Les quatres idées fondamentales du bouddhisme

Les quatre sceaux du bouddhisme

Les quatre sceaux du bouddhisme

Enseignements du Lodjong

Quatre réflexions, quatre méditations ont le pouvoir de changer notre mentalité, de nous faire nous désinvestir de toutes sortes de préoccupations plus ou moins futiles et trouver la liberté qui nous permette de nous consacrer à l’essentiel .

Ces quatre idées fondamentales sont les fondations de l’enseignement du Dharma : la précieuse vie humaine, l’impermanence et la mort, la réalité du karma et le samsara.

La précieuse vie humaine

On parle traditionnellement de trois types d’existence humaine : la mauvaise, la vulgaire et la précieuse.

La mauvaise existence est celle en laquelle on passe son temps, mû par ses passions, à suivre les pulsions de son égo et à accomplir toutes sortes d’activités égocentrées, passionnelles et négatives. On y génère un karma négatif qui aura ultérieurement des conséquences pénibles.

Rappelons à cet effet que le karma – loi de cause à effet-, ne signifie pas que nos actes auront des conséquences uniquement dans nos vies futures. La notion de temps est une notion toute relative, les conséquences de nos actes peuvent se ressentir dans l’instant suivant, les semaines suivantes, les mois ou années suivantes. Il serait simpliste de considérer que nous puissions faire n’importe quoi dans cette vie sous prétexte qu’on n’en subirait les conséquences uniquement dans une autre vie. L’effet boomerang peut s’exercer très rapidement, il est d’ailleurs intéressant de s’interroger, lorsque les évènements se répètent, sur les causes dont nous serions responsables pour qu’il en soit ainsi, mais dans cette vie présente, pas nécessairement dans une vie antérieure à laquelle nous n’avons pas d’accès direct.

L’existence humaine vulgaire est la plus commune. C’est une existence dans laquelle on ne fait rien de particulièrement bon, ni de particulièrement mauvais. C’est l’existence banale, la plus connue mais d’une certaine façon pas très différente de l’existence animale : on vit, on se protège, on se nourrit…

La précieuse existence humaine est celle en laquelle on choisit d’utiliser les possibilités de notre vie pour aller vers l’essentiel. C’est l’existence humaine qui permet de se consacrer à une recherche spirituelle et à un cheminement véritable. De tous les états d’existence, c’est celui en lequel il est le plus facile d’arriver à l’éveil, à la réalisation.

La précieuse existence humaine est extrêmement rare. C’est une vie où nous pouvons suivre des enseignements, où rien ne s’oppose véritable à notre cheminement (environnement propice). C’est une vie où nous sommes libres de pratiquer les enseignements, où nous avons toutes les qualités nécessaires pour le faire.

« La vie libre et qualifiée

S’obtient difficilement

Et se perd facilement »

1er préliminaire du Lodjong

L’impermanence et la mort

Cette précieuse vie humaine est transitoire, elle ne durera qu’un temps et s’achèvera avec la mort. Des phénomènes astrophysiques aux phénomènes microphysiques et moléculaires, rien n’est stable ni permanent. Le monde est un réseau d’évènements en perpétuelle interaction, en perpétuel changement.

L’impermanence est avant tout une vérité universelle, c’est la première des caractéristiques de l’enseignement de Bouddha.

« Tout ce qui a été composé sera décomposé »

Nous ne nous percevons comme un « moi », un « je », nous nous attribuons une réalité, une stabilité et une constance dont nous sommes dépourvus. Percevoir les choses comme stables et fixes est purement illusoire, c’est comme percevoir stable et fixe le cours d’une rivière dans lequel l’eau s’écoule et se renouvelle à chaque instant.

On peut prendre conscience de l’impermanence et de la mort en regardant tous les êtres du passé : personne n’y a échappé, même les plus grands et les plus éveillés ont disparu. Il est donc important de prendre conscience de l’incertitude du moment de la mort. Ce moment est incertain et les causes de mort sont variées. La mort peut survenir à chaque instant.

En méditant sur la mort, nous prenons conscience de la précarité de la vie, de son caractère précieux, ce qui nous permet de redéfinir nos priorités. Méditer sur l’impermanence amène une grande liberté et nous rend beaucoup plus disponibles pour ce qui est essentiel, en réduisant l’emprise de toutes sortes de choses futiles. Cette méditation permet également de dissoudre les attachements que nous investissons habituellement dans les situations. L’impermanence nous rappelle de vivre dans le présent, ce qui ne signifie pas de négliger tout se qui s’est passé ou de faire n’importe quoi, simplement vivre pleinement le présent pour préparer le meilleur futur.

« Habitables ou habitants,

Tout est dans l’impermanence

Et moi bientôt je mourrai »

2è préliminaire du Lodjong

La réalité du Karma

La notion du karma est à la base de la discipline du Dharma. Cheminer vers l’éveil demande une discipline intérieure et extérieure. Intérieure par la méditation, extérieure de façon à vivre de façon juste et saine grâce à des repères précis. La discipline n’est pas une morale mais plutôt une hygiène de vie, un ensemble de règles de santé spirituelle. Il y a des attitudes pathogènes, susceptibles de générer des maladies, dysfonctionnements : ce sont les attitudes négatives, passionnelles et égocentriques.

A l’inverse, un  certain nombre de comportements sains amènent l’équilibre, l’harmonie et la santé.

Le Dharma nous propose ce qu’on appelle les dix actes positifs en réponse aux dix actes négatifs.

Trois sont au niveau du corps : préserver la vie, être généreux et avoir une conduite sexuelle juste (non violente)

Trois autres sont au niveau de la parole : il s’agit de parler « vrai », de favoriser les accords, de parler à bon escient et avec douceur, sans agresser l’autre.

Enfin, les trois derniers actes positifs sont au niveau de l’esprit : pratiquer le non attachement, la bienveillance et la compréhension juste.

Bien que nous soyons en grande partie conditionnés, nous disposons cependant d’espaces de non-conception, de liberté pure. C’est à partir de ces espaces qu’il nous est possible de prendre conscience de notre mode de fonctionnement et de l’améliorer.

« Les actes blancs et les noirs

Murissent infailliblement

Pour qui les a accomplis »

3è préliminaire du Lodjong

Le Samsara ou cycle des existences

L’idée est que notre conscience est conditionnée par le karma, positif ou négatif, et que, sous l’impulsion du karma, nous passons par différents états, constamment, de vie en vie.

Ces différents états de conscience sont traditionnellement appelés les « six mondes ». Ils constituent l’ensemble des existences conditionnées.

Le Samsara vient à sont terme au moment de l’éveil. La conscience habituelle se libère alors dans l’expérience de l’esprit pur, au-delà de la conscience individuelle.

Il est important de comprendre que nous ne pouvons trouver le bonheur tant que nous sommes conditionnés. Nous essayons habituellement de trouver le bonheur en accumulant, en possédant, en se protégeant, en se sécurisant, en acquérant des assurances, des protections, en s’entourant de choses, de personnes. Ces recherches à la longue finissent par donner plus de problèmes que de satisfactions, alors nous cherchons des solutions pour résoudre ces problèmes etc …ce qui est l’aboutissement du bonheur dans le samsara. Il n’y a pas de solutions, si nous ne prenons pas conscience de cela, alors il est probable que nous passerons notre vie dans un état que nous jugerons « acceptable », en essayant d’en rajouter là où nous pensons qu’il en manque, ou à en supprimer s’il y en a trop, en cherchant toujours les moyens qui, infailliblement, nous mèneront au bonheur, alors qu’en définitive, il n’y en a qu’un seul : se libérer de ses conditionnements. Le bonheur EST la libération des croyances, conditionnements, souffrance.

Nous pourrions comparer le samsara à un sol argileux, sur lequel nous tenterions de bâtir une maison. Au premier glissement de terrain, elle se fissurerait, et nous colmaterions les fissures. Puis cela se reproduirait, et nous recommencerions à nouveau, si possible en changeant de matériau de colmatage et ceci, à l’infini, jusqu’à ce que la maison s’écroule vraiment et que nous réalisions que nous avions bâti sur un sol impropre à la construction ! Vu sous cet angle, cela paraît évident et logique, et pourtant, du point de vue de notre vision du bonheur, c’est ainsi que nous fonctionnons.

Nous cherchons à amener du bonheur sur des ruines, des conditionnements, des a priori, des croyances et puis, nous nous étonnons que ça ne fonctionne pas ! Cela ne peut tout bonnement pas fonctionner !

« En l’existence cyclique, il n’est aucun vrai bonheur

Comprenons-le pour bien pratiquer,

L’enseignement de réalité »

4è préliminaire du Lodjong

Texte tiré en partie des enseignements du Lodjong et rédigé par Denys Rinpoché, et l’autre partie de mon expérience 🙂