Doit-on anéantir l’égo ?

 

Doit-on anéantir l’égo ?

Il ne s’agit pas d’entrer en guerre contre l’égo mais d’apprendre à reconnaître son caractère relatif, impermanent et interdépendant. Il faut beaucoup insister sur ce point car la pratique du Dharma ne consiste pas en une négation de l’égo qui entrainerait la dépréciation de Soi et finalement la dépression du Moi.

Par ailleurs, en dehors des pertes de repère qu’occasionnerait le fait de nier l’égo, nous pourrions tomber dans une autre variante de l’égo, qui consisterait à se faire croire à lui-même qu’il a disparu, et donc qu’il est éveillé ! L’égo est particulièrement habile dans ce domaine et peut nous convaincre de toutes sortes d’illusions. Néanmoins, on ne se débarrasse pas de l’égo comme ça, le Dharma est une pratique de dévoilement , un abandon progressif de nos croyances et nos conditionnements, ce qui amène inévitablement un affaiblissement de l’égo, voire sa disparition à terme.

Il ne s’agit donc pas d’engager un combat contre l’égo mais plutôt d’entrer en amitié avec soi-même. Il s’agit d’abandonner la lutte du moi et du mien, d’apprendre à accueillir la réalité et de découvrir l’expérience de la simplicité.

Extrait de Chogyam Trungpa, le Mythe de la Liberté

« En général, lorsque l’égo est exposé, la réaction immédiate du public est de le considérer comme un vilain, un ennemi. On croit que l’on doit détruire cet égo. Ce qui est une approche masochiste ou suicidaire. Les gens on tendance à penser ainsi car, ordinairement, lorsqu’il est question de spiritualité, on croit qu’il s’agit de combattre le mal ; je suis bon, la spiritualité est le bien ultime, le bien suprême, et l’autre côté est mauvais. Mais loin d’être une bataille, la véritable spiritualité est la pratique ultime de  la non-violence.

Sans considérer aucun élément de nous-mêmes comme vil ou hostile, nous tâchons de tout utiliser comme partie du processus naturel de la vie. Dès que se développe une notion de polarité entre le bien et le mal, nous sommes pris dans le matérialisme spirituel, qui œuvre de façon simpliste en vue du bonheur, sur la voie de la réalisation de l’égo ! «