindre la concentration, si une technique nous convient mieux qu’une autre, il est permis de l’adopter. Le fait d’avoir les yeux fermés ou ouverts n’est qu’une condition extérieure. En effet, le calme mental et la concentration s’atteignent par la conscience mentale et non par la conscience visuelle.

7) Les épaules sont droites, ni trop tendues ni trop relâchées, juste un peu surélevées, à la manière d’un oiseau qui s’apprêterait à s’envoler.

Il existe aussi la technique des « neuf cycles respiratoires », qui permet de purifier les blocages du corps subtil composé de canaux et de vents. Tout d’abord, les cinq centres d’énergie (chakras) où circulent les vents sont : 1) le chakra de la grande félicité situé au sommet de la tête, 2) le chakra de la jouissance situé au niveau de la gorge, 3) le chakra du Dharma situé au niveau du cœur, 4) le chakra de l’émanation situé sous le nombril et 5) le chakra qui entretient la félicité situé au niveau de la région secrète (c’est-à-dire le sexe).

Associés à ces cinq chakras circulent cinq vents : 1) le vent imprégnant de couleur bleue pâle, 2) le vent ascendant de couleur rouge, 3) le vent vitalisant de couleur blanche, 4) le vent de glissement régulier de couleur verte et 5) le vent d’élimination de couleur jaune. Cette technique permet de purifier les cinq émotions perturbatrices que sont : 1) l’aversion, 2) le désir-attachement, 3) l’ignorance, 4) la jalousie et 5) l’orgueil.[1]

Avec cette technique permettant de purifier les blocages du corps subtil (canaux et vents), le calme mental ainsi que d’autres qualités ne seront pas difficiles à obtenir et pourront être actualisés en cette vie même.

Le corps subtil

La technique des « neuf cycles respiratoires » se pratique de la manière suivante. On fait d’abord trois respirations en expirant de la narine droite et en inspirant de la narine gauche. Ensuite, on inverse l’ordre pour trois respirations, en expirant de la narine gauche et en inspirant de la droite. Pour terminer, on fait trois respirations en utilisant les deux narines simultanément.

Habituellement, on ne fait pas mention des canaux et des vents dans l’enseignement des soutras[2]. Toutefois, il est très utile d’en parler ici afin de savoir comment purifier les vents subtils.

Si l’esprit éprouve des difficultés parce qu’il est distrait par des pensées conceptuelles dérangeantes, il est possible de visualiser que tous ces éléments perturbants s’échappent du corps sur-le-champ sous forme de lumière ou de fumée noire, lors d’une expiration naturelle. Lors de l’inspiration, on imagine qu’une lumière blanche pénètre en nous et purifie notre esprit.

Par exemple, si l’esprit est agité à cause de l’attachement à des préoccupations reliées au travail, aux amis, etc., on peut utiliser la technique du compte de la respiration, en comptant « 1 » pour l’inspiration, « 2 » pour l’expiration, etc. jusqu’au compte de « 7 », en essayant de conserver l’esprit concentré intérieurement. Si cela ne fonctionne pas, on recommence en comptant jusqu’à « 9 ». De la même façon, on peut recommencer le processus pour se rendre à « 11 », « 15 » ou « 21 ». On dit qu’il s’agit de la meilleure façon de mettre un terme à la distraction et de garder l’esprit concentré.

Lors de la méditation, si des émotions telles que le désir-attachement ou la colère nuisent à la concentration, dirigeons immédiatement notre conscience visuelle ou n’importe laquelle de nos consciences sensorielles vers un objet extérieur afin de distraire notre esprit. Ainsi, la conscience mentale sera attirée naturellement et on oubliera la perturbation précédente. En voyant l’esprit ainsi redevenu serein, il est possible de le ramener immédiatement à la méditation. Cette technique peut contribuer à l’atteinte de la concentration.

Enfin, la technique la plus efficace permettant l’atteinte de la concentration est de débuter en visualisant dans l’espace devant soi le Bouddha Shakyamouni ou une autre figure inspirante et réciter une pratique rituelle ainsi qu’un mantra qui leur sont associés. Cela arrêtera toute distraction externe ainsi que toute pensée conceptuelle et permettra ensuite de concentrer l’esprit en un point. Cette technique permettra de réaliser le calme mental très rapidement, en cette vie même.

Les conditions favorables à l’atteinte du calme mental

Maitreya explique :

« Le sage médite en un endroit où les commodités sont accessibles, un endroit béni, salubre, près d’amis positifs et doté de tous les prérequis nécessaires au bien-être du yogi. »

a. L’accessibilité des commodités

L’accessibilité des commodités signifie demeurer dans un endroit retiré et paisible où notre présence ne nuit pas aux autres et où l’on peut facilement se procurer ce qui est nécessaire à la santé (nourriture, vêtements, etc.) Ceux ayant des besoins spécifiques en ce qui concerne les médicaments ou la nourriture devraient s’assurer que ce dont ils ont besoin ne leur fera pas défaut.

Particulièrement à notre époque, ce que nous devons à tout prix trouver est le temps. À cela doit s’ajouter une grande détermination. En effet, même si l’on réussit à trouver le temps pour méditer, mais qu’intérieurement on n’est pas prêt, on cherchera à faire autre chose, à accomplir un tout autre projet. De nos jours, ce genre d’obstacles abonde. Il est donc primordial de trouver du temps et d’avoir une grande détermination.

Si nous ne cherchons jamais à avoir le temps, il ne faut pas s’attendre à ce que le temps se présente de lui-même. En effet, c’est à celui qui cherche à atteindre le calme mental à aménager son temps à cette fin.

b. Un endroit béni

Demeurer dans un endroit sacré ne veut pas dire que l’on devrait absolument aller vivre à Bodhgayâ en Inde, au Tibet, ou encore dans un monastère, un ermitage, une grotte ou un désert. Toutefois, si l’on peut résider en un endroit visité par les grands maîtres du passé ou encore un endroit béni, non seulement les éléments et les forces extérieures ne dérangeront-ils pas, mais il sera plus facile de purifier l’esprit et d’engendrer en soi les bénéfices des réalisations.

Bref, un endroit béni n’implique pas seulement que le lieu soit béni. Le sens réel est que l’esprit doit être discipliné, pacifié et très pacifié. Si ces trois éléments sont présents, alors l’endroit est béni.

c. Un endroit salubre

On devrait demeurer dans un endroit libre d’épidémies, de maladies ou de climat extrême. De plus, l’eau et la terre ne devraient pas être contaminées.

En effet, les éléments extérieurs (terre, eau, feu et air) et les éléments intérieurs psychosomatiques (agrégats, éléments, sources de perception, canaux et vents) doivent être équilibrés. C’est également une condition contribuant à l’atteinte du calme mental. Un endroit salubre signifie à la fois un lieu et une situation où rien ne peut nuire à la santé.

Si les éléments extérieurs sont en déséquilibre et entraînent un climat extrême ou des épidémies, cela nuira à la santé. S’il survient des débalancements au niveau des éléments psychosomatiques qui créent des inconforts, des impuretés dans les canaux et les vents, etc., cela nuira à la santé également.

d. Des amis positifs

Il est préférable de s’entourer de plusieurs personnes positives partageant la même vision et la même attitude que la nôtre. En tant que débutant, il est très mauvais de demeurer seul et sans amis. On dit qu’on devrait avoir au minimum trois amis avec qui pratiquer.

e. Avoir tous les prérequis nécessaires au bien-être du yogi

On doit avoir reçu toutes les transmissions et explications nécessaires et surtout être devenu expert dans la pratique. De nos jours, certaines personnes ne sont pas intéressées à recevoir les instructions concernant le calme mental, mais souhaitent quand même méditer. Bien sûr, ce manque d’intérêt envers les instructions nuit grandement à leur pratique et leur bloque la voie à toute réalisation.

Le glorieux Atisha a dit :

« Celui en qui les prérequis au calme mental ont dégénéré, même s’il médite durant des milliers d’années avec effort, n’arrivera pas à développer la concentration. »

Ainsi, avant de pouvoir pratiquer, on doit avoir réuni toutes les conditions nécessaires et au minimum avoir reçu les instructions et transmissions. Si une seule des conditions manque, l’atteinte de réalisations sera extrêmement difficile. Par exemple, comment un avion pourrait-il voler s’il lui manque une pièce?

Certaines personnes se demandent parfois s’il y a une différence entre le fait de méditer le matin ou le soir. Le plus important est de savoir que si l’on médite lorsque le corps et l’esprit sont frais et dispos, lorsque l’esprit et clair et alerte, il sera plus facile de générer le calme mental.

Le soir, des obstacles au calme mental tels que la paresse se manifestent facilement. Le matin, l’esprit est plus clair et l’énergie circule avec plus d’aisance dans les canaux du corps. De plus, après une bonne nuit de sommeil, les souvenirs grossiers des activités et des problèmes des journées précédentes sont temporairement oubliés. Ainsi, le meilleur moment pour pratiquer la méditation sur le calme mental est avant de commencer les activités quotidiennes qui viendront à nouveau occuper l’esprit.

Le temps que prendra l’atteinte du calme mental dépend exclusivement de la réunion de toutes les conditions favorables. Il est dit que si l’on pratique les préparations continuellement avec l’ensemble des conditions extérieures et intérieures qui permettent la réalisation du calme mental, il pourra être atteint en moins de six mois. Cette information concerne toutefois des époques très vertueuses. De nos jours, le développement matériel et technologique cause beaucoup de distractions, d’agitation mentale et de pensées conceptuelles. Il est donc difficile de présumer du temps que cela pourrait prendre. Cela dépend surtout de l’attitude personnelle de chacun, car on ne parle pas d’une durée spécifique qui serait nécessaire pour atteindre le calme mental dans les textes classiques. Les pratiquants se doivent donc de bien connaître ces préparations et conditions favorables.

2. La pratique proprement dite 

La méditation est la familiarisation ou le maintien de l’esprit en concentration sur un objet visualisé clairement. C’est le propre d’un esprit qui ne se laisse pas diriger par les distractions externes et internes.

L’objet sur lequel on médite doit être visualisé [3] clairement à une distance d’environ deux mètres devant soi et 50 centimètres plus haut que le cœur, c’est-à-dire face à l’espace entre les sourcils. Il doit être perçu d’aspect lumineux et lourd, de la taille d’un pouce environ. Le fait de l’imaginer lumineux empêche le relâchement mental. Le visualiser lourd prévient l’agitation. La concentration doit absolument inclure trois caractéristiques, à savoir le mode d’appréhension, la stabilité et la clarté. Le mode d’appréhension doit être équilibré entre clarté et stabilité.

Quel objet devrait-on choisir pour la visualisation? Celui qui est à l’origine des instructions concernant le calme mental et la vision pénétrante à notre époque est le Bouddha Shakyamouni. Il est donc dit que de visualiser le corps du Bouddha contribue à l’achèvement des accumulations de mérite et de sagesse et à la purification des voiles, en plus de faciliter l’atteinte du calme mental.

Ces instructions sur la manière de visualiser l’objet s’adressent seulement aux pratiquants à la recherche du calme mental. Elles ne s’adressent pas à n’importe qui. Il est aussi possible de visualiser un objet tel qu’une goutte, une lettre, une lumière, une fleur, etc.

C’est l’image mentale qui doit être utilisée et non l’objet lui-même, car c’est la conscience mentale intérieure qui médite et qui pourra éventuellement atteindre le calme mental. Il n’est jamais fait mention dans les textes classiques d’une méditation exercée par une conscience sensorielle extérieure sur un objet physique.

Durée de la session de méditation

Les Terres des auditeurs et la majorité des autres textes classiques ne font pas clairement mention de la durée recommandée pour une séance de méditation. Le troisième volume des Étapes de la méditation de Kamalashila explique qu’on peut demeurer en méditation aussi longtemps qu’il est possible de le faire. Bien que cette mention fasse référence à une personne ayant déjà réalisé le calme mental et qui médite sur la vision pénétrante, il est évident qu’il en est de même pour la durée de la session de méditation sur le calme mental.

Si l’on a une période déterminée pour la pratique, comme c’est le cas lors d’une retraite, on fera quatre séances : une à l’aube, une l’avant-midi, une l’après-midi et une au crépuscule. Au début, si les séances de méditation sont trop longues, on sera facilement en proie à l’agitation et au relâchement. Il est donc préférable de faire plusieurs séances de courte durée. Selon la tradition suivie ici, le plus important est de respecter ses propres capacités physiques.

On peut demeurer en équilibre méditatif aussi longtemps qu’on ne ressent aucun inconfort ou obstacle physique ou mental. Dès que survient un obstacle, ne persistons pas et arrêtons immédiatement la séance. Éliminons les obstacles physiques et mentaux et reprenons ensuite la méditation. C’est ainsi que pensent les érudits. Nous devrions donc les imiter.

Maitreya explique :

« Il provient de l’abandon des cinq obstacles et de l’application des huit antidotes. Voici les cinq obstacles : la paresse, l’oubli de l’instruction, le relâchement et l’agitation, la non-application des antidotes et l’application excessive des antidotes. »

Les cinq obstacles au calme mental sont donc :

a)   la paresse;

b)   l’oubli de l’instruction;

c)   le relâchement et l’agitation;

d)   la non-application des antidotes aux obstacles;

e)   l’application excessive des antidotes lorsqu’il n’y a plus d’obstacles.

Les huit antidotes aux cinq obstacles sont :

a. la foi confiante,

b. l’aspiration,

c. l’effort joyeux,

d. la souplesse méditative,

e. l’attention,

f. la vigilance,

g. l’application de l’antidote,

h. l’équanimité de la non-application.

Les quatre premiers antidotes contrent la paresse; chacun des antidotes suivants s’appliquent aux quatre derniers obstacles respectivement. Maitreya  affirme :

« Ensuite, celui ayant atteint la grande souplesse physique et mentale est dit posséder l’application. »

Après avoir parcouru la totalité des neuf étapes, la concentration dotée de la félicité induite par la souplesse qui peut demeurer en équilibre méditatif sur son objet pour la durée désirée se nomme calme mental. Il est de deux types : celui ayant pour objet la multiplicité des phénomènes et celui ayant pour objet la nature réelle des phénomènes.

On le nomme calme mental [4] car l’esprit préalablement dispersé vers des objets extérieurs se pacifie (shi) par la demeure (nè) centrée sur un point vers un objet intérieur.

3. La conclusion 

À la fin d’une session de méditation incluant tous les aspects du calme mental, on doit faire des souhaits et dédicaces :

Les souhaits :

Ayant pacifié la distraction vers les objets erronés et analysé le sens de la réalité, bénissez-moi afin que naissent rapidement dans mon continuum mental la voie unissant le calme mental et la vision pénétrante.

Et les dédicaces :

L’esprit d’éveil est précieux. Puisse-il naître chez ceux en qui il n’est pas encore apparu. Là où il est né, puisse-t-il ne jamais dégénérer et croître toujours de plus en plus fort.

Il n’y a pas un seul moment qui ne soit inclus soit dans la séance de méditation, soit entre les séances de méditation. Si nous entraînons notre esprit pendant la séance de méditation mais que nous sommes distraits entre celles-ci, cela nuira grandement à notre pratique lors du retour en séance de méditation. Nous devons faire attention de ne pas nous laisser distraire à ces moments-là.

[1] Ici n’est présentée qu’une brève introduction sur le sujet. Le lecteur est prié de s’en remettre aux textes classiques pour plus de détails.

[2] L’enseignement du Bouddha se divise en deux niveaux : celui des soutras et celui des mantras. Le premier est le fondement, l’emphase étant mise sur l’étude, la réflexion et l’analyse. Développé sur la base d’une compréhension solide du premier, l’enseignement des mantras met l’emphase sur la visualisation et le pouvoir de l’imagination afin d’actualiser l’état d’éveil.

[3] Il ne s’agit pas de regarder une image devant soi, mais d’imaginer cette image devant soi, par la conscience mentale. C’est cette dernière qui atteint le calme mental, non la conscience visuelle.

[4] En tibétain : shinè; traduction littérale : demeure dans la paix. En sanscrit : samatha.

Dédicace

Puisse l’effort mis à composer Trouver le bonheur au quotidien : conseils de la sagesse bouddhiste tibétaine contribuer à ce que les problèmes disparaissent du monde et à ce que le bonheur, la joie et la paix y resplendissent rapidement! Puisse-t-il particulièrement contribuer à ce que Sa Sainteté le Dalaï-Lama et les autres précieux maîtres demeurent durant des centaines d’éons dans ce monde et que leurs souhaits s’accomplissent spontanément.

L’auteur demande également aux érudits qui pourraient déceler dans cet écrit des éléments superflus, des omissions ou des erreurs d’être indulgents envers lui.

Écrit par Guéshé Lobsang Samten à Québec, Canada

Guéshé Samten - www.lamasamten.com

Guéshé Samten – http://www.lamasamten.com

Conseils de Nagarjuna

Nagarjuna
Nagarjuna

CONSEIL DE NAGARJUNA

Exprime la vérité, parle avec douceur aux êtres,
Dis ce qui est naturellement agréable,
Difficile à découvrir, use de méthode,
Abstiens-toi de déprécier, sois indépendant et parle bien.

Libre et tranquille – Lama Guendune –

Libre et tranquille
Libre et tranquille

LIBRE ET TRANQUILLE

Le bonheur reste introuvable
que l’on fasse de grands efforts ou que l’on exerce sa volonté,
car il est déjà présent, dans une relaxation simple
et abandonnée.

Ne vous efforcez pas :
il n’y a rien à faire, ni à harmoniser.
Ce qui se présente momentanément au sein du corps esprit
est sans véritable importance
et sans même la moindre réalité.
À quoi bon vous identifier et vous attacher à ceci,
l’évaluer, ou vous évaluer vous-mêmes ?

Il vaut mieux simplement
laisser la totalité du jeu se jouer d’elle-même,
s’élever et retomber telle des vagues,
sans intervenir ni pour modifier,
ni pour manipuler.
Ensuite, voir comment tout s’évanouit puis
réapparaît, comme par magie et de façon répétée,
temps sans fin.

Seule votre quête de bonheur
vous empêche de le voir.
Elle a tout de la chasse que vous donneriez
à un arc-en-ciel aux couleurs vives
que jamais vous ne pourrez attraper,
ou encore du chien qui court
après sa propre queue.
Bien que la paix et le bonheur
n’ont aucune existence
en tant qu’objets ou endroits,
ils sont disponibles en permanence
et vous accompagnent à chaque instant.

Ne croyez pas un instant que soient réelles
les expériences positives ou négatives.
Leur nature est aussi éphémère,
que celle du temps qu’il fait aujourd’hui,
ou que celle des arcs-en-ciel au dessus de nos têtes.

À vouloir saisir l’insaisissable,
vous vous épuisez en vain.
Dès que vous ouvrez et relaxez le poing serré
de l’avidité,
l’espace infini est là – ouvert, accueillant
et réconfortant.

Faîtes usage de cet espace, cette liberté
et aise naturelle.
Ne cherchez pas plus en avant,
ne pénétrez pas l’inextricable jungle
en quête de l’éléphant suprême,
qui est déjà tranquillement à la maison
devant votre propre foyer rougeoyant.

Rien à faire, ni à harmoniser,
rien à forcer,
rien à désirer
et rien ne manque.

Emaho ! Merveilleux !
Tout se déroule de soi-même.

Lama Guendune Rinpoché

La colère

Colère
Colère

LA COLÈRE

Quant la colère, dès qu’elle s’élève , il faut s’efforcer de prendre conscience qu’elle repose sur la vision dualiste d’un sujet et d’un objet, et de reconnaître dans l' »ennemi » la création de notre propre esprit. Rien n’étant séparé de l’essence de la vacuité de l’esprit, l’objet de la colère est l’expression de notre esprit lui-même. On ne peut haïr sa propre nature fondamentale ni être menacé par elle. comprenant la confusion de notre perception initiale, nous neutralisons cette colère, dirigée en fait vers nous-même, et développons l’Amour et la Compassion. Plus on identifiera d’ennemis, plus on cherchera à les combattre et plus ils se multiplieront. Si nous nous attaquons un seul ennemi – la fixation égoïste -, par sa domination tous les autres ennemis seront anéantis. ils ne subsistera que l’Amour universel.
Par cette méthode, tous les phénomènes extérieurs peuvent être maitrisés par l’esprit. En subjuguant la perception erronée et illusoire, on acquiert la capacité de réaliser tous les souhaits de tous les êtres.

Extrait de « Les émotions » de Lama Guendune Rinpoché

Pris sur la page facebook de l’Union Bouddhiste de France

Chérir les autres…

Amour
Amour

CHÉRIR LES AUTRES, UNE VOIE VERS LE BONHEUR…

Erreur : être égoïste.

Pourriez-vous vous soucier des autres, tout en pensant à vous-même ? Étonnant, peut-être, car la façon d’aborder le souci d’autrui est envisagé ici d’un point de vue égoïste.

Laissez-moi vous expliquer pourquoi cette approche est possible. Vous voulez le bonheur et rejetez la souffrance, et pour que les autres soient bons envers vous, il suffit de vous montrer gentil, bienveillant et respectueux à leur égard.

Finalement, en retour, ils feront croître votre bonheur. Et vice versa, si vous tenez à les haïr ou à manifester de la colère à leur encontre, ils adopteront une attitude similaire, et vous y perdrez votre joie.

Dalai Lama

Souhaits pour renaître en Terres Pures d’Amitabha

Amitabha
Amitabha

▪ Souhaits pour renaître en un champ d’éveil

‘’…Même si nous n’avons pas fait les pratiques spécifiques dont nous venons de parler ni reçu leurs instructions, étant donné que les imprégnations de l’esprit sont déterminantes à la mort et dans le bardo, les prières et les souhaits que nous avons faits de notre vivant et dont notre conscience est imprégnée peuvent diriger spontanément notre esprit vers un champ pur d’éveil libre des conditionnements du Samsara.

Parmi les divers aspects du Bouddha vers lesquels il est possible de diriger son esprit, Amitabha, Tchenrezi et leur champ d’éveil Sukhavati sont particulièrement importants.

Si de notre vivant, nous faisons des souhaits pour renaître en Sukhavati, à notre mort, sans que nous nous y rendions comme un lieu physique ordinaire, nous y renaîtrons vraiment, par la seule pensée des souhaits de Sukhavati. En effet, notre corps de cette vie,’’corps de karma à pleine maturité ‘’, est composé d’éléments substantiels auxquels nous nous identifions, ce qui empêche l’esprit de se rendre où il le souhaiterait. Par contre, dans le bardo du devenir, ce corps matériel n’étant plus, le corps mental a le pouvoir de se déplacer comme la pensée. C’est alors que par le pouvoir des souhaits formulés par le Bouddha Amitabha, par Tchenrezi et par nous-mêmes, peut s’établir une connexion qui dirige l’esprit vers Sukhavati et l’y fait vraiment naître. Cela est particulièrement possible durant la première semaine de l’existence dans le bardo du devenir ; lorsque nous prenons de nombreuses fois conscience que nous sommes mort, alors, par la force des habitudes installées de notre vivant, nous adressons à Amitabha et Tchenrezi nos prières pour renaître en Sukhavati et, par le pouvoir de celles-ci, en un seul instant nous pouvons y reprendre naissance effectivement. Ainsi, si pendant notre vie nous récitons régulièrement et sincèrement les souhaits de Sukhavati, nous porterons en nous, à notre mort, l’aspiration à y aller. Cette aspiration agira sur notre esprit et deviendra le moyen d’y renaître et d’y obtenir la libération plus rapidement que si nous voyagions en avion ou en fusée !

Cependant peuvent se présenter des obstacles à cette naissance en Sukhavati. Si, par exemple, notre famille ou notre conjoint nous pleurent ou nous demande de revenir à la vie, si l’attitude de nos proches provoque en nous tristesse, attachement ou colère, notre esprit ne pourra pas alors se diriger vers Sukhavati, partagé qu’il sera alors entre deux pensées : l’aspiration à se rendre en Sukhavati et le souvenir de ceux qui lui sont chers. Les liens de l’attachement peuvent être alors suffisamment contraignants pour rendre vain l’élan de la pensée vers Sukhavati. Il en sera de même si nous demeurons attachés au monde que nous venons de laisser, à nos possessions ou à notre position sociale. Ces liens dirigeront de nouveau notre esprit vers ce qu’il vient de quitter et le détournerons de Sukhavati. Fort heureusement, il existe un moyen pour parer ce danger : s’habituer dès maintenant à considérer tous ceux qui nous sont chers, ainsi que ce que nous possédons, comme une offrande définitive à Amitabha et Tchenrezi. La pensée que les êtres et les choses ne nous appartiennent plus neutralise le mouvement affectif, qui autrement, nous y lierait. D’une façon générale, nous offrons à Amitabha et Tchenrezi tout ce à quoi nous pourrions être attachés et, leur ayant ainsi fait cette dédicace pleine et complète, nous ne conservons aucun attachement.

Les personnes âgées dont l’engagement dans le Dharma est récent peuvent penser, à bon endroit, qu’elles n’auront pas le temps d’aborder beaucoup de pratiques profondes, comme celles de Mahamoudra et d’autres, qui permettent d’atteindre l’éveil en cette vie ; elles peuvent se dire qu’elles n’ont plus le temps ni les capacités de se consacrer à des pratiques longues et difficiles. Ce ne doit pourtant pas être une cause de découragement ; avoir grande confiance en Amitabha et Tchenrezi, faire des souhaits sincères pour renaître dans le champ pur de Sukhavati et réciter le mantra de Tchenrezi ont pour résultat infaillible d’y renaître dès après la mort.

La naissance en Sukhavati est apparitionnelle, c’est à dire que l’être qui y renaît apparaît immédiatement en présence d’Amitabha et de Tchenrezi. La vision directe que nous en avons alors est telle qu’elle fait atteindre immédiatement la première terre de Bodhisattva, nommée ‘’Joie extrême ‘’. Cet état correspond à l’éveil initial, à partir duquel il n’est plus de retour dans les chaînes du Samsara ; c’est la libération initiale.

Le nom de ce champ pur d’Amitabha, ‘’ Sukhavati, signifie ‘’Grande Félicité, car l’esprit, libéré de toutes les souffrances et douleurs du Samsara, n’y connaît que bonheur et joie. Renaître en cet état spirituel met un terme au cycle des renaissances ; l’esprit y est libéré du voile du karma, ses qualités éveillées commencent à se révéler et à oeuvrer pour le bien des êtres. Mais si l’esprit est bien alors purifié du voile du karma et de la plus grande part du voile des passions, il lui reste encore des impuretés subtiles. C’est néanmoins un état  qui jouit de qualités importantes à partir desquelles il est possible d’aider les êtres, tous ceux qui sont restés dans le Samsara. Il est possible de mettre en oeuvre divers moyen pour leur venir en aide et les conduire vers la libération.

D’une façon générale, il existe de nombreux domaines d’éveils : au niveau du corps informel du Bouddha, le Dharmakaya ; au niveau du corps d’expérience parfaite, le Sambhogakaya, et au niveau du corps d’émanation, le Nirmanakaya. Sukhavati est un domaine d’éveil avec des formes, au niveau du Nirmanakaya, le corps d’émanation. De ce fait, il est encore soumis à certaines limitations. Pour donner un exemple, en Sukhavati demeure une sorte de changement, une forme d’impermanence. Ce ne sont certes pas l’impermanence et le changement grossiers que nous connaissons dans le plan d’existence qui est le nôtre, mais c’est cependant une forme subtile de changement.

Il y a quatre facteurs déterminants pour renaître en Sukhavati   

le premier est de se représenter clairement la présence de Sukhavati, d’ Amitabha et de Tchenrezi, de développer intensément le sentiment de la présence réelle, leur magnificence et leur domaine où toutes les apparences sont brillantes et lumineuses comme si elles étaient faites de joyaux.

le deuxième est notre pratique du dévoilement-développement, la purification des voiles  de l’esprit et le double développement de bienfait et d’intelligence immédiate.

le troisième est cette motivation altruiste de bodhicitta, l’esprit d’éveil.

– fondé sur bodhicitta, le quatrième facteur est l’aspiration qui provient de souhaits puissants et sincères pour renaître en Sukhavati.

De ces quatre facteurs c’est l’aspiration qui est le plus important et le plus déterminant.

Ces instruction sur Sukhavati ne sont pas seulement une promesse pour l’avenir ; être convaincu de leur validité et les appliquer dissipent de nombreuses souffrances en cette vie même. La vieillesse est habituellement accompagnée d’un cortège d’afflictions : manger beaucoup crée des troubles, manger peu en crée d’autres ; nous ne sommes pas à l’aise dans des vêtements chauds et épais, mais des vêtements légers ne garantissent pas du froid…Plus encore que ces incommodités physiques, pèse la souffrance mentale de l’approche de la mort. Par contre, si nous faisons des souhaits dès maintenant pour renaître en Sukhavati et si nous avons la conviction que ces souhaits se réaliseront, la vieillesse, loin d’être cause de tourments, devient source de joie, par l’ espérance de quitter ce monde pour un autre, meilleur.

Si vous ne pouvez faire diverses pratiques ni même des souhaits pour renaître en Sukhavati, vous pouvez au moins vous informer de ce que sont les dix actes positifs et les dix actes négatifs, vous exercez à adopter les premiers et à abandonner les seconds ; cela vous conduira, ultérieurement, à obtenir une existence humaine heureuse dans laquelle vous pourrez rencontrer le Dharma et avancer progressivement sur la voie de l’éveil. ‘’

Extrait de « La Voie du Bouddha » de Kalou Rinpotché – éditions sagesses.

Compassion et vacuité se soutiennent

Vacuité
Vacuité

Vacuité et compassion se soutiennent

Lorsqu’on comprend bien la notion de vacuité de l’esprit et qu’on réalise ce qu’elle signifie, l’esprit se dilate dans une joie, un bonheur et une liberté qui lui sont propres. De plus, on voit alors que les êtres ordinaires, ne percevant pas cette vacuité, pensent en termes de « moi » et de « j’existe ».

Cette erreur leur fait prendre tous les phénomènes pour réels et ils expérimentent toutes sortes de souffrances.

La compassion que l’on conçoit pour eux est d’autant plus grande qu’on perçoit le fondement du mécanisme de la souffrance.

Compréhension de la vacuité et compassion se soutiennent en fait mutuellement.

 

– Kalou Rinpoché –

 

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