Un vide d’illusions est un plein de réalité

 

La nature de l’esprit et l’émergence du Samsara

S’il n’y a aucune différence essentielle entre l’esprit d’un bouddha et notre propre esprit, pourquoi un bouddha a-t-il toutes les qualités qui lui sont attribuées et pourquoi ne les avons-nous pas ?

La différence provient de ce qu’en notre esprit, la nature de Bouddha est voilée par différentes enveloppes qui la recouvrent et la masquent.

Le fondement de ces voiles est l’ignorance, l’ignorance fondamentale. Nous naissons tous fondamentalement ignorants de la nature de ce que nous sommes.

Dans cette ignorance, l’esprit se scinde en deux et se créée ainsi la dualité : moi/autre, sujet/objet, observateur/observé. C’est dans cette ignorance qu’émerge la conception du sujet, le moi, l’observateur, le témoin. L’ignorance de notre clarté essentielle donne naissance à celle des objets extérieurs.

L’exemple du rêve ou comment la clarté se polarise en l’expérience dualiste

Lorsque nous rêvons la nuit, dans l’obscurité totale, une expérience onirique va apparaître.

On peut rêver d’être à la montagne, à la mer…bref, il y a une scène onirique qui est dotée d’une clarté, et aussi d’une intelligence qui expérimente la scène dans ses contours, ses couleurs, ses formes…, une intelligence dans l’expérience, dotée d’une certaines luminosité qui est bien inhérente à l’esprit puisqu’on est totalement plongé dans le noir.

Cette clarté de l’esprit va, dans l’expérience onirique, se polariser de telle sorte qu’un pôle de cette clarté va devenir une forme d’intelligence lucide qui va expérimenter un autre pôle comme luminosité d’expérience. Et c’est dans cette polarisation que naît la dualité sujet-objet, moi-autre.

L’émergence des trois poisons de l’esprit

Entre les deux pôles de cette dualité, diverses relations se développent. Dans la dualité sujet-objet, moi-autre, il y a trois types de relations fondamentales qui sont plus, moins ou neutre. Attraction, répulsion ou indifférence sont les trois poisons qui engendrent les six passions.

L’attraction engendre le désir, l’attachement et l’avidité

La répulsion mène à la colère et la jalousie

L’indifférence engendre la  bêtise et l’orgueil

Ces relations duelles se développent avec des émotions conflictuelles et perturbatrices, que l’on nomme les passions. De compositions en compositions, on arrive à toutes les formes de passion, nous en avons au total 84000.

Ces émotions conflictuelles motivent, à leur tour, différentes activités : elles sont les moteurs, les inducteurs des différents actes, faits et gestes, activités du corps de la parole et de l’esprit.

L’ignorance engendre les voiles de l’esprit

Ce qui est important à comprendre, outre l’aspect purement technique énoncé ci-dessus, est que nous naissons avec toutes les qualités de l’éveil et que dans le même temps, nous naissons complètement ignorants de ces qualités. Et que notre ignorance fondamentale est le fait d’un certains nombre de causes et conséquences (dites karma), qui elles-mêmes vont engendrer à leur tour d’autres confusions et passions…tout cela constitue les voiles de l’esprit.

De cette confusion et ignorance naît la dualité et donc l’égo, le moi, le je, l’observateur.

Il est important de souligner que la dualité sujet-objet est bien un voile de la nature de l’esprit, mais il faut aussi comprendre , pour éviter de graves erreurs, qu’à un niveau ordinaire, relatif et relationnel, cette perception dualiste est normale et indispensable pour l’édification de ce qu’on nomme l’égo, le moi, l’être conscient de ses actes, des autres et du monde qui l’entourent, l’être capable d’avoir des relations harmonieuses avec ceux qui l’entourent.

L’égo n’est donc surtout pas à rejeter, il s’agit juste d’en reconnaître son caractère illusoire et impermanent. Le reconnaître comme fabrication de l’esprit permet de le modifier, de le transformer en égo bienveillant, altruiste, généreux…

Comme me disait une de mes amies il y a quelques temps, on ne peut lâcher que ce que l’on tient.

Et c’est exactement ça !

On ne peut transformer l’égo que si l’on a la pleine conscience de ses manifestations, si l’on est capable de reconnaître en soi ce que l’on projette à l’extérieur et que nous pouvons nous le réapproprier.

Cela demande une bonne dose d’humilité, d’honnêteté et de lucidité, mais c’est la condition indispensable pour nous transformer dans un premier temps, puis à nous libérer de l’égo dans un second temps.

A l’inverse, les personnes convaincues de ne pas avoir d’égo, d’être au-dessus de tout ça (le monde divin pour les bouddhistes) ou qui ne se reconnaissent pas en l’autre, qui n’ont pas cette conscience d’être aussi un peu jalouses, orgueilleuses, malveillantes…et toutes les passions dérivées, parviendront plus difficilement à se transformer et à atteindre l’Eveil, tout au moins la grande Sagesse.

En conclusion, si nous parvenons humblement à nous voir tels que nous sommes d’une manière relative, sans en rajouter ni en enlever, alors seulement nous pourrons être ce que nous sommes de façon ultime, dans notre nature fondamentale qui est bonté, amour et compassion.

Percevoir la réalité est la fin de l’illusion

Percevoir la Réalité est la fin de l’Illusion, la fin de l’Illusion est la Réalisation – Eveil Oriental –

La pratique de la Vision Supérieure

 

Le « moi » vide

Qui suis-je ?

Cette question nous hante, le plus souvent à un niveau subtil, presque à chaque instant de notre vie. Nous avons beau essayer, mais nous ne trouvons pas vraiment de moi, n’est-ce pas ? Nos opinions changent et nos rapports avec les autres reflètent différents aspects du moi. Notre corps subit des changements constants. Nous commençons donc par chercher un moi essentiel qui ne se laisse(rait) pas définir au gré des circonstances. Nous agissons comme si nous avions un moi à protéger en évitant la douleur et en cherchant le confort et la stabilité. En cas de douleur ou de malaise, nous cherchons à nous en extraire, et quand il arrive quelque chose d’agréable, nous cherchons à nous y attacher. Ce qui implique que le plaisir et la douleur, le confort et l’inconfort, etc. sont en quelque sorte étrangers à ce moi.

Bizarrement, aussi profondément que nous observions nos réactions, nous n’avons pas une image très claire de ce que ce moi est réellement. Où est-il ? A-t-il une forme précise, une couleur ou n’importe quelle autre dimension physique ? Que peut-on dire d’un moi permanent ou non conditionné par ce que l’on vit ?

Le dépassement de cette impression du moi n’implique aucune spéculation sur son existence réelle ou non. Ce genre de spéculation est peut-être intéressante du point de vue philosophique mais ne présente pas beaucoup d’intérêt en ce qui concerne l’expérience d’instant en instant (instantanée). La pratique de la vision supérieure exige que l’on s’examine en fonction de son investissement personnel dans un moi qui existe indépendamment des circonstances comme un point de référence valable dans l’expérience.
Avant d’entreprendre cet examen, il s’impose, bien entendu, d’adopter une posture physique alerte et détendue. Ensuite, on repose son esprit à l’aide de la pratique de l’attention sans objet que nous avons vue plus haut. Enfin, on cherche le moi – celui qui observe le défilé des pensées, des émotions, des sensations, et ainsi de suite.

Le processus peut, dans un premier temps, impliquer une espèce d’analyse.
Mon moi est-il ma main ?
Mon pied ?
Mon moi est-il la gêne que peut-être j’éprouve quand je suis assis en tailleur ?
Mon moi est-il les pensées qui se présentent ou les émotions que je ressens ?
L’une de ces choses serait-elle « moi » ?

Ensuite, on peut passer de ce processus analytique à la recherche effective du moi.
Où est le moi ?
Qu’est-ce que le moi ?

Ne poursuivez pas trop longtemps l’investigation. La tentation d’aboutir à une position conceptuelle ou philosophique est assez forte. Cet exercice n’a d’autre but que de vous permettre de découvrir dans votre expérience un sentiment de liberté par rapport à l’idée d’un moi permanent, singulier et indépendant. Comme nous l’avons vu précédemment, la vacuité n’est pas une décision que l’on prend au sujet de la réalité absolue, ni un état de conscience que l’on atteint par l’analyse ou la discussion philosophique. C’est une expérience qui, une fois que l’on y a goûté, peut changer la vie en ouvrant d’autres dimensions et d’autres possibilités.

Voilà à quoi sert la pratique de la vision supérieure.

Mingyur Rinpoché

Les quatres idées fondamentales du bouddhisme

 

Les quatre sceaux du Bouddhisme

Enseignements du Lodjong

Quatre réflexions, quatre méditations ont le pouvoir de changer notre mentalité, de nous faire nous désinvestir de toutes sortes de préoccupations plus ou moins futiles et trouver la liberté qui nous permette de nous consacrer à l’essentiel .

Ces quatre idées fondamentales sont les fondations de l’enseignement du Dharma : la précieuse vie humaine, l’impermanence et la mort, la réalité du karma et le samsara.

La précieuse vie humaine

On parle traditionnellement de trois types d’existence humaine : la mauvaise, la vulgaire et la précieuse.

La mauvaise existence est celle en laquelle on passe son temps, mû par ses passions, à suivre les pulsions de son égo et à accomplir toutes sortes d’activités égocentrées, passionnelles et négatives. On y génère un karma négatif qui aura ultérieurement des conséquences pénibles.

Rappelons à cet effet que le karma – loi de cause à effet-, ne signifie pas que nos actes auront des conséquences uniquement dans nos vies futures. La notion de temps est une notion toute relative, les conséquences de nos actes peuvent se ressentir dans l’instant suivant, les semaines suivantes, les mois ou années suivantes. Il serait simpliste de considérer que nous puissions faire n’importe quoi dans cette vie sous prétexte qu’on n’en subirait les conséquences uniquement dans une autre vie. L’effet boomerang peut s’exercer très rapidement, il est d’ailleurs intéressant de s’interroger, lorsque les évènements se répètent, sur les causes dont nous serions responsables pour qu’il en soit ainsi, mais dans cette vie présente, pas nécessairement dans une vie antérieure à laquelle nous n’avons pas d’accès direct.

L’existence humaine vulgaire est la plus commune. C’est une existence dans laquelle on ne fait rien de particulièrement bon, ni de particulièrement mauvais. C’est l’existence banale, la plus connue mais d’une certaine façon pas très différente de l’existence animale : on vit, on se protège, on se nourrit…

La précieuse existence humaine est celle en laquelle on choisit d’utiliser les possibilités de notre vie pour aller vers l’essentiel. C’est l’existence humaine qui permet de se consacrer à une recherche spirituelle et à un cheminement véritable. De tous les états d’existence, c’est celui en lequel il est le plus facile d’arriver à l’éveil, à la réalisation.

La précieuse existence humaine est extrêmement rare. C’est une vie où nous pouvons suivre des enseignements, où rien ne s’oppose véritable à notre cheminement (environnement propice). C’est une vie où nous sommes libres de pratiquer les enseignements, où nous avons toutes les qualités nécessaires pour le faire.

« La vie libre et qualifiée

S’obtient difficilement

Et se perd facilement »

1er préliminaire du Lodjong

 

L’impermanence et la mort

Cette précieuse vie humaine est transitoire, elle ne durera qu’un temps et s’achèvera avec la mort. Des phénomènes astrophysiques aux phénomènes microphysiques et moléculaires, rien n’est stable ni permanent. Le monde est un réseau d’évènements en perpétuelle interaction, en perpétuel changement.

L’impermanence est avant tout une vérité universelle, c’est la première des caractéristiques de l’enseignement de Bouddha.

« Tout ce qui a été composé sera décomposé »

Nous ne nous percevons comme un « moi », un « je », nous nous attribuons une réalité, une stabilité et une constance dont nous sommes dépourvus. Percevoir les choses comme stables et fixes est purement illusoire, c’est comme percevoir stable et fixe le cours d’une rivière dans lequel l’eau s’écoule et se renouvelle à chaque instant.

On peut prendre conscience de l’impermanence et de la mort en regardant tous les êtres du passé : personne n’y a échappé, même les plus grands et les plus éveillés ont disparu. Il est donc important de prendre conscience de l’incertitude du moment de la mort. Ce moment est incertain et les causes de mort sont variées. La mort peut survenir à chaque instant.

En méditant sur la mort, nous prenons conscience de la précarité de la vie, de son caractère précieux, ce qui nous permet de redéfinir nos priorités. Méditer sur l’impermanence amène une grande liberté et nous rend beaucoup plus disponibles pour ce qui est essentiel, en réduisant l’emprise de toutes sortes de choses futiles. Cette méditation permet également de dissoudre les attachements que nous investissons habituellement dans les situations. L’impermanence nous rappelle de vivre dans le présent, ce qui ne signifie pas de négliger tout se qui s’est passé ou de faire n’importe quoi, simplement vivre pleinement le présent pour préparer le meilleur futur.

« Habitables ou habitants,

Tout est dans l’impermanence

Et moi bientôt je mourrai »

2è préliminaire du Lodjong

La réalité du Karma

La notion du karma est à la base de la discipline du Dharma. Cheminer vers l’éveil demande une discipline intérieure et extérieure. Intérieure par la méditation, extérieure de façon à vivre de façon juste et saine grâce à des repères précis. La discipline n’est pas une morale mais plutôt une hygiène de vie, un ensemble de règles de santé spirituelle. Il y a des attitudes pathogènes, susceptibles de générer des maladies, dysfonctionnements : ce sont les attitudes négatives, passionnelles et égocentriques.

A l’inverse, un  certain nombre de comportements sains amènent l’équilibre, l’harmonie et la santé.

Le Dharma nous propose ce qu’on appelle les dix actes positifs en réponse aux dix actes négatifs.

Trois sont au niveau du corps : préserver la vie, être généreux et avoir une conduite sexuelle juste (non violente)

Trois autres sont au niveau de la parole : il s’agit de parler « vrai », de favoriser les accords, de parler à bon escient et avec douceur, sans agresser l’autre.

Enfin, les trois derniers actes positifs sont au niveau de l’esprit : pratiquer le non attachement, la bienveillance et la compréhension juste.

Bien que nous soyons en grande partie conditionnés, nous disposons cependant d’espaces de non-conception, de liberté pure. C’est à partir de ces espaces qu’il nous est possible de prendre conscience de notre mode de fonctionnement et de l’améliorer.

« Les actes blancs et les noirs

Murissent infailliblement

Pour qui les a accomplis »

3è préliminaire du Lodjong

 

Le Samsara ou cycle des existences

L’idée est que notre conscience est conditionnée par le karma, positif ou négatif, et que, sous l’impulsion du karma, nous passons par différents états, constamment, de vie en vie.

Ces différents états de conscience sont traditionnellement appelés les « six mondes ». Ils constituent l’ensemble des existences conditionnées.

Le Samsara vient à sont terme au moment de l’éveil. La conscience habituelle se libère alors dans l’expérience de l’esprit pur, au-delà de la conscience individuelle.

Il est important de comprendre que nous ne pouvons trouver le bonheur tant que nous sommes conditionnés. Nous essayons habituellement de trouver le bonheur en accumulant, en possédant, en se protégeant, en se sécurisant, en acquérant des assurances, des protections, en s’entourant de choses, de personnes. Ces recherches à la longue finissent par donner plus de problèmes que de satisfactions, alors nous cherchons des solutions pour résoudre ces problèmes etc …ce qui est l’aboutissement du bonheur dans le samsara. Il n’y a pas de solutions, si nous ne prenons pas conscience de cela, alors il est probable que nous passerons notre vie dans un état que nous jugerons « acceptable », en essayant d’en rajouter là où nous pensons qu’il en manque, ou à en supprimer s’il y en a trop, en cherchant toujours les moyens qui, infailliblement, nous mèneront au bonheur, alors qu’en définitive, il n’y en a qu’un seul : se libérer de ses conditionnements. Le bonheur EST la libération des croyances, conditionnements, souffrance.

Nous pourrions comparer le samsara à un sol argileux, sur lequel nous tenterions de bâtir une maison. Au premier glissement de terrain, elle se fissurerait, et nous colmaterions les fissures. Puis cela se reproduirait, et nous recommencerions à nouveau, si possible en changeant de matériau de colmatage et ceci, à l’infini, jusqu’à ce que la maison s’écroule vraiment et que nous réalisions que nous avions bâti sur un sol impropre à la construction ! Vu sous cet angle, cela paraît évident et logique, et pourtant, du point de vue de notre vision du bonheur, c’est ainsi que nous fonctionnons.

Nous cherchons à amener du bonheur sur des ruines, des conditionnements, des a priori, des croyances et puis, nous nous étonnons que ça ne fonctionne pas ! Cela ne peut tout bonnement pas fonctionner !

« En l’existence cyclique, il n’est aucun vrai bonheur

Comprenons-le pour bien pratiquer,

L’enseignement de réalité »

4è préliminaire du Lodjong

 

Texte tiré en partie des enseignements du Lodjong et rédigé par Denys Rinpoché, et l’autre partie de mon expérience 🙂

 

Doit-on anéantir l’égo ?

 

Doit-on anéantir l’égo ?

Il ne s’agit pas d’entrer en guerre contre l’égo mais d’apprendre à reconnaître son caractère relatif, impermanent et interdépendant. Il faut beaucoup insister sur ce point car la pratique du Dharma ne consiste pas en une négation de l’égo qui entrainerait la dépréciation de Soi et finalement la dépression du Moi.

Par ailleurs, en dehors des pertes de repère qu’occasionnerait le fait de nier l’égo, nous pourrions tomber dans une autre variante de l’égo, qui consisterait à se faire croire à lui-même qu’il a disparu, et donc qu’il est éveillé ! L’égo est particulièrement habile dans ce domaine et peut nous convaincre de toutes sortes d’illusions. Néanmoins, on ne se débarrasse pas de l’égo comme ça, le Dharma est une pratique de dévoilement , un abandon progressif de nos croyances et nos conditionnements, ce qui amène inévitablement un affaiblissement de l’égo, voire sa disparition à terme.

Il ne s’agit donc pas d’engager un combat contre l’égo mais plutôt d’entrer en amitié avec soi-même. Il s’agit d’abandonner la lutte du moi et du mien, d’apprendre à accueillir la réalité et de découvrir l’expérience de la simplicité.

Extrait de Chogyam Trungpa, le Mythe de la Liberté

« En général, lorsque l’égo est exposé, la réaction immédiate du public est de le considérer comme un vilain, un ennemi. On croit que l’on doit détruire cet égo. Ce qui est une approche masochiste ou suicidaire. Les gens on tendance à penser ainsi car, ordinairement, lorsqu’il est question de spiritualité, on croit qu’il s’agit de combattre le mal ; je suis bon, la spiritualité est le bien ultime, le bien suprême, et l’autre côté est mauvais. Mais loin d’être une bataille, la véritable spiritualité est la pratique ultime de  la non-violence.

Sans considérer aucun élément de nous-mêmes comme vil ou hostile, nous tâchons de tout utiliser comme partie du processus naturel de la vie. Dès que se développe une notion de polarité entre le bien et le mal, nous sommes pris dans le matérialisme spirituel, qui œuvre de façon simpliste en vue du bonheur, sur la voie de la réalisation de l’égo ! «

La racine de tous les problèmes…

La racine de tous les problèmes se trouve dans la saisie dualiste d’un moi !

Le dharma est entièrement consacré à la libération du mal-être et à la réalisation du bonheur. La découverte du Bouddha est que la cause du mal-être est l’illusion et les passions qui en procèdent.

De quelle illusion s’agit-il ? Essentiellement de l’illusion d’un moi. La racine de tous les problèmes se trouve dans la saisie dualiste d’un ego, d’un moi ou d’un soi autonome, indépendant et auto-suffisant. Il ne s’agit pas d’une théorie ni d’un dogme, mais du résultat d’une analyse logique et de l’expérience directe.

D’un point de vue logique, on peut expliquer cela par le fait que tous les phénomènes sont composés et donc interdépendants et vides de soi ! Qu’est ce que cela signifie ? Tout simplement qu’il faut une multitude de causes et conséquences pour qu’un phénomène quel qu’il soit puisse prendre forme, ou « exister » tel que nous le percevons. Nous sommes des assemblages, la nature est un assemblage, de molécules, ions, cations, protons…chacun étant vide d’un soi, nous ne pouvons nous-même avoir un soi solide et permanent, cela est techniquement impossible !

D’un point de vue analytique et cognitif, donc expérimental, nous pouvons être témoin d’un non soi tout simplement en le cherchant à l’intérieur ou à l’extérieur de nous-mêmes ! C’est là le rôle de la méditation, au moment où nous pouvons prendre consciences des allées et venues de nos pensées, sans vraiment savoir d’où elles viennent et où elles s’en vont.

Si nous laissons être la pensée telle qu’elle est, sans s’y accrocher, alors il ne se passera rien. En revanche, si nous la saisissons, la cristallisons et nous accrochons à elle, alors nous risquons de nous identifier à elle et la croire réelle.

La question est donc de trouver Qui saisit la pensée ! Quelle est la nature de l’observateur de la pensée ? En répondant à cette simple question, nous pouvons alors trouver la source de toutes nos souffrances : le Moi !

 

Pardonnez à ceux qui vous ont fait du mal

C’est seulement en cultivant des pensées d’amour et de compassion à l’égard de tous les vivants que, petit à petit, nous pouvons modifier notre mode de pensée, développant ainsi l’altruisme et la paix intérieure….Les personnes qui font du mal sont des personnes fondamentalement dans l’ignorance et très malheureuses, ce qui revient au même, ne l’oublions pas 🙂

Pardonnez à ceux qui vous ont fait du mal, si vous saviez à quel point ils se sont faits du mal à eux-mêmes !

N’offrir aucune résistance à la vie

N’offrir aucune résistance à la vie c’est être dans un état de grâce, tranquillité et légèreté. Cet état ne dépend plus alors que les choses soient d’une certaine manière, bonnes ou mauvaises. – Eckart Tolle –

Le bouddhisme est-il une religion ?

Le bouddhisme ou Dharma est-il une religion ?

Il existe une propension à vouloir assimiler l’enseignement de Bouddha aux catégories et aux représentations proprement occidentales qui se sont constituées dans l’émergence du monothéisme. L’enseignement du Bouddha devient alors ce que l’on nomme en Occident « une religion », sans que l’on se rende compte que le mot religion recouvre en fait des notions presque exclusivement monothéistes.

Pourtant l’enseignement de Bouddha n’est pas fondé dans une perspective juridique avec un législateur omnipotent qui édicte « la Loi » à laquelle le pratiquant est supposé adhérer par un acte de foi qui condition son « Salut ». Le Bouddha ne prétend pas détenir La vérité et ses enseignements n’ont pas de rôle dogmatique et normatif que les religions du « livre » (bible…).

Le terme même « Sa Sainteté » attribué au Dalaï-lama n’est pas vraiment adapté, il serait préférable de le nommer Kundun, qui signifie Présence. Le terme Sainteté a été pourtant choisi pour permettre à de grands maîtres de la tradition du Bouddha d’être placés sur le même pied d’égalité que d’autres grands représentants des traditions monothéistes.

Alors le Bouddhisme est-il une religion ?

Si le mot religion désigne l’adhésion à un credo ou la croyance en un créateur –un Dieu envisagé comme personne créant le monde – alors l’enseignement de Bouddha n’est pas une religion.

En revanche, si l’on considère l’étymologie du mot « religion » (du latin « religere » = relier), la tradition de Bouddha est effectivement un enseignement qui relie à l’ultime, à la réalisation absolue et c’est également une voie qui unit les hommes entre eux et à la nature, dans la paix et la compassion.

Religion au sens « d’union » ou « lien » est d’ailleurs proche du mot yoga qui signifie unir ou union. La voie du Bouddha est de ce point de vue un yoga spirituel permettant de réaliser « l’union absolue » avec notre nature essentielle qui est parfaite et complète libération !

Les bienfaits de la méditation

Lorsque la méditation est pratiquée correctement, on commence à ressentir les premiers bienfaits au bout de 2 à 3 semaines. Une transformation interne plus profonde s’opère au bout de quelques mois de pratique. Les bienfaits retirés d’une pratique régulière de la méditation sont nombreux et ils ont été prouvés par des milliers d’études scientifiques au cours des siècles.

On note par exemple un développement très net des capacités mentales et notamment de la concentration et de l’attention. Les méditants sont plus agiles mentalement, plus vifs que la moyenne. Ils sont capables d’intégrer et de comprendre rapidement des problématiques très complexes et sont à la fois créatifs et structurés mentalement.On remarque également des différences marquées au niveau des comportements. Les personnes pratiquant la méditation sont plus douces, plus soucieuses des autres, plus sociables et plus calmes. Des études sur le stress ont montré que les méditants possèdent un niveau de stress de 30 à 40% inférieur à ceux qui ne pratiquent pas la méditation et qui possèdent un style de vie comparable. Les méditants sont moins enclins à la colère et à la dépression. De nombreux psychothérapeutes utilisent d’ailleurs la méditation dans leurs thérapies contre la dépression.

On remarque enfin des différences physiques : Mathieu Ricard, l’un des plus éminents moines bouddhistes français, émissaire officiel du Dalaï Lama en France, et de formation scientifique a prouvé de façon certaine qu’après trois mois de méditation, on observe un renforcement du système immunitaire, une hausse de 20 à 30% des anticorps, une augmentation des cellules souches dans le sang. La méditation contribue également à réduire le taux de cholestérol dans le sang et la tension artérielle.

Ce ne sont ici que quelques uns des principaux bienfaits qu’apporte la pratique régulière de cette discipline.La finalité ultime de la méditation étant l’atteinte du bonheur parfait et inébranlable face aux aléas de l’existence. Ce bonheur pouvant être atteint par une compréhension et une acceptation totale de nous-mêmes, des autres et de notre environnement au sens large.