Le renoncement

Renoncement
Renoncement

LE RENONCEMENT

Afin de pouvoir embrasser pleinement la voie spirituelle, de pouvoir y grandir et de la parcourir avec un sentiment de sécurité, nous devons d’abord passer par le renoncement. Le renoncement ne signifie pas nécessairement se raser les cheveux ou s’engager sur la voie monastique.

Le renoncement signifie lâcher toutes les idées et tous les espoirs auxquels l’esprit voudrait s’accrocher, et souhaiter profondément comprendre, analyser, aller au fond des choses.

L’esprit voudrait toujours plus de tout. S’il ne peut obtenir davantage, il s’invente toutes sortes d’histoires qu’il projette ensuite sur le monde. Cela n’apportera jamais aucune satisfaction véritable, aucune paix intérieure car celle-ci ne peut être que le fruit du renoncement. « Lâcher-prise » est le mot-clé de la voie bouddhiste, la disparition progressive du désir. Nous devons comprendre une bonne fois pour toutes que « davantage » ne signifie pas « meilleur ». Vouloir davantage n’a jamais de fin, il y aura toujours une chose qui nous manquera. Il est par contre tout à fait possible d’atteindre le bout de la voie du renoncement ; c’est donc une approche bien plus sensée.
Pourquoi participer à une retraite méditation et manquer ainsi toutes les opportunités de réjouissances qu’offre le monde ? Vous pourriez voyager, vous investir dans un travail valorisant, rencontrer des gens intéressants, écrire des lettres ou lire des livres, avoir du bon temps ailleurs et vous sentir tout à fait bien ; vous pourriez même trouver une autre voie spirituelle. Quand la méditation est infructueuse, on peut se dire : « Qu’est-ce que je fais là? Pourquoi suis-je assis ici ? Qu’est-ce que je peux espérer en obtenir ? » Puis une idée surgit : « Je n’y arrive vraiment pas bien du tout, je devrais peut-être essayer autre chose. »

 

Le monde est plein de promesses alléchantes mais il ne tient jamais ses promesses.

Jamais. Tout le monde a essayé nombre de ses tentations, mais aucune n’a vraiment été pleinement satisfaisante. La satisfaction véritable, la paix parfaite, l’absence de désir, ce bien-être qui consiste à être bien sans rien désirer, tout cela ne peut se trouver dans le monde. Rien ne peut assouvir pleinement et définitivement nos besoins. L’argent, les biens matériels, la compagnie d’une autre personne peuvent apporter un bien-être passager, mais nous sommes toujours en proie au doute : « Peut-être que je pourrais trouver quelque chose de mieux, de plus satisfaisant, de plus facile, de moins contraignant… et surtout, quelque chose de nouveau. » Car ce qui est nouveau est toujours plein de promesses.
Il faut comprendre l’esprit tel qu’il est : c’est un sens comme les autres, qui a pour organe le cerveau, tout comme la vue a pour organe l’œil. Dès que la conscience apparaît et que le contact est établi, nous commençons à croire qu’il y a un « moi » qui pense et qui est même propriétaire de ces pensées. De ce fait, nous sommes très intéressés par nos pensées et nous voulons les préserver – il est bien connu que les gens veillent davantage sur ce qui leur appartient que sur les biens de leurs voisins – de sorte que chacun suit ses propres pensées et croit à ce qu’elles racontent.

Mais ces pensées n’apporteront jamais le bonheur ; elles apportent espoir, inquiétude et doute.

Parfois elles sont amusantes, d’autres fois déprimantes. Quand le doute apparaît, et que l’on se laisse emporter par lui, on peut en arriver au point de cesser complètement la pratique. Pourtant, pratiquer la méditation est la seule manière de vérifier que la vie spirituelle apporte la plénitude. Tout comme il faut se nourrir pour apporter la preuve des bienfaits de la nourriture : personne d’autre ne peut nous le prouver ; chercher des preuves à l’extérieur pour n’avoir plus qu’à s’emparer de la nourriture et l’avaler n’est pas une approche juste.

La plénitude que nous recherchons n’est pas quelque chose que nous pouvons saisir et avaler pour remplir notre corps et notre esprit. Le trou béant de nos désirs et de nos attachements est trop profond pour pouvoir être comblé.

La seule manière que nous ayons d’atteindre la plénitude est de laisser aller tous nos désirs, toutes nos attentes et tout ce qui peut traverser notre esprit, de sorte qu’il n’y ait plus de sensation de manque. Dès lors, il n’y a plus rien à combler.

Le malentendu qui revient sans cesse est dû à notre attitude : « Je veux recevoir. Je veux obtenir la connaissance, la compréhension, l’amitié bienveillante, la considération. Je veux atteindre l’Eveil. » Mais il n’y a rien que nous puissions recevoir de l’extérieur, hormis une méthode et des instructions pour bien pratiquer. Il est indispensable de faire l’effort de pratiquer au quotidien pour connaître la purification.

L’insatisfaction chronique dont nous souffrons ne peut pas être comblée par quelque chose de nouveau qui nous serait donné.

Nous ne savons même pas d’où ce quelque chose pourrait venir : peut-être du Bouddha, ou du Dhamma, ou de notre maître. Nous voudrions peut-être que cela nous arrive par la méditation ou la lecture d’un livre… La réponse ne viendra pas d’un quelconque apport extérieur à nous ; elle se trouve dans le renoncement radical.
De quoi faut-il se débarrasser en priorité ? De préférence, commençons par nous libérer de toutes les circonvolutions de l’esprit, de toutes ces histoires insensées et irréalistes qu’il nous raconte et que nous ne pouvons pas nous empêcher de croire. Une façon simple de ne pas nous laisser piéger par ces histoires est de les coucher sur le papier ; une fois écrites, elles paraissent aussi ridicules qu’elles le sont en réalité. L’esprit peut toujours continuer à inventer de nouvelles histoires ; c’est sans fin. C’est pourquoi la clé de la libération est dans le renoncement : laisser passer, lâcher-prise.
Laisser aller, c’est aussi laisser monter l’intuition profonde, subconsciente, que ce que le monde propose n’est pas satisfaisant, qu’il y a une autre voie.

Il n’est pas possible de continuer à rester dans le monde en essayant d’y ajouter sans cesse quelque chose de nouveau ;

nous devons renoncer une fois pour toutes à ce genre d’ambition. Rester comme nous sommes et ajouter quelque chose : comment cela pourrait-il fonctionner ? Ajouter une pièce à une machine qui ne fonctionne pas ne la fera pas fonctionner ; c’est toute la machine qu’il faut réviser !

Cela signifie qu’il faut accepter consciemment ce que nous savons déjà au fond de nous : que notre façon habituelle de penser n’a aucune utilité. La preuve en est que dukkha – l’insatisfaction, la souffrance – est toujours là. Il revient sans cesse, n’est-ce pas ? On peut se dire parfois : « C’est de la faute de telle personne » ou bien : C’est sûrement à cause du mauvais temps ». Et puis le temps s’améliore ou la personne en question est partie, mais dukkha est toujours présent. Nous voyons bien que ce n’était pas la cause de notre insatisfaction, alors nous cherchons d’autres raisons. Au lieu de cela, nous devons nous montrer souples et attentifs pour observer ce qui apparaît dans l’esprit, une fois éliminées toutes les circonvolutions, les inventions et l’agitation. Ce qui apparaît alors peut être pur ou impur, et nous devons apprendre à traiter chacune de ces manifestations.
Dès que nous cherchons à expliquer et rationaliser ce qui se passe alors, tout le processus s’écroule à nouveau.

Nous devons arrêter de penser que nous devons ajouter quelque chose à ce qui est pour devenir un tout.

Nous devons, au contraire, retirer absolument tout ce que nous pouvons nommer pour pouvoir être « un ».

Le renoncement, c’est le lâcher-prise de tous les concepts, de toutes ces pensées qui prétendent que nous sommes quelqu’un qui sait.

Mais d’où nous vient la connaissance de cette personne qui sait ? Ce ne sont là que des idées qui se bousculent, qui apparaissent et disparaissent sans cesse. Le renoncement ne se manifeste pas à l’extérieur ; ce qui se voit n’en est que le résultat.

L’origine est à l’intérieur de soi, et c’est là que nous devons pratiquer. Si vous pensez qu’un monastère est propice à la méditation, vous verrez que cela ne suffit pas : la méditation ne peut se faire sans le renoncement.

par Ayya KHEMA

La Patience

Patience
Patience

LA PATIENCE

La patience est, en essence, la capacité de supporter la souffrance sous toutes ses formes. Cette vertu est comparable à un terrain fertile où les fleurs de trois disciplines peuvent s’épanouir en répandant le parfum suave de leurs qualités. Pareille aussi à la clôture qui protège ces fleurs, la patience présente trois aspects : i y a d’abord la patience qui permet d’assumer le fardeau des souffrances et des difficultés rencontrées lorsqu’on œuvre à son propre bien et à celui des autres ; puis la patience d’accepter, imperturbablement, tous les maux que les autres peuvent nous infliger ; et enfin, la patience qui consiste à na pas craindre les enseignements profonds, comme ceux qui portent sur la vacuité.

In n’y a pas de limite au nombre de choses susceptibles de nous nuire, de même qu’il est impossible d’éliminer toutes les épines d’une forêt. Pour ne pas que ces dernières nous blessent, il faut soit éviter de se rendre dans cette forêt, soit couvrir de cuir la plante de nos pieds. La pensée que nous ne voulons pas de quelque chose engendre en nous un ressentiment, qui à son tour, provoque une colère nous rend malveillants, nous-mêmes, et les autres par contrecoup. Au départ, il ne s’agit que d’une pensée, en l’occurrence la pensée qu’une chose particulière nous est indésirable laquelle engendre à son tour un sentiment de répulsion. Si nous parvenons, par ce qu’on appelle l’ascèse da la patience, à contrôler cette seule impulsion avant qu’elle devienne trop forte, le fardeau qu’elle représente et qui nous semble insupportable devient alors une aide, et le besoin de se mettre en colère disparaît. Comme dit le proverbe : « Frappe le cochon sur le nez ! Nettoie la lampe à beurre tant qu’elle est chaude ! »

Au moment où quelqu’un nous critique, les mots, l’ouïe et la conscience auditive entrent en contact en causant une forte sensation de déplaisir. C’est un peu comme si une flèche nous transperçait le cœur et le mettait en pièces. Pourtant, à bien y regarder, ces paroles sont pareille à des échos. Même s’ils semblent atteindre leur but, les mots en eux-mêmes n’ont aucun pouvoir d’infliger une douleur réelle. Or que se passe-t-il ordinairement dans ce genre de situation ? Notre habitude de pensée, qui ne fait pas de distinction entre le mot et ce qu’il désigne, se fixe sur l’idée que les paroles malveillantes que nous entendons nous nuisent réellement par leur nature même. C’est ainsi que s’instaure l’interaction de l’agresseur et de l’agressé, laquelle nous perturbe et nous fait souffrir.

Tout ce qui nous cause du tort dans le monde où nous vivons- les coups, le vol, la défaite, les médisances, etc.-, ainsi que leurs interminables effets que sont les souffrances du corps et de l’esprit, tout cela nous semble dû aux autres. Mais, tout comme l’écho du cri que nous venons de pousser, ces maux proviennent en fait de nous-mêmes. Si nous n’avions pas le moindre sentiment de « moi », les autres n’auraient personne à qui nuire.

A bien y réfléchir, notre agresseur, plutôt que de nous faire du mal, nous fait un grand bien, puisque la patience s’acquiert dans l’adversité. C’est grâce à l’ennemi qui nous cause du tort que nous pouvons embarquer sur la nef de la patience pour traverser l’océan du Grand Véhicule : et c’est ce navire qui nous permettra de gagner le précieux joyau de l’esprit d’Eveil. La cause suprême du bonheur et du bien ultime, pour les autres comme pour nous-même, dans l’immédiat comme à long terme. Dès lors, tout ennemi malfaisant doit être considéré comme la source de notre patience et mérite que nous l’honorions à l’égal du Dharma lui-même.

Considérons enfin la patience du point de vue de la réalité ultime. Si l’on se demande où est la réalité de ce qui nous agresse, en la cherchant aussi bien dans l’agresseur que dans l’agressé ou l’acte d’agression, on constate qu’on ne peut la découvrir nulle part. Or, comme nous l’avons expliqué auparavant, quand certaines circonstances se trouvent réunies, c’est l’esprit qui, en s’appropriant des circonstances, donne soudain naissance au problème dont nous souffrons. Et, en examinant à son tour l’esprit, on constate qu’il ne possède pas de caractéristiques immuables.

De même que s’effacent, à peine tracées, les lettres que l’on écrit avec le doigt sur l’eau, la violence des pensées hostiles disparaît, incapable de se maintenir puisque, par nature, elle ne doit son existence qu’à un concours de causes et de conditions. A cet instant même se manifeste un état parfaitement pur et spacieux, la grande vacuité primordiale, libre de tout concept. Préserver cette dimension spacieuse qui est simplement présente et dans laquelle il n’est rien à perdre ni rien à gagner, rien à prendre ni rien à rejeter, la préserver, donc, sans être distrait par quoi que ce soit d’autre, c’est ce que l’on appelle, sur la profonde Voie Médiane, « la purification des émotions négatives dans la réalité ultime ».

La patience présente donc trois aspects : le fait d’assumer de bon cœur les épreuves et les difficultés, celui de rester imperturbable quand les autres nous nuisent, et celui de ne pas avoir peur de la réalité ultime. Si ce dernier aspect de la patience vient à manquer, les deux autres ne permettent pas de dépasser les voies mondaines ; et si les deux autres manquent ou sont trop faibles, on aura beaucoup de mal à acquérir les qualités propres à la voie et au fruit de la voie en pratiquant la générosité et les autres vertus transcendantes, quel que soit son désir d’y parvenir. Il en sera comme d’un voyageur qui, sans compagnon ni escorte, aurait pris une route infestée d’ennemis, de bandits et de bêtes féroces. Il lui sera extrêmement difficile de parvenir à destination. Exhortons-nous donc nous-même et entraînons-nous à la patience en cultivant le courage.

Kangyour Rimpotché

Merci à l’Union Bouddhiste de France pour ce texte

Ni sujet, ni objet

Lama Guendune
Lama Guendune

Tout ce que nous percevons n’a pas de réalité propre, mais est la radiance de l’esprit. Nous pratiquons la méditation de façon à laisser l’esprit s’établir dans la rencontre de sa propre projection. Ainsi, nous ne créons plus de séparation entre un sujet qui perçoit et un objet qui aurait sa propre réalité. Nous comprenons qu’il n’y a ni sujet ni objet.

Guendune Rinpoché. Mahamoudra.

La compassion stupide

Stop
Stop

COMPASSION STUPIDE

 
Un ennemi proche de la compassion est la compassion stupide. C’est alors que nous évitons les conflits et protégeons notre bonne image en étant gentil alors que nous devrions certainement dire «non».

Compassion n’implique pas seulement d’essayer d’être bon. Lorsque nous nous trouvons dans une relation agressive, nous avons besoin de fixer des limites claires. La chose la plus gentille que nous puissions faire pour tout le monde concerné est de savoir quand dire «assez». (…)

Au nom de l’idéal de garder notre cœur ouvert nous laissons les gens marcher sur nous. Il est dit que pour ne pas briser notre vœu de compassion nous avons à apprendre quand stopper l’agression et tracer la ligne. Il y a des moments où la seule façon de faire tomber les barrières est de fixer des limites.
~ Ani Pema Chodron (traduction libre)

Qui est le penseur ?

Eveil
Eveil

Si vous vous trouvez dans la situation où vous pensez méditer de façon correcte, ne rejetez pas cette pensée mais regardez qui pense cela.

Regardez le sujet, essayez de trouver une forme, une couleur, quelque chose qui puisse définir le penseur.

Quand nous nous apercevons qu’il n’y a rien à voir, qu’il n’y a pas de penseur, nous nous libérons de la pensée.

Ce moment où nous reconnaissons que le penseur n’est pas une entité réelle est le moment de la réalisation.

Lama Guendune Rinpoché

Les derniers paroles de Bouddha

Bouddha couché
Bouddha couché

Tandis qu’il était couché entre les arbres du bois de Sala, à Kushinagar, le Bouddha s’adressa pour la dernière fois à ses disciples, insistant encore une fois sur l’importance du Dharma. Il voulait que le Dharma soit leur maître, et non une personne. Il leur dit :


Soyez vous-même votre lampe, soyez vous-même votre recours ; ne dépendez pas de quelqu’un d’autre. Que mon enseignement soit votre lampe, qu’il soit votre recours ; ne dépendez pas d’un autre enseignement…


Regardez votre corps et voyez combien il est impur. Sachant que le plaisir et la douleur du corps sont pareillement cause de souffrance, comment pouvez-vous laisser libre cours à ses désirs ?


Regardez votre esprit et voyez combien il change. Comment pouvez-vous tomber dans l’illusion à son sujet et entretenir l’orgueil et l’égoïsme, alors que vous savez que ces sentiments vous conduiront inévitablement à la souffrance? Regardez toutes choses, pouvez-vous trouver en elles quelque chose qui soit durable ? Sont-elles autre chose que des agglomérats qui, tôt ou tard, se briseront et seront dispersés? Ne soyez pas effrayé en constatant l’universalité de la souffrance, mais suivez mon enseignement, même après ma mort. Ainsi, vous vous débarrasserez de la peine. Oui, faites cela et vous serez vraiment mes disciples.


Mes disciples « les enseignements que je vous ai donnés, vous ne devez jamais les oublier, ni les laisser perdre. Ils doivent toujours se conserver, être étudiés, être pratiqués. Si vous suivez mes enseignements, vous serez toujours heureux.


L’important, dans mon enseignement, c’est que vous contrôliez votre esprit. Rejetez la convoitise et gardez votre corps droit, votre esprit pur et vos paroles sincères. Si vous vous rappelez constamment le caractère passager de votre vie, vous serez capable de mettre fin à la convoitise et à la colère et d’éviter tout le mal.


Si vous remarquez que votre esprit est tenté ou empêtré dans la convoitise, il vous faut supprimer la convoitise et contrôler la tentation. Soyez vous-même le maître de votre esprit.


C’est son propre esprit qui fait d’un homme un bouddha ou qui en fait une bête. Trompé par l’erreur, on devient un démon, éveillé, on devient un bouddha. Par conséquent, contrôlez votre esprit et ne le laissez pas s’écarter du Noble Chemin.


Conformément à mon enseignement, ayez du respect les uns pour les autres et évitez les disputes. N’imitez pas l’eau et l’huile qui se repoussent mutuellement ; imitez plutôt l’eau et le lait, qui peuvent se mélanger parfaitement.


Étudiez ensemble, enseignez ensemble, pratiquez ensemble. Ne gaspillez pas votre esprit et votre temps en oisiveté et querelles. Jouissez des fleurs de l’éveil en leur saison et moissonnez le fruit du Droit Chemin.


Les enseignements que je vous ai donnés, j’en ai eu l’idée en suivant moi-même le chemin. Il vous faut suivre ces enseignements et vous y conformer en toutes circonstances.
Si vous les négligez, c’est que vous ne m’avez pas réellement rencontré, c’est que vous êtes en réalité loin de moi, bien que vous soyez maintenant assis auprès de moi. Si au contraire vous acceptez et pratiquez mes enseignements, quand bien même vous seriez à l’autre bout du monde, vous êtes tout près de moi.


Mes disciples, ma fin approche, notre séparation ne saurait tarder. Cependant, ne vous lamentez pas. La vie est un changement continuel et ; rien n’échappe à la dissolution du corps. Cela, je vais vous le montrer maintenant par ma propre mort, mon corps se dissolvant comme une charrette délabrée.


Ne vous lamentez pas vainement, émerveillez-vous plutôt de cette loi du devenir et apprenez ainsi combien vide est la vie humaine. N’entretenez pas le désir absurde de voir demeurer ce qui est transitoire.


Le démon des désirs mondains cherche toujours le moyen de tromper l’esprit. Si une vipère vit dans votre chambre, vous ne pourrez dormir tranquille qu’après l’avoir chassée. Il vous faut briser les liens des désirs mondains et les chasser comme vous le feriez avec une vipère. Il vous faut sérieusement protéger votre esprit.


Mes disciples, mon dernier moment est venu, mais n’oubliez pas que la mort, c’est seulement la dissolution de ce corps physique. Le corps est né des parents, il a grandi grâce à la nourriture, inévitables pour lui sont la maladie et la mort.


Le vrai Bouddha, lui, n’est pas un corps humain. C’est l’éveil. Un corps humain doit disparaître, mais la sagesse de l’éveil, elle, demeure éternellement dans la vérité du Dharma, dans la pratique du Dharma. Celui qui voit seulement mon corps ne me voit pas réellement. C’est seulement celui qui accepte mon enseignement qui me voit réellement.


Après ma mort, le Dharma sera votre maître. Suivez le Dharma et ainsi, vous me serez fidèles. Durant les quarante-cinq dernières années de ma vie, je n’ai rien tenu caché de mon enseignement. Il n’y a pas d’enseignement secret, ni de sens caché. Tout a été enseigné ouvertement et clairement.


Mes chers disciples, maintenant, c’est la fin. Dans un instant, j’atteindrai le nirvana. Voilà mes dernières instructions.

Ce que pense le Bouddha de la méditation

Méditation
Méditation

On a demandé à Bouddha :

Qu’avez vous gagné avec la méditation ?

Il a répondu : RIEN

Par contre, laissez-moi vous dire ce que j’ai perdu :

la colère, l’anxiété, la dépression, l’insécurité,

la peur de vieillir et la peur de la mort !

Entretenir l’espoir, c’est entretenir la peur

Espoir
Espoir

Entretenir l’espoir, c’est entretenir la peur !

L’espoir est l’autre face de la peur, la peur que les choses ne se réalisent pas !

Chogyam Trungpa

Comprendre le fonctionnement de l’esprit, c’est avant tout comprendre la subtilité de l’égo et sa façon qu’il a de s’imposer à tous les niveaux. Il semble difficile en effet de se libérer de la souffrance si nous ne comprenons pas d’abord comment l’esprit s’empare de l’espace, comment il crée en quelque sorte notre réalité !

Certains peuvent penser que c’est une torture, que c’est difficile, et ça l’est ! Mais à priori, aucune libération n’est possible tant que le « je » est présent, tant qu’il y a un observateur qui ramène tout au quartier général qu’est le cerveau, comme dirait Maître Trungpa !

L’enseignement du Dharma n’a qu’une vocation : comprendre les mécanismes sous-jacents de l’égo, ses pièges, et apporter une réponse concrète à l’éradication de la souffrance, par des techniques appropriées et ayant prouvé leur efficacité depuis 2500 ans.

Dans son livre « Regard sur l’abhidharma », Chögyam Trungpa (maître réalisé de la lignée de la folle sagesse) explique que le désespoir est une autre facette de l’égo, l’art de saisir à nouveau l’espace en nous convaincant que nous ne saisissons rien…Tant que nous ne sommes pas éveillés, tout est Ego 😉

Bonne nuit à tous

Françoise

Le miroir

Miroir
Miroir

 

Quand on se regarde dans un miroir, on ne voudrait surtout pas y voir un individu ordinaire. On aimerait y contempler quelqu’un d’exceptionnel. Que l’on soit ou non conscient de ce fait, on est tout simplement mécontent de découvrir un être névrosé, en proie à des difficultés et des problèmes.

On voudrait voir le reflet d’une personne heureuse, mais on se trouve devant quelqu’un qui se débat contre lui-même. Nous voudrions croire que nous débordons de compassion, mais notre égoïsme nous saute aux yeux. Nous aspirons au raffinement, mais l’arrogance nous rend grossiers.

Au lieu d’être forts et immortels, nous découvrons notre vulnérabilité aux quatre fleuves de la naissance, de la vieillesse, de la maladie et de la mort. Le conflit entre ce que nous aimerions voir dans ce miroir et ce que nous y percevons provoque une intolérable souffrance.

Le sentiment d’être exceptionnel, unique, ce que l’on appelle « l’amour-propre » ou encore « l’importance de soi », nous retient prisonniers de la souffrance. L’amour-propre est cet attachement sous-jacent aux notions de « je », « moi », « mien » qui colore toutes nos expériences. Si l’on regarde de plus près, on trouve toujours un puissant élément d’amour-propre dans tout ce que l’on pense, dit et accomplit.

« Que faire pour me sentir bien? Que pensent les autres de moi? Que vais-je en retirer? Que vais-je y perdre? » Autant de questions qui sont ancrées dans l’importance de soi. Et même notre impression de ne pas être à la hauteur de ce que nous pensons être est encore une forme d’infatuation.

DZIGAR KONGTRÜL RINPOCHE.

Ego et attachement

Attachement
Attachement

L’EGO ET « L’ATTACHEMENT »

L’une des idées majeures de la philosophie de vie du bouddhisme porte sur notre attachement acharné à certaines choses, certaines personnes ou certains désirs qui sont souvent à l’origine de beaucoup de souffrance ou d’agitation dans notre esprit.
Il ne s’agit pas de dire qu’il n’est pas souhaitable de former avec les autres des relations aimantes et attentionnées, d’avoir de l’ambition et de vouloir réussir dans la vie. Ce qui est en jeu, c’est la nature de nos attachements.
Dès qu’ils sont accaparants, caractérisés par une possessivité motivée par l’ego, ils peuvent être source de souffrance psychique. Même si cela parait insignifiant, cela peut déclencher une angoisse réelle.
En nous cramponnant à tout pris aux choses auxquelles nous sommes attachés, nous nous efforçons de les garder intactes, de les rendre immuables. Mais rien n’est immuable, dans la vie.
Nos relations avec les autres évoluent au fil du temps, nous changeons d’emploi, nous le perdons parfois, même les bâtiments en dur finissent par s’écrouler. Nous venons au monde les mains vides et il en va de même quand nous le quittons.
Entre-temps, nous cherchons à accumuler tant de choses. Et s’il est compréhensible de vouloir subvenir à ses besoins et à ceux des êtres qui nous sont chers, l’un des messages essentiels que je tiens à vous transmettre, c’est de ne pas vous attacher de manière trop inébranlable à quoi que ce soit.
Si vous laisser les choses aller et venir sans être troublé outre mesure, votre esprit ne tardera pas à s’apaiser.

Extrait de « La retraite de l’esprit – Trouver le calme dans un monde agité » de Gyalwa Dokhampa