Regard bouddhiste sur le bonheur

Bonheur
Bonheur

REGARD BOUDDHISTE SUR LE BONHEUR

Du point de vu Bouddhiste, il existe deux sortes de bonheur. Le bonheur spirituel et le bonheur matériel. Tous deux sont des créations de notre esprit. Voyons ceci plus en détail.

Le bonheur spirituel.

Il se trouve par la pratique de la méditation, il ne change pas, nous apporte la paix, la tranquillité intérieure. Pour l’obtenir, nous devons être vigilants dans nos actions, nos paroles et nos pensées, ceci à tout moment du jour ou de la nuit. Ce bonheur permanent, inconditionnel, nous aide à changer nos attitudes, nos pensées ainsi que la perception objective des situations qu’il est possible de rencontrer dans une existence.

Le bonheur matériel.

Le bonheur matériel est une situation précaire, conditionnée et dépendante de facteurs divers et nombreux. Il est sans cesse changeant et nous devons en quelque sorte l’alimenter continuellement. Lorsque vous avez faim ou soif, si vous pouvez satisfaire à ces deux besoins, vous êtes heureux. Mais une fois ces deux exigences remplies, non seulement la situation redevient normale pour vous, laissant une sensation neutre et insipide, mais lorsque que la faim ou la soif reviennent, il faudra vous remettre en quête de boissons et de nourriture afin de satisfaire, à nouveau et sans cesse, ce besoin. Ainsi, l’effet est dépendant d’une cause; c’est le principe de la conditionnalité enseignée par Bouddha

Par extension à cet exemple, grossier, simple et compréhensible (car chacun de nous connaît cette situation de façon quasiment journalière), nous recherchons tous le bonheur dans la propriété au sens large du terme. Que ce soit l’appropriation d’êtres ou de biens matériels ou encore l’assouvissement de plaisirs plus subtils comme ceux des sens, tout cela répond au besoin iréfréné de satisfaire encore et encore ce tyran intérieur qu’est la poursuite du bonheur matériel. Ainsi, nous ne sommes jamais rassasiés et nous devenons malheureux une fois la sensation de bonheur passée. Notre vue erronée nous conduit alors a poursuivre à tout prix la sensation, même si cela devait se faire au prix du malheur d’autrui. C’est pour ce motif que le bonheur doit être recherché en nous-mêmes, que le meilleur refuge est en nous.

Trouver le bonheur selon le Dhamma

Selon le point de vue du Dhamma (l’enseignement de Bouddha), il est possible de trouver le bonheur inconditionnel. Il faut pour ceci cultiver certaines dispositions de l’esprit de façon durable et active. Sans notre engagement a développer ces attitudes intérieures, nous ne serons jamais heureux que par des objets conditionnés et impermanents, échappant par nature à toute volonté, apparaissant et disparaissant sans cesse.

Un jour un jeune homme demanda à Bouddha : »Qui est le plus heureux dans ce monde ? »
Bouddha lui répondit très brièvement ceci : »Quelqu’un qui se concentre dans l’action accomplie en pleine conscience trouve du bonheur. »

Cette réponse signifie que chacun d’entre nous devrait entraîner son esprit à se concentrer sur le moment présent. En effet, les esprits que l’on pourrait qualifier d’ordinaires, se perdent dans des pensées relatives au future ou au passé. Malheureusement, cela ne provoque bien souvent que regrets pour les actions passées et espoirs pour la condition future. Le passé étant hors de notre portée et le future n’étant que spéculations, notre esprit ne peut être que troublé ou inquieté par ces projections mentales.

En revanche, s’il est un moment ou notre influence peut agir, c’est le présent. Il est le seul à notre portée et nous pouvons en tirer de grands bénéfices. Cela signifie que lorsque vous mangez, votre esprit concentré sait que vous mangez. Lorsque vous buvez, votre esprit concentré sait que vous buvez. Certaines personnes font deux, trois, quatre choses à la fois, mais aucune de ces actions n’est faites correctement. Comment pourriez-vous étudier correctement un sujet, tout en mangeant, écoutant de la musique, regardant par la fenêtre ? Tout étudiant qui souhaite réussir ces examens sait parfaitement que seule une bonne concentration peut l’aider dans sa tâche.

La concentration étant établie, elle seule ne suffit pas. Il nous faut encore développer d’autres aptitudes comme celle de savoir se satisfaire de ce que l’on possède, de ne pas se tourner vers des extrêmes et de cultiver la « voie du milieu ». Une satisfaction simple et raisonnable, des désirs domptés, un esprit entraîné, de l’éthique, embrasser la voie du Dhamma, nous permettront d’être plus libre dans ce monde et les autres. Apprenons à nous contenter de ce que nous avons.

Souvent nous recherchons des causes extérieures à notre malheur, qui sont toujours autant de moyens pour avoir raison et souvent pour fuir notre responsabilité. Plus difficile est d’admettre nos fautes. Pour être heureux, il nous faut cultiver la confiance en nous même, il faut également apprendre à assumer la responsabilité de nos actes, nos paroles et nos pensées.

Notre bonheur passe aussi par les autres en ce sens qu’il faut faire preuve d’altruisme, nous devons tout mettre en oeuvre pour le bien-être d’autrui. Nous devons nous réjouir de leurs bonnes conditions de vie et chercher dans la mesure du possible à créer les occasions pour les aider par nos actes, nos paroles et nos pensées.

Lorsque nous sommes encore jeunes, il est souhaitable de mettre en pratique ces recommandations et ceci sans plus attendre. De telle sorte que lorsque la vieillesse, inéluctable, viendra épuiser nos dernières forces, nous aurons déjà utilisé notre vigueur d’antan pour faire le bien et avoir de bonnes conditions de renaissances futures, afin de recommencer encore et encore, de progresser sur la voie du Dhamma, ceci jusqu’à la libération du cycle des renaissances (Le Samsara).

Bouddha a dit :
« Ne faites pas des choses dont vous pourriez vous repentir plus tard. Si vous faites des choses bonnes, utiles et favorables, vous aurez du bonheur maintenant, demain et pour toujours. »

Selon une parole de Bouddha le bonheur est la meilleure richesse dans le monde.

Centre Bouddhiste international de Genève

Laisser l’esprit en son état naturel

souffrance1
Souffrance !

Et si tout était vraiment aussi simple ? Les maîtres bouddhistes nous enseignent que le simple fait de laisser l’esprit en son état naturel est suffisant pour éliminer nos voiles et empreintes karmiques ou samskaras. En quoi cela consiste-t-il ? Justement, à ne rien faire et ce n’est pas si simple, sauf avec un peu d’entraînement 😉

 
Voici un petit texte de Lama Guendune, le Maître du Mahamudra

 
Pour parvenir à une méditation juste, il est essentiel d’obtenir une base solide de sa perspective. C’est pourquoi il est nécessaire d’écouter, de réfléchir encore et encore ; la répétition des notions fondamentales accoutume le méditant, avec leur exposition, jusqu’à ce qu’elles deviennent acquises par l’entraînement de l’esprit.
Au moment de méditer, les sources de déviations et d’égarements sont multiples et le méditant est souvent désorienté. Le rappel et l’intégration de paroles familières sont alors une aide précieuse.

Le texte est émaillé d’instructions orales de Lama Guendune Rinpoché qui en précisent la portée et le rendent accessible. Chacun peut y reconnaître ses propres expériences et incertitudes et trouver réponse à ses interrogations.

Dans sa simplicité même, l’attitude mentale correcte est difficile à cerner. Puisse ceci aider à l’acquérir. Dans la stabilisation de l’esprit, si le méditant pratique de manière trop rigide, en désirant une « stabilité stable » (1), ceci crée une situation d’activité mentale.

 
A l’orée de la session de méditation, la seule idée à émettre est : « Je me mets en méditation », sans plus produire aucune autre considération pendant la pratique, telle que « être libre de conceptions quant au désir de méditer est la phase préliminaire de la méditation ».
On demeure dans l’état de décontraction, ébahi, ouvert, sans saisie.

Lorsque cet entraînement s’affermit par la répétition de la pratique, on devient progressivement capable de demeurer sans distraction, dans l’état de clarté-vacuité, sans saisie, même au cours des quatre types d’activité (2), sans faire de cet état quelque chose d’« existant ».
On doit être capable de garder cette attention sans dispersion aussi longtemps que possible, tout d’abord le temps d’avaler une bouchée de nourriture ou de boire une gorgée de thé ou de réciter un « mani » ou encore de se lever et de faire trois pas. Puis, étant accoutumé, on s’applique à rester dans la dimension de clarté-vacuité, sans fixation. On demeure ainsi en toutes circonstances, bonnes ou désagréables, seul ou en société, sans jamais être distrait.
Ceci est illustré par une parole de Gampopa : « ne pas retracer le passé, ne pas aller au devant du futur, mais demeurer dans le dépouillement fondamental de la conscience du présent, telle qu’en elle-même ».

Que signifie : « ne pas retracer le passé ? » C’est ne pas se laisser aller à suivre les pensées qui évoquent des situations antérieures, ne pas attacher d’importance à ces pensées.

Que veut dire : « ne pas aller au devant du futur ? » C’est ne pas autoriser son esprit à anticiper sur de futures activités, ne pas se dire : « Dans l’avenir, je ferai ceci ou cela, accomplirai telle chose plutôt que telle autre. »

 
Le sens de « demeurer dans le dépouillement fondamental de la conscience du présent, telle qu’en elle-même », c’est demeurer naturel et détendu dans le moment présent sans le fixer, ni faire référence à quelque chose. C’est rester dans la vivacité propre de l’état non-artificiel : « si l’esprit n’est pas façonné, il est clair, si l’eau n’est pas trouble, elle est limpide ».

En demeurant ainsi, sans artifice, apparait une clarté sans concept, pure, inaltérée, qui dure l’espace d’un claquement de doigts, puis s’étend progressivement le temps de « traire une vache » (3).
On s’y exerce, sans voir la prolongation de cet état comme une qualité ou sa brièveté comme un défaut, mais en méditant libre d’attente et d’appréhension.
Puis lorsque dans l’expérience de non-conceptualité une pensée apparaît, on se pose dessus d’une façon très détendue. « L’esprit est lié par l’occupation (mentale), si on le détend, il se libère ; cela ne fait pas de doute » ; c’est ce qu’on appelle relâchement ou lâcher prise.

 
Lama Guendune

 
NOTES
1 – Stabilité mentale : le méditant a tendance à fixer une idée de la stabilité dans son esprit, et tente de conduire sa méditation pour parvenir à cet état supposé. Ce concept de stabilité, souvent lié à la recherche d’un esprit sans pensées, est un obstacle à la véritable compréhension de la stabilité mentale.
2 – Quatre types d’activités : en fait, terme qui induit toutes les activitésà travers les quatre attitudes du corps : assis, debout, en mouvement, couché.
3 – Image traditionnelle : dix, quinze minutes.
Source : jutier.net

 

 

Comment mettre fin à la colère et à la haine

SARIPUTTA
SARIPUTTA

« Chers amis, aujourd’hui je voudrais vous faire partager les cinq méthodes pour mettre fin à la colère et à la haine. Je vous prie de m’écouter attentivement et de méditer sur ce que je vais vous dire. »

Les moines consentirent à l’écouter attentivement.

« Quelles sont ces cinq méthodes pour mettre fin à la colère et à la haine ? demanda le Vénérable Sariputta.

« Voici la première méthode, chers amis :

« Si les actions d’une personne ne sont pas aimables mais que ses paroles le sont et qu’elle nous met en colère, parce que nous sommes sages, nous devrions savoir comment méditer pour mettre fin à notre irritation ou à notre colère.

« Chers amis, imaginons un moine qui pratique l’ascétisme et aime se vêtir d’une robe faite de morceaux de tissu. Un jour, il passe devant un dépotoir dégoûtant avec des excréments, de l’urine, du pus et d’autres saletés et il voit un morceau de tissu encore intact. De sa main gauche, il ramasse le tissu et de sa main droite, il l’étend. En voyant que le morceau de tissu n’est pas encore troué ni sali par les excréments, l‘urine, le pus et d’autres saletés, il le plie aussitôt, le garde et le rapporte chez lui pour le laver puis le coudre avec d’autres morceaux afin de faire une robe.

« Chers amis, de la même manière, quand une personne n’agit pas avec bonté mais prononce encore des paroles aimables, ne prêtons pas attention à ses actes. Par contre, pensons uniquement à ses paroles afin de pouvoir mettre fin à notre irritation ou à notre colère. Un sage devrait pratiquer ainsi.

« Ceci est la deuxième méthode, mes chers amis :

Si une personne ne dit pas de paroles aimables mais agit avec bonté, et qu’elle nous met en colère, comme nous sommes sages, nous devrions savoir comment méditer pour mettre fin à notre irritation ou à notre colère.

« Mes chers frères, disons que non loin du village se trouve un lac profond. Mais sa surface est couverte d’algues et d’herbes. A ce moment, une personne torturée par la faim, la soif et la chaleur s’approche du lac. Elle se déshabille, pose ses vêtements au bord du lac, plonge dans l’eau, écarte les algues et les herbes de ses deux bras, se désaltère et savoure la baignade.

« Chers amis, il en est ainsi quand quelqu’un ne dit pas de paroles aimables mais agit avec bonté. Ne prêtons pas attention à ses paroles mais soyons attentifs uniquement à ses actes aimables afin de mettre fin à notre colère. Un sage devrait pratiquer ainsi.

« Ceci est la troisième méthode, chers amis :

Si une personne n’agit ni ne parle gentiment mais a encore quelques pensées aimables et nous met en colère, comme nous avons une vision profonde, nous devrions chercher à méditer de façon à pouvoir mettre fin à notre colère.

« Chers amis, supposons qu’une personne qui se trouve à bout de force et qui souffre de la soif, de la pauvreté, de la chaleur et des afflictions, arrive à un carrefour où se trouve l’empreinte de pas d’un buffle dans lequel un peu d’eau de pluie stagne encore. La personne pense : « Comme il y a très peu d’eau dans cette empreinte de pas de buffle, si je prends l’eau avec ma main ou une feuille, je risque de la remuer et de la rendre trouble, boueuse et imbuvable. Dans ce cas, je ne pourrais pas me désaltérer, mettre fin à ma misère, à la chaleur et à mes afflictions ». En se disant ‘Agenouille-toi, pose tes bras et tes genoux par terre et bois l’eau directement de ta bouche’, cette personne se met immédiatement à genoux avec ses bras complètement sur le sol et boit en posant sa bouche juste sur le trou creusé par l’empreinte.

« Mes chers frères, de la même manière, quand une personne n’agit ni ne parle gentiment, mais a encore un peu d’amabilité dans ses pensées, ne prêtons pas attention à ses actions ou à ses paroles peu aimables, mais soyons attentifs par contre seulement à ses rares pensées aimables afin de pouvoir mettre fin à notre colère ou à notre haine. Un sage devrait pratiquer ainsi.

« Ceci est la quatrième méthode, chers amis :

Si une personne n’agit ni ne parle gentiment et que dans son coeur, il ne reste plus rien que l’on puisse appeler aimable, si nous sommes en colère et que nous sommes sages, nous devrions chercher à méditer de façon à pouvoir mettre fin à cette colère.

« Chers amis, supposons qu’une personne voyage loin et tombe malade le long du chemin. Le dernier village qu’elle a quitté depuis longtemps, et celui vers lequel elle se dirige, sont encore bien loin. Souffrant, épuisée, seule, elle tombe dans le désespoir en sachant qu’elle mourra sur le chemin. A ce moment-là, quelqu’un apparaît, la trouve dans cet état et lui porte secours immédiatement. Il la soutient de ses bras pour l’emmener au prochain village, prend soin d’elle, la soigne et lui fournit tous les aliments et les médicaments nécessaires. Grâce à son aide, la personne est sauvée. Si cette personne est sauvée, c’est grâce à l’amour et à la compassion de l’autre.

« De la même manière, chers amis, quand nous voyons quelqu’un qui n’agit ni ne parle avec bonté et qui n’a rien dans son coeur qui s’apparente à l’amabilité, nous devrions penser ceci :

« Une personne dont les actes, les paroles et les pensées ne sont pas aimables est une personne qui souffre beaucoup. Elle s’engage certainement dans un chemin extrêmement dangereux. Si elle ne rencontre pas d’ami, elle n’aura aucune chance de se transformer et d’aller dans la voie qui mène au bonheur. » En pensant ainsi, nous pouvons ouvrir notre coeur à la compassion et à l’amour, mettre fin à notre colère et aider l’autre personne. Un sage devrait pratiquer ainsi.

« Ceci est la cinquième méthode, chers amis :

Si quelqu’un agit et parle gentiment, s’il est également aimable dans ses pensées et que malgré cela, mous sommes en colère ou jaloux contre lui, comme nous sommes sages, nous devrions chercher à méditer de façon à pouvoir mettre fin à notre colère.

« Chers amis, supposons que, non loin d’un village, se trouve un beau lac. L’eau du lac est aussi limpide que douce. Le fond est profond et plat. Le bord est régulier et couvert d’herbes fraîches et les quatre côtés sont ombragés par des arbres luxuriants et verts. Une personne qui a soif, qui souffre des afflictions, de la chaleur et qui est couverte de sueur, arrive au lac. Elle se déshabille, pose ses vêtements au bord du lac, se plonge dans l’eau, se désaltère et savoure pleinement la baignade. Sa chaleur, sa soif et ses afflictions se dissipent. Il en est ainsi, chers amis, quand nous voyons quelqu’un qui agit, parle et pense gentiment. Nous devrions reconnaître cette amabilité reflétée dans les trois domaines, actions, paroles et pensées, sans laisser la colère ou la jalousie nous envahir. Si nous ne savons pas comment vivre heureux avec une personne aussi fraîche, nous ne vivons vraiment pas dans la sagesse.

« Mes chers frères, j’ai partagé avec vous les « Cinq méthodes pour mettre fin à la colère ».

Après avoir entendu le Vénérable Sariputta, les moines furent heureux de recevoir ces enseignements et de les mettre en pratique.

Merci à Jeff Bottero qui a publié cet article sur Facebook

Le Samsara, insatisfaction du monde conditionné par l’ignorance

Samsara
Samsara

 

Samsara, l’insatisfaction du monde conditionné par l’ignorance.

Les plaisirs ordinaires sont agréables au commencement, mais à mesure que le temps passe ils se transforment en sources croissantes de tourments. C’est comme si vous entouriez votre poignet de lanières de cuir humide. C’est agréable au début, mais lorsque le cuir aura séché, se sera rétréci et serrera douloureusement vos articulations, quel soulagement ce sera de vous en débarrasser d’un coup de couteau !

Quand vous reconnaîtrez la nature du samsara, vous serez envahis par une grande lassitude. Vous verrez clairement à quel point les voies du monde ordinaire sont erronées et trompeuses, et vous vous en lasserez comme le vieillard se lasse des jeux d’enfants auquel on l’a forcé à prendre part. Quand vous comprendrez que passer vos jours à vous attacher à vos amis et à comploter pour défaire vos ennemis ou vos rivaux n’est que folie, ces activités ne vous fascineront plus. Quand vous serez frappés par l’inutilité de vous laisser sans cesse entraîner et conditionner par vos tendances habituelles, l’écœurement vous gagnera. Il vous incitera à rechercher la libération, et si vous faites effort en ce sens, vous y parviendrez. Le cercle des existences ne disparaîtra jamais de lui-même : vous devez avoir la volonté de vous en libérer.

DILGO KHYENTSÉ RINPOTCHÉ

La prière du Dalaï Lama devant le sénat américain

http://videos.tf1.fr/infos/2014/le-dalai-lama-recite-sa-priere-preferee-devant-le-senat-americain-8378124.html

Nul besoin d’en dire davantage pour toucher le coeur des êtres !!!

Le matérialisme spirituel ou comment l’égo se saisit de la spiritualité

Chögyam Trungpa
Chögyam Trungpa

Le Matérialisme Spirituel

Par Chögyam Trungpa

Un certain nombre de voies de traverse conduisent à une version distordue, égocentrique, de la vie spirituelle. Nous pouvons nous illusionner en pensant que nous nous développons spirituellement, alors qu’en fait nous usons de techniques spirituelles pour renforcer notre ego.

Cette distorsion fondamentale mérite le nom de matérialisme spirituel.

Dans l’approche bouddhiste, on part de la confusion et de la souffrance qui sont notre lot, et l’on s’emploie à démêler l’écheveau des causes. Dans l’approche déiste, on part de la richesse divine, et l’on tâche d’élever sa conscience lorsque notre confusion et nos points négatifs sont un obstacle à la relation avec Dieu, l’approche déiste doit s’en occuper aussi. L’orgueil spirituel, par exemple, est tout à fait un problème commun aux disciplines déistes et au bouddhisme.

Tout ce qui a été créé doit, tôt au tard, périr. Si l’illumination était une création, l’ego pourrait toujours, se réaffirmant, causer un retour à l’état de confusion. L’illumination est permanente parce que nous ne l’avons pas produite, nous l’avons seulement découverte.

Dans la tradition bouddhiste, on a souvent recours à l’image du soleil apparaissant derrière les nuages pour expliquer la découverte de l’illumination. Dans la pratique de la méditation, nous chassons la confusion de l’ego pour entrevoir la lumière de l’éveil. Si nous savons nous débarrasser de l’ignorance, de l’encombrement intérieur, de la paranoïa, nous nous ouvrons à une vision fabuleuse de la vie. Le cœur de la confusion consiste en ce que chaque homme a une perception de soi qui lui parait être solide et continue.

L’expérience menace sans cesse de nous révéler notre caractère transitoire, aussi tentons-nous continuellement de dissimuler toute possibilité de découvrir notre condition réelle. En cet effort pour maintenir la perception d’un soi solide et continu réside précisément l’action de l’ego. Dans le bouddhisme tibétain, on a recours à une métaphore pour décrire le fonctionnement de l’ego, celle des « trois seigneurs du matérialisme« …

le seigneur de la forme, concerne la quête névrotique de confort, de sécurité et de plaisir, efforts en vue de créer un monde contrôlable et sûr, prévisible et agréable.

seigneur de la parole concerne l’emploi de l’intellect dans la relation à notre monde. Les idéologies, systèmes d’idées qui rationalisent, justifient et sanctifient nos vies, sont les produits les plus pleinement développés de cette tendance. Tous les « ismes » nous munissent d’identités, règles, interprétations, comme nationalisme, communisme, existentialisme, bouddhisme… Le seigneur de la parole se réfère à cette inclination de l’ego à interpréter tout ce qui le menace ou l’irrite de façon á neutraliser la menace ou à la convertir en quelque chose de « positif » du moins de son point de vue.

le seigneur de l’esprit concerne l’effort de la conscience en vue de rester consciente d’elle-même. Il règne lorsque nous nous servons de disciplines psychologiques et spirituelles en vue de maintenir ou de retenir notre conscience de soi. Le yoga, prière, méditation, transe, psychanalyse peuvent être utilisés de cette manière.

L’ego est capable de tout annexer à ses propres fins, y compris la spiritualité.

Comme l’ego est d’apparence solide et qu’il ne peut pas véritablement absorber quoi que ce soit, il se borne à imiter. Aussi s’efforce-t-il d’examiner et d’imiter la pratique de la méditation et le mode de vie spirituel, l’on connaît les ficelles, on essaye automatiquement d’imiter la spiritualité, dès lors qu’un engagement véritable exigerait l’élimination complète de l’ego et qu’à vrai dire, abandonner complètement l’ego est bien la dernière chose que l’on souhaite faire !

Si nous réussissons à maintenir, notre conscience de soi en usant de techniques spirituelles, un développement spirituel authentique est hautement improbable. Nos habitudes mentales deviennent si fortes qu’il est difficile de les pénétrer, Nous pouvons même aller jusqu’au point d’atteindre l’état totalement démoniaque d’égoïté complète.

La méthode découverte par le Bouddha est la méditation. Il découvrit qu’il ne sert à rien de lutter pour trouver des réponses. Il commença à réaliser qu’il y avait en lui une qualité sainte, éveillée, qui ne se manifestait qu’en l’absence de lutte. Ainsi la pratique de la méditation implique-t-elle le « laisser-être ».

Les cordes ni trop tendues, ni trop lâches. Il en est de même de la pratique de la méditation, dit le bouddha, tu ne dois rien imposer de force à ton esprit, ni le laisser vagabonder. C’est l’enseignement qui consiste à laisser l’esprit ETRE ouvertement, à sentir le flux de l’énergie sans chercher à le dominer et sans cesser de le contrôler, à s’harmoniser avec la structure énergétique de l’esprit. C’est la pratique de la méditation.

La méditation doit commencer par la couche la plus superficielle de l’ego : les pensées discursives qui traversent continuellement notre esprit, notre bavardage mental. Dans la véritable méditation, on ne cherche ni à agiter les formations mentales, ni à les supprimer. On les laisse survenir spontanément et devenir une expression de notre santé fondamentale. Elles deviennent l’expression de la précision et de la clarté de l’état d’esprit éveillé.

Si l’on pénètre la stratégie consistant à créer des pensées, qui se chevauchent continuellement, alors les seigneurs agitent des émotions pour nous distraire. La qualité excitante, colorée, dramatique de ces émotions capte notre attention et nous absorbe comme le ferait un bon film. Dans la pratique de la méditation, on ne les encourage pas, et on ne les réprime pas non plus. En les voyants clairement, en les laissant être ce qu’elles sont, on ne les laisse pas plus longtemps nous distraire et nous divertir. En l’absence de pensées et d’émotions, les seigneurs sortent une arme encore plus puissante :

Les Concepts :

Etiquetés, les phénomènes produisent l’illusion d’un monde fini de « choses » solides. Un tel monde solide nous assure que nous aussi sommes quelque chose de solide, de continu. L’ego tente constamment d’acquérir et d’appliquer les enseignements spirituels à son propre bénéfice. Il nous faut pourfendre la rationalisation du sentir spirituel et de nos propres actions, et aller au-delà, si nous voulons réaliser la véritable spiritualité.

Mais il n’est pas facile d’aborder une telle rationalisation, parce que tout est vu à travers le filtre de la philosophie et de la logique de l’ego, de sorte que tout paraît clair, précis et cohérent. A chaque question, nous tâchons de trouver une réponse qui nous justifie.

Il est important de voir que le point essentiel de toute pratique spirituelle est de sortir de la bureaucratie de l’ego, de ce constant désir qu’a l’ego d’une forme plus haute, plus spirituelle, plus transcendante du savoir, de la religion, de la vertu, de la discrimination, du confort, sortir du matérialisme spirituel. Le véritable amateur d’art n’accumule ni le savoir ni la beauté, il jouit pleinement de chaque objet. C’est fondamental. Si l’on apprécie réellement un bel objet, on s’identifie complètement avec lui et l’on s’oublie soi-même.

Si nous considérons la connaissance comme une « sagesse antique » à amasser, nous faisons fausse route ! Il ne faut pas imiter le Maître, essayer de devenir un double du Maître, les enseignements sont une expérience absolument personnelle. Il faut s’accorder la faveur de se faire confiance, se fier à sa propre intelligence. Nous sommes des gens extraordinaires qui avons en nous des choses fabuleuses. Simplement, il nous faut nous laisser être.

Les mécanismes de défense de l’ego impliquent que l’on se vérifie, ce qui est une forme superflue d’introspection. La méditation ne signifie pas méditer sur un objet particulier en se vérifiant, on s’identifie complètement avec les techniques que l’on emploie, quelles qu’elles soient. Dès lors on ne s’efforce pas de se sécuriser par la pratique de la méditation. Les gens ont peur de la vacuité de l’espace, de l’absence de compagnie, de l’absence d’ombre.

Nous devrions arrêter d’essayer de nous protéger et de nous améliorer. Il est possible que nous ayons entrevu la futilité de notre combat et que nous souhaitions lâcher prise, abandonner complètement nos efforts pour nous défendre.

Le lâcher prise, signifie s’ouvrir complètement, essayer d’aller au-delà de la fascination et de l’attente. Lâcher prise, cela veut aussi dire que l’on reconnaît les qualités rudes, grossières, maladroites et choquantes de son propre ego, et que cette reconnaissance est un abandon.

Se tenir en estime ou se blâmer, ce sont là fondamentalement des tendances névrotiques qui proviennent de ce que nous n’avons pas suffisamment confiance en nous-mêmes, « confiance » dans le sens de voir ce que nous sommes, savoir ce que nous sommes, et savoir que nous pouvons nous permettre de nous ouvrir. La déception est le meilleur véhicule que l’on puisse utiliser sur le sentier du dharma. Elle infirme l’existence de notre ego et de ses rêves.

Il est encore une autre façon de nous retenir, de ne pas lâcher réellement prise, lorsque nous avons le sentiment d’être des gens très fins, des gens sophistiqués et dignes : « Je ne vais certainement pas m’abandonner à cette réalité de la rue, sale et ordinaire »…

Traditionnellement, l’abandon est symbolisé par des pratiques comme la prosternation, en même temps, on s’ouvre complètement en s’identifiant avec ce qu’il y a de plus bas, en reconnaissant notre caractère brut et grossier. Ainsi, on se prépare à être un réceptacle vide, prêt à recevoir les enseignements.

Ce qui compte, c’est combien vous vous êtes fréquenté vous-même. Pour nous ouvrir, il nous faut pourfendre notre désir de préserver nos existences propres. Alors nous pouvons voir la situation clairement, telle qu’elle est, et avoir une action juste. Le point fondamental est qu’il est inutile de lutter si vous voulez vous ouvrir,. Une fois que vous avez engagé vos pas dans le sentier, si vous abandonnez la lutte, cela règle tout le problème. L’instinct simiesque de l’ego se dissout, parce qu’il est fondé sur de l’information de seconde main, plutôt que sur l’expérience directe de ce qui est.

La lutte est l’ego…

Dès que l’on essaie de démêler le passé, alors on entre dans l’ambition et la lutte dans le moment présent, sans être capable de l’accepter tel qu’il est. C’est une solution très lâche. Il n’est pas sain de considérer notre thérapeute ou notre gourou comme un sauveur. Il nous faut travailler sur nous-mêmes. Il n’y a pas d’autre alternative.

L’étape suivante de l’auto-illusion est le désir de voir des miracles…

Nous commençons à réaliser que l’auto-illusion ne fonctionne pas du tout, que c’est une simple tentative de nous réconforter, de rester en contact avec nous-mêmes, intérieurement, de nous prouver quelque chose, plutôt que d’être réellement ouverts. Peut être en viendrons-nous à nous punir nous-mêmes : « Si j’essaye de ne pas m’illusionner, c’est une nouvelle sorte d’auto-illusion… Et si j’essaye d’éviter cela, je m’illusionne encore. Comment me libérer ?… ainsi continue la réaction en chaîne sans fin…

La douleur, c’est ce que nous vivrons si nous n’arrivons pas à comprendre que l’exigence de base pour marcher sur la voie spirituelle, c’est l’inespoir. L’inespoir n’a rien à voir avec le désespoir. Il y a une différence.

– Le désespoir, c’est de la paresse, un intellect insuffisant. On n’est même pas disposé à chercher la raison du désespoir. C’est un bide total.

– L’inespoir, en revanche, est très intelligent. On n’arrête pas de chercher. On tourne une page après l’autre en disant : « C’est sans espoir, c’est sans espoir ». On reste extrêmement vigoureux, inespérément vigoureux. On cherche encore des lueurs d’espoir, mais chaque fois on finit par se dire :

« Ah non ! Beurk ! »

L’inespoir n’arrête pas ; il est très vigoureux, c’est une grande source d’inspiration. Il chatouille l’esprit comme si nous étions sur le point de découvrir quelque chose. Au moment de la découverte, nous disons: « Ah, enfin, j’ai trouvé !… Ah, non. C’est la même rengaine qui rapplique. »

L’inespoir renferme un pari et une excitation démesurés. Quand nous cédons, quand nous entrons dans un désespoir profond, d’inespoir en inespoir, juste avant que le désespoir et la paresse nous dominent, c’est alors que nous commençons à acquérir le sens de l’humour, ce qui nous empêche de devenir roi des paresseux et des imbéciles. (Jeu d’illusion)…

Le problème est que nous cherchons une réponse facile et indolore. Mais ce type de solution est inopérant sur le sentier spirituel sur lequel nous n’aurions peut-être pas dû nous engager. Mais une fois que nous y sommes, c’est dur, c’est douloureux, et nous allons en baver.

Nous nous sommes engagés dans la souffrance consistant à nous exposer, à nous déshabiller, à donner notre peau, nos nerfs, notre cœur, notre cerveau, jusqu’à ce que nous soyons offerts à l’Univers. Rien ne doit rester. Ce sera terrible, crucifiant, mais c’est comme ça…

Chögyam Trungpa

Chercher l’égo

Ego
Ego

Chercher l’ego c’est comme chercher un voleur dans notre maison ! Mais nous pourrions aussi fouiller partout dans la maison et découvrir à la fin, qu’il n’a pas de voleur dans notre maison. La maison serait alors < vide > du voleur que nous cherchions. C’est ainsi que l’ego existe mais pas comme nous l’imaginons. L’ego n’a pas d’existence propre ou indépendante, et on ne peut pas le trouver même si nous le cherchons. Toutefois, il existe mais seulement qu’il est dépendant de facteurs qui maintiennent l’idée d’un ego qui n’existe pas vraiment. L’ego n’est qu’une étiquette que nous plaçons nous-même sur l’image que nous regardons dans le miroir. C’est ainsi qu’apparaissent ces petites voix intérieures ou pensées qui disent dans notre tête, je veux ceci, je ne veux pas cela, c’est impossible, je ne suis pas capable, il ou elle est méchante, je ne l’aime pas, ou je l’aime à la folie, etc., tout en imaginant que c’est nous-même qui pensons ces choses alors que ce n’est que le truchement de l’activité mentale sous l’influence de l’ego qui cherche à se maintenir…

Stéphane Palden

Karma

Karma
Karma
Le karma signifie que tout ce que nous faisons au moyen de notre corps, notre parole et notre esprit entraîne un résultat correspondant. Chaque action, même la plus insignifiante, porte en elle-même ses conséquences. Les maîtres font remarquer qu’une dose infime de poison suffit à causer la mort, et qu’une graine minuscule peut devenir un arbre immense.Et le Bouddha disait : « Ne jugez pas à la légère une action négative sous prétexte qu’elle est de peu d’importance ; même une toute petite étincelle peut embraser une meule de foin de la taille d’une montagne. »

Il disait également : « Ne méprisez pas d’infimes actions positives en pensant : « cela n’a aucune conséquence » ; des gouttes d’eau, même minuscules, finissent en effet par remplir un récipient énorme. »

~Sogyal Rinpoché – extrait du chapitre 6 du Livre tibétain de la vie et de la mort