Le commencement à l’amour est de laisser
ceux qu’on aime être parfaitement ce qu’ils sont,
et non les changer afin qu’ils collent à notre image.
car dans ce cas, ce ne serait que le reflet de
nous-mêmes que nous aimerions à travers eux…
Si ne nourrissions pas l’espoir
que les phénomènes ou les êtres puissent
être autrement, nous ne ressentirions
pas le désespoir de les appréhender
tels qu’ils sont !
Par mes vertus, puisse, en cette vie et toutes les autres,
s’accomplir uniquement le bien d’autrui
Par mon corps, puissé-je faire murir et libérer les vivants
Par ma parole, puissé-je faire mûrir et libérer les vivants
Par mon esprit, puissé-je faire mûrir et libérer les vivants
Par mes corps, paroles et esprit, puissé-je faire mûrir et libérer tous les vivants, tans que l’océan du Samsara ne sera pas vide
Voici une technique que j’utilise depuis de nombreux mois, et qui fonctionnent à merveille. Je vous l’indique car elle est très méconnue et pourtant, d’une rare efficacité ! Ceux qui me connaissent savent que je suis assez cartésienne, et pourtant, je suis souvent encore bluffée par cette technique juste miraculeuse.
Le principe : je ne me souviens pas exactement de toutes les données, mais ce que j’en ai appris est que le cerveau emprunte souvent les mêmes circuits neuronaux pour apporter une réponse à un problème. Il est reconnu que nous n’utilisons que 5 % de nos capacités mentales, il y aurait donc 95 % non exploitées.
Pour faire simple, chaque épreuve ou donnée crée un stimulus qui engendre une réponse. On peut dire que la réponse est quasiment automatique, un peu comme lorsqu’on approche sa main du feu. C’est un réflexe, ça brûle, on la retire.
Conseil à un vannier pére de famille, par Jigmé Khyentsé Rinpotché.
Écrit le 30 septembre 2010
Certains affirment n’avoir aucun but dans l’existence, pourtant ils en ont assurément au moins un, celui d’être heureux, comme tous les êtres. Nous nous voulons tous du bien. Ce sentiment élémentaire et fondamental est le signe que nous avons à l’intérieur de nous un potentiel, une richesse à exploiter. Personne, au fond de soi, ne se veut réellement du mal. Même le masochiste qui dit aimer se faire souffrir ne le fait que parce qu’il y trouve du plaisir.
Nous sentir responsable de nos proches est louable, mais nous avons la capacité d’ouvrir notre esprit suffisamment pour assumer une responsabilité bien plus grande, celle de l’infinité des êtres. Pourquoi limiter notre profond sentiment de tendresse à quelques personnes, alors que nous pouvons l’étendre à tous les êtres ? Par ailleurs, en ce qui concerne nos amis et nos proches, nous devrions leur offrir quelque chose de véritablement utile, dont nous pourrons nous féliciter au moment de notre mort. Il ne suffit pas de leur faire plaisir en les emmenant, par exemple, faire une croisière en bateau. Qu’est-ce que cela va vraiment leur apporter ? S’ils ont un problème, cela les distraira quelque temps, mais dans la plupart des cas ils emporteront leurs préoccupations avec eux là où vous les emmènerez. S’ils ont un chagrin de cœur, si leur compagnon ou leur compagne les a quittés, ou si quelqu’un les a moralement blessés, ils ressasseront leur amertume sur le bateau et celle-ci sera toujours aussi vive une fois la croisière achevée. Nous avons beaucoup mieux à faire pour aider ceux qui nous entourent.
Réfléchissons. Qu’aimerions-nous transmettre à nos enfants ? Une belle image de nous-même, de sorte qu’ils nous voient plus beaux que nous ne sommes en réalité ? À quoi bon ? Des biens matériels ? C’est leur mettre entre les mains un monceau de problèmes. Ils se disputeront nos richesses à notre mort, et même si nous partageons celles-ci de notre vivant, certains se penseront lésés et envieront ce que les autres auront reçu. Le confort matériel, ils peuvent l’obtenir par d’autres moyens, en travaillant par exemple. Notre présence ? Que nous le voulions ou pas, ils seront séparés de nous quand nous mourrons. À ce moment-là, leur chagrin ne nous ressuscitera pas et ne leur apportera rien d’utile.
Ce qu’en revanche nous pouvons leur léguer, c’est une source d’inspiration, une vision des choses qui ait un sens et qui puisse leur donner confiance à chaque instant de leur vie. Pour cela nous devons bien sûr acquérir nous-mêmes une certaine assurance, une certitude intérieure. Or, ce sentiment ne peut à l’évidence venir que de notre esprit ; il est donc grand temps de nous occuper de celui-ci.
Depuis notre naissance, nous laissons notre esprit fonctionner comme bon lui semble, à l’image d’un gamin capricieux, et nous sommes bien obligés de voir que rien de vraiment positif n’en a résulté. Reprendre les rênes devient indispensable et mérite que nous y consacrions du temps, ne serait-ce qu’un peu chaque jour.
Mieux vaut donc nous raviser et faire preuve de bon sens. Or, si nous laissons notre esprit nous maltraiter au point que nous vivons dans la souffrance et faisons également souffrir les autres autour de nous, c’est le signe que nous manquons précisément de bon sens. On peut considérer comme “ négatives ” les pensées et les paroles qui proviennent de notre esprit perturbé. Si, au lieu de nous lamenter sur notre sort, nous cultivons l’altruisme et la compassion et que ces états d’esprit “ positifs ” améliorent notre bien-être et celui d’autrui, nous faisons preuve de bon sens.
Le désarroi dans lequel nous nous trouvons est en fait une aubaine : il témoigne de notre sensibilité. Ceux qui traversent la vie sans le moindre sentiment de détresse sont inconscients. La détresse induite par notre prise de conscience recèle un immense potentiel de transformation, un trésor d’énergie dans lequel nous pouvons puiser à pleines mains et que nous pouvons utiliser pour construire quelque chose de meilleur, ce que l’indifférence ne permet pas.
Si tu penses que le monde entier se dresse en ennemi, imagine, toi le vannier, que tu te trouves devant des tonnes d’osier. Pour faire des paniers, il te faudra tresser correctement cet osier. De même, face à toutes ces difficultés, tu dois vanner parfaitement un panier intérieur suffisamment grand pour contenir tous les aléas de l’existence sans qu’ils te submergent. Bref, il est essentiel que tu t’occupes de ton esprit avec discernement.”
Tiré de Chemins Spirituels, Petite anthologie des plus beaux textes tibétains, Matthieu Ricard, NiL Editons
Source : matthieuricard.org
« Jigme Khyentse Rinpoche est l’un des maîtres les plus remarquables de sa génération et de notre temps.Il est le fils de Kyabje Kangyur Rinpoche qui était un grand tertön, l’un des êtres les plus éveillés ainsi que mon maître racine.
Jigme Khyentse Rinpoche a été aussi un étudiant très proche de Dilgo Khyentse Rinpoche. Tous les deux ont véritablement le même flot de conscience car Jigme Khyentse Rinpoche a été reconnu comme l’émanation du cœur et de l’esprit de Khyentse Chökyi Lodrö. Ce dernier était l’un des plus grands visionnaires du bouddhisme tibétain du XXe siècle et l’un des deux maîtres racines de Kyabje Dilgo Khyentse Rinpoche.
Jigme Khyentse Rinpoche a un style incroyablement inspirant qui vous pousse à aller plus loin. Il va toujours au cœur des enseignements, d’une manière facilement compréhensible par des personnes de toutes cultures et complètement enracinée dans les enseignements bouddhistes authentiques.
La façon dont s’exprime son enseignement est d’une originalité unique en son genre. Il le fait de manière à ce que ses enseignements prennent tout leur sens, touchent votre esprit, votre cœur et vous aident véritablement à tourner notre esprit vers le Dharma. Il devient alors possible de se donner des priorités authentiques dans la vie pour ainsi distinguer ce qui est essentiel de ce qui ne l’est pas, de manière à employer le temps qu’il nous reste à pratiquer de la meilleure façon possible.
Chaque fois que j’écoute ses enseignements, c’est toujours un étonnement en ce sens qu’il est quasi impossible de deviner ce qu’il dira et pourtant chaque fois il va direct au but. Personnellement, j’ai toujours été extrêmement inspiré par ses enseignements. C’est l’un des maîtres les plus respectés.
Alors, j’encourage vraiment chaque personne intéressée à suivre une voie spirituelle authentique à utiliser ses enseignements de la meilleure manière pour se transformer, se réaliser pleinement et donner ainsi un sens à sa vie. »
Le bouddha Shakyamuni a enseigné trois grands cycles d’instructions :
Le Cycle des Quatre Nobles Vérités.
Le Cycle d’Absence de Caractéristiques
Le Cycle d’Excellente Discrimination
Les traités de Perfection de Sagesse, ou prajnaparamita, appartiennent au 2ème cycle et dévoilent la nature de toutes choses, ou vacuité. Néanmoins, les avis des grands philosophes bouddhistes divergent quant au fait que le 2ème cycle soit de sens définitif et le 3ème cycle de sens indirect, ou le contraire.
Les grands maîtres indiens de la prajnaparamita furent Nagarjuna, Aryadeva, Buddhapalita, Bhaveviveka, Asanga, Vasubhandu, Chandrakirti et leur descendance.
Comme support méditatif de la prajnaparamita, le Vajrayana en a conçu une représentation symbolique, d’aspect féminin puisqu’il va s’agir d’un enfantement de l’éveil par la connaissance.
De couleur dorée, elle à quatre mains : l’une tient le vajra (la nature ultime indestructible), l’autre le texte (de la prajnaparamita), l’autre fait le mudra ou geste de l’argumentation (enseignement) et la dernière celui du recueillement (méditation).
Lorsque le bodhisattva Maître-en-contemplation pratique la profonde prajñâ pâramitâ, il voit que les cinq agrégats sont tous vides et se libère de toutes les souffrances.
Shâriputra, les formes ne sont pas différentes du vide, le vide n’est pas différent des formes, les formes sont le vide, le vide est les formes. Il en va de même des sensations, des perceptions, des constructions mentales et des consciences.
Shâriputra, tous ces éléments ayant l’aspect du vide, ils n’apparaissent ni ne disparaissent, ils ne sont ni souillés ni purs, ils ne croissent ni ne décroissent. C’est ainsi que dans le vide, il n’y a pas de forme ni de sensation, de perception, de construction mentale et de conscience.
Il n’y a pas d’œil, d’oreille, de nez, de langue, de corps ni de mental. Il n’y a pas de forme, de son, d’odeur, de saveur, de tangible ni d’élément. Il n’y a pas de domaine du visuel et ainsi de suite il n’y a pas de domaine de la conscience mentale.
Il n’y a pas d’ignorance et non plus cessation de l’ignorance et ainsi de suite il n’y a pas de vieillesse ni de mort et non plus cessation de la vieillesse et de la mort. Il n’y a pas de souffrance, d’origine, d’extinction ni de chemin. Il n’y a pas de connaissance et pas plus d’obtention puisqu’il n’y a rien à obtenir.
Comme le bodhisattva s’appuie sur la prajñâ pâramitâ, son esprit ne connaît plus d’empêchement et comme il ne connaît plus d’empêchement, il est dénué de crainte. Libéré des méprises et des pensées illusoires, il accède au nirvâna. Comme les bouddhas des trois temps s’appuient sur la prajñâ pâramitâ, ils réalisent l’anuttarâ samyak sambodhi.
Sache donc que la prajñâ pâramitâ est la grande formule magique, la grande formule du savoir, la formule suprême, la formule inégalée qui permet de supprimer toutes les souffrances, elle est vraie et non pas vaine.
C’est pourquoi j’enseigne la formule de la prajñâ pâramitâ. J’enseigne ainsi la formule : Gate, gate, pâragate, pârasamgate, bodhi, svâhâ!
Référence canon sino-japonais de Taishô : volume VIII, livre 251, p. 848c.