Le Bouddha de Médecine

Bouddha de Médecine
Bouddha de Médecine

L’auto-thérapie par la méditation du Bouddha de Médecine

Terry Clifford, bouddhiste et ancienne rédactrice de la revue New York, a mis en oeuvre plusieurs programmes thérapeutiques basés sur le yoga et la méditation dans des hôpitaux psychiatriques. Selon elle, la maladie peut devenir un élément de progrès sur la voie du Dharma et la méditation du Bouddha de médecine est un processus de guérison du corps par l’esprit.

Par Terry Clifford, extrait du livre La médecine tibétaine bouddhique et sa psychiatrie, Dervy, 1997

Considérer la maladie comme un bienfait

Toute personne pratiquant le Vajrayana, mais n’ayant pas atteint la plénitude ni même un haut développement de pouvoirs de méditation et de réalisation, peut cependant employer certaines méthodes tantriques pour se guérir. L’auto-thérapie vise ultimement à ce que la religion définit comme la santé totale : l’entière Illumination. Sur un plan plus relatif, cependant, une personne peut traiter sa maladie en utilisant la pratique du Dharma pour l’auto-thérapie.

Il est extrêmement important que toute personne souhaitant se guérir elle-même comprenne vraiment que sa maladie est le symptôme d’une disharmonie spirituelle fondamentale dans quelque aspect de sa vie limité à lui-même ou bien en relation avec d’autres êtres et avec l’environnement. Il faut donc cultiver intérieurement une attitude thérapeutique.

L’attitude principale à développer est de considérer la maladie comme un bienfait. Elle est tout d’abord un signal qu’une de nos activités est foncièrement en déséquilibre. Le signal reçu, nous pouvons rétablir l’équilibre pour mettre l’harmonie. Ceci n’implique ni culpabilité ni blâme personnel -ces sentiments ne seraient que des obstacles supplémentaires engendrés par l’illusion et deviendraient encore une cause d’anxiété et de maladie. Mais il est nécessaire d’être tout à fait honnête et ouvert avec soi-même. La maladie fournit alors une occasion de grandir, de voir où nous nous sommes trompés (le déséquilibre), de reconnaître nos actes négatifs passés et de pratiquer le développement de soi par l’auto-thérapie.

En d’autres termes, notre maladie nous donne une occasion de pratiquer l’intégration de la souffrance comme élément de progrès dans la voie du Dharma, de l’utiliser comme support du Dharma de façon spécifique, par exemple en pensant que cette difficulté nous apporte de plus grandes possibilités de progresser dans le Dharma, d’avoir une aspiration plus intense pour l’Illumination, de transmuter la souffrance en connaissance. Elle aide aussi à développer la compassion, pratiquer le bien, surmonter l’orgueil, purifier les impuretés et se libérer de l’aversion envers la douleur et le malheur.

Rituels tantriques d’auto-thérapie

Les rituels tantriques servent à donner à la personne effectuant une auto-thérapie une structure extérieure sur laquelle projeter la force intérieure. La force est identifiée à la divinité. Elle purifie le méditant, est réabsorbée, agrandie, et complètement identifiée à lui -il devient la divinité. Les aspects du corps subtil ainsi identifiés aux pouvoirs cosmiques de la bouddhéité sont utilisés pour soigner la maladie. La partie principale d’une pratique de ce genre consiste à visualiser un flot de lumière éclatante émanant de la divinité et à la diriger sur le point à traiter, si cela est nécessaire, ou simplement, de façon générale, la voir couler dans tout le corps, le purifiant et le transformant. La plupart du temps, les lumières servant à soigner sont la bleue et la blanche. Pour soigner les autres, la lumière ne reste pas seulement dans le méditant, mais il l’envoie rayonner dans l’univers ordinaire, purifiant et soignant tous les êtres.

L’acte de reconnaître nos impuretés mentales et nos fautes, ainsi que la façon de les purifier, s’accomplissent généralement par la méditation rituelle sur le Bouddha Vajrasattva (en tibétain Dorjé Sempa), la divinité particulière qui est l’aspect de purification de la nature-de-Bouddha. Pendant la pratique, le méditant le visualise au-dessus de sa tête. Il est d’une pure blancheur, assis dans la posture du lotus, tenant dans sa main gauche près de la hanche une cloche symbole de la sagesse, et dans la droite près de son coeur un vajra symbole des moyens habiles. Il sourit avec douceur et sa beauté est sublime. Le méditant confesse devant lui ses « fautes », et une telle confession rituelle est d’un grand bénéfice psychologique.

Puis par le pouvoir de la foi du méditant et de sa résolution de ne plus commettre ces transgressions, et par la force de sa méditation ainsi que du vœu de Vajrasattva de sauver et purifier, la lumière du mantra tournant dans son cœur, qui irradie jusqu’aux Bouddhas de tout l’univers et ramène leur lumière dans Vajrasattva, coule alors en le méditant par le sommet de son crâne et son corps devient intérieurement lumineux. Il visualise que toutes ses émotions négatives, ses maladies physiques et ses obscurcissements mentaux, tout son karma négatif et ses mauvaises dispositions habituelles, s’écoulent hors de lui sous forme de pus et de sang, de fumée sombre, d’araignées et insectes horribles, qui satisfont tous les seigneurs de dette karmique attendant avidement en dessous.

La méditation sur Vajrasattva peut être employée pour l’auto-thérapie, et beaucoup d’autres divinités peuvent aussi être invoquées pour guérir la maladie ; suprême parmi elles est le Bouddha de Médecine.

Méditation de Sangyé Menla, le Rayonnant Seigneur de Guérison

Toute personne qui le souhaite peut pratiquer la méditation du Bouddha de Médecine. La méthode générale pour le faire est décrite ici suivant les instructions de Dudjom Rinpoche. Elle peut servir à guérir soi-même et les autres.

Toute pratique doit commencer par le Refuge et la bodhicitta ; c’est-à-dire, prendre Refuge dans les Trois Joyaux et développer l’aspiration et l’acte d’avoir la pensée de l’Illumination pour soi-même et pour les autres.

De l’état de vacuité avant que l’esprit ne soit interrompu par des pensées, visualisez la syllabe AH surgissant dans l’espace devant vous. AH représente l’état exempt de naissance, de fin et de concept ; sa nature est shunyata. La syllabe AH se change en la forme du Bouddha de Médecine, l’objet de concentration.

Il est d’un bleu lumineux et translucide. Il tient le myrobolan dans les doigts de sa main droite, étendue sur son genou dans le geste du don ; sa main gauche reposant sur ses jambes tient un bol d’aumônes empli de nectar guérissant. Vêtu des trois vêtements monastiques, il est assis dans la posture complète du lotus sur un lotus à mille pétales posé sur un trône de joyaux.

Imaginez que le lieu où vous êtes est une sphère de Bouddha au paysage magnifique. Tout l’espace est plein de lumières irisées et de déesses d’offrande présentant en offrande tout ce qui est beau et agréable aux sens. Offrez mentalement au Bouddha de Médecine tout ce que vous pouvez concevoir de plus précieux. Invitez-le à conférer ses bénédictions et à siéger au sommet de votre tête. Priez-le d’accorder son pouvoir de guérison. Beaucoup de prières différentes peuvent être dites, mais la récitation de son mantra est le plus important.

Le mantra du Bouddha de Médecine est : TÉYATA OM BEKANZÉ BEKANZÉ MAHA BÉKANZÉ  RAZA SAMU GATÉ SWAHA. Répétez ce mantra autant que vous pouvez.

Récitez le mantra avec dévotion et dans une concentration parfaite, et avec l’intention que la guérison s’effectue. Du chakra du coeur du Bouddha de Médecine où le mantra tourne dextrogyre, des rayons de lumière brillante comme cent soleils levants irradient en vous et en les autres, chassant la maladie et la souffrance, et même la cause de la souffrance. Les lumières touchent tous les êtres et leur obscurité mentale disparaît, ainsi que toute leur souffrance. Faites cette visualisation en récitant le mantra.

Ensuite, visualisez que vous-même et tous les êtres vous dissolvez dans un état de vacuité. Essayez de demeurer dans cet espace complètement libre de pensées et de tout concept de sujet, objet et action. Ceci est la pratique absolue, c’est fusionner avec l’esprit du Bouddha de Médecine.

En émergeant de cet état, voyez toutes les pensées comme étant de la nature de l’esprit du Bouddha de Médecine, percevez tous les sons comme son mantra, et toutes les formes comme sa manifestation. Puis dédiez mentalement à l’Illumination de tous les êtres le mérite et le bon karma issus de cette pratique.

Le plus important dans cette méditation, l’essence de la pratique thérapeutique, est de ressentir pour autrui une forte compassion désintéressée, ainsi qu’une confiance fervente et complète en la pratique de la sadhana, en la divinité. Sans confiance en le Bouddha de Médecine, pratiquer sa méditation n’aidera pas.

Si vous vous occupez de la guérison particulière de personnes, ou d’animaux, visualisez qu’ils reçoivent la lumière du Bouddha de Médecine et mentalement répétez le mantra avec eux. Envoyez la lumière sur la partie du corps à soigner. Si vous suivez un traitement et prenez des médicaments ou si vous en donnez, considérez-les comme l’ambroisie du Bouddha de Médecine. Dans toute forme de médecine que vous pratiquez, chirurgie, massage ou autre, considérez toujours que le Bouddha de Médecine est assis au sommet de votre tête et irradie vers le malade une grande lumière guérissante. Récitez toujours le mantra, tout haut ou silencieusement. Allier cette pratique mentale et spirituelle du Bouddha de Médecine à d’autres formes de médecine augmentera beaucoup la force de la thérapie.

Paru dans la revue « Dharma – Compassion et médecine »

Le chant du 17è Karmapa

17è Karmapa
17è Karmapa

Orgyen Trinley Dorjé (ou Urgyen), né le 26 juin 1985 dans le village de Bakor dans la région de Lhatok, est reconnu par le 14e dalaï-lama, le gouvernement chinois et trois des quatre régents de l’école Karma Kagyu comme le 17e karmapa, dirigeant cette école du bouddhisme tibétain.

A la veille de l’an 2000, alors âgé de 14 ans, il s’enfuit du Tibet car il ne peut y poursuivre ses études religieuses convenablement et rejoint le dalaï-lama à Dharamsala en Inde.

Les karmapas, chefs de l’école Karma Kagyu, l’un des grands courants du bouddhisme tibétain, forment la première lignée déclarée de tulkus*, réincarnations de Düsum Khyenpa (XIIe siècle). Les critères de reconnaissance d’un successeur (indications orales ou rédigées laissées par le précédent karmapa, rêves et intuitions de lamas consacrés et comportement de l’enfant réincarné) peuvent mener à la sélection de plusieurs candidats induisant alors une controverse. Les tulkus détenant habituellement un certain pouvoir, des rivalités peuvent exister lorsqu’il y a plusieurs candidats. Ainsi, dans la lignée kagyupa, la reconnaissance des 8e, 10e et 12e karmapas donna lieu à des conflits, cependant tous vite résolus.

* tulkus : dans le bouddhisme tibétain, on nomme tulku ou tulkou une personnalité religieuse (lama généralement) reconnue comme réincarnation d’un maître ou d’un lama disparu.

Mantra du Karmapa

KARMAPA TCHENNO//

Mantra qui multiplie les actes vertueux (à réciter sept fois ou plus)

OM DOUROU DOUROU DZAYÉ MOUKÉ SOHA//

Le mantra de Parnashavari

Parnashawari
Parnashawari

Parnashavari (Sanskrit), Lomagyuma en tibétain, est l’ermite de la montagne qui dissipe l’ignorance et la protège contre les maladies, en particulier les maladies naturelles contagieuses.

Elle est également identifiée comme la vingtième des Taras , qui est spécialisée dans la prévention et la guérison de la maladie grâce à sa connaissance concernant les pouvoirs de guérison naturels  par les herbes.

Elle est vêtue d’une jupe de feuilles de la forêt et tient dans une main la tige d’une plante médicinale ; elle est à la fois paisible et courroucée.

Parnashavari appartient à la famille du Bouddha Amoghasiddhi, mettant l’accent sur l’exécution rapide des activités éclairées des Bouddhas.

Son Mantra

OM, PISHACHI PARNASHAWARI SARVAJORA PRASHAMANAYEH, SWAHA 

Le mantra de TARA

Tara blanche
Tara blanche

Celle qui illumine le monde, telle la clarté d’une centaine de pleines lunes automnales.

Tara est un Bouddha féminin dont les différentes apparences expriment la puissance et la multiplicité de son énergie de sagesse et de compassion.

Quelle que soit sa forme, elle est reconnue comme la libératrice de l’adversité et la protectrice des huit dangers.

Parmi les vingt et un aspects de l’énergie de Tara, le principal est Tara Verte.

L’on doit comprendre qu’il s’agit d’un seul et même Bouddha revêtant des aspects différents, dont le pouvoir d’action entre en correspondance avec les diverses situations.

Tara Blanche occupe une place spécifique aux côtés de Tara Verte, celle de protéger tous les êtres des souffrances physiques ou mentales et de prolonger la vie.

L’énergie de Tara Blanche est particulièrement sollicitée au travers de sa pratique et de la récitation de son mantra. Des requêtes de préservation de la vie sont adressées à Tara Blanche spécialement en cas d’inquiétudes et de peurs au sujet de la durée de l’existence.