Souhaits pour renaître en Terres Pures d’Amitabha

Amitabha
Amitabha

▪ Souhaits pour renaître en un champ d’éveil

‘’…Même si nous n’avons pas fait les pratiques spécifiques dont nous venons de parler ni reçu leurs instructions, étant donné que les imprégnations de l’esprit sont déterminantes à la mort et dans le bardo, les prières et les souhaits que nous avons faits de notre vivant et dont notre conscience est imprégnée peuvent diriger spontanément notre esprit vers un champ pur d’éveil libre des conditionnements du Samsara.

Parmi les divers aspects du Bouddha vers lesquels il est possible de diriger son esprit, Amitabha, Tchenrezi et leur champ d’éveil Sukhavati sont particulièrement importants.

Si de notre vivant, nous faisons des souhaits pour renaître en Sukhavati, à notre mort, sans que nous nous y rendions comme un lieu physique ordinaire, nous y renaîtrons vraiment, par la seule pensée des souhaits de Sukhavati. En effet, notre corps de cette vie,’’corps de karma à pleine maturité ‘’, est composé d’éléments substantiels auxquels nous nous identifions, ce qui empêche l’esprit de se rendre où il le souhaiterait. Par contre, dans le bardo du devenir, ce corps matériel n’étant plus, le corps mental a le pouvoir de se déplacer comme la pensée. C’est alors que par le pouvoir des souhaits formulés par le Bouddha Amitabha, par Tchenrezi et par nous-mêmes, peut s’établir une connexion qui dirige l’esprit vers Sukhavati et l’y fait vraiment naître. Cela est particulièrement possible durant la première semaine de l’existence dans le bardo du devenir ; lorsque nous prenons de nombreuses fois conscience que nous sommes mort, alors, par la force des habitudes installées de notre vivant, nous adressons à Amitabha et Tchenrezi nos prières pour renaître en Sukhavati et, par le pouvoir de celles-ci, en un seul instant nous pouvons y reprendre naissance effectivement. Ainsi, si pendant notre vie nous récitons régulièrement et sincèrement les souhaits de Sukhavati, nous porterons en nous, à notre mort, l’aspiration à y aller. Cette aspiration agira sur notre esprit et deviendra le moyen d’y renaître et d’y obtenir la libération plus rapidement que si nous voyagions en avion ou en fusée !

Cependant peuvent se présenter des obstacles à cette naissance en Sukhavati. Si, par exemple, notre famille ou notre conjoint nous pleurent ou nous demande de revenir à la vie, si l’attitude de nos proches provoque en nous tristesse, attachement ou colère, notre esprit ne pourra pas alors se diriger vers Sukhavati, partagé qu’il sera alors entre deux pensées : l’aspiration à se rendre en Sukhavati et le souvenir de ceux qui lui sont chers. Les liens de l’attachement peuvent être alors suffisamment contraignants pour rendre vain l’élan de la pensée vers Sukhavati. Il en sera de même si nous demeurons attachés au monde que nous venons de laisser, à nos possessions ou à notre position sociale. Ces liens dirigeront de nouveau notre esprit vers ce qu’il vient de quitter et le détournerons de Sukhavati. Fort heureusement, il existe un moyen pour parer ce danger : s’habituer dès maintenant à considérer tous ceux qui nous sont chers, ainsi que ce que nous possédons, comme une offrande définitive à Amitabha et Tchenrezi. La pensée que les êtres et les choses ne nous appartiennent plus neutralise le mouvement affectif, qui autrement, nous y lierait. D’une façon générale, nous offrons à Amitabha et Tchenrezi tout ce à quoi nous pourrions être attachés et, leur ayant ainsi fait cette dédicace pleine et complète, nous ne conservons aucun attachement.

Les personnes âgées dont l’engagement dans le Dharma est récent peuvent penser, à bon endroit, qu’elles n’auront pas le temps d’aborder beaucoup de pratiques profondes, comme celles de Mahamoudra et d’autres, qui permettent d’atteindre l’éveil en cette vie ; elles peuvent se dire qu’elles n’ont plus le temps ni les capacités de se consacrer à des pratiques longues et difficiles. Ce ne doit pourtant pas être une cause de découragement ; avoir grande confiance en Amitabha et Tchenrezi, faire des souhaits sincères pour renaître dans le champ pur de Sukhavati et réciter le mantra de Tchenrezi ont pour résultat infaillible d’y renaître dès après la mort.

La naissance en Sukhavati est apparitionnelle, c’est à dire que l’être qui y renaît apparaît immédiatement en présence d’Amitabha et de Tchenrezi. La vision directe que nous en avons alors est telle qu’elle fait atteindre immédiatement la première terre de Bodhisattva, nommée ‘’Joie extrême ‘’. Cet état correspond à l’éveil initial, à partir duquel il n’est plus de retour dans les chaînes du Samsara ; c’est la libération initiale.

Le nom de ce champ pur d’Amitabha, ‘’ Sukhavati, signifie ‘’Grande Félicité, car l’esprit, libéré de toutes les souffrances et douleurs du Samsara, n’y connaît que bonheur et joie. Renaître en cet état spirituel met un terme au cycle des renaissances ; l’esprit y est libéré du voile du karma, ses qualités éveillées commencent à se révéler et à oeuvrer pour le bien des êtres. Mais si l’esprit est bien alors purifié du voile du karma et de la plus grande part du voile des passions, il lui reste encore des impuretés subtiles. C’est néanmoins un état  qui jouit de qualités importantes à partir desquelles il est possible d’aider les êtres, tous ceux qui sont restés dans le Samsara. Il est possible de mettre en oeuvre divers moyen pour leur venir en aide et les conduire vers la libération.

D’une façon générale, il existe de nombreux domaines d’éveils : au niveau du corps informel du Bouddha, le Dharmakaya ; au niveau du corps d’expérience parfaite, le Sambhogakaya, et au niveau du corps d’émanation, le Nirmanakaya. Sukhavati est un domaine d’éveil avec des formes, au niveau du Nirmanakaya, le corps d’émanation. De ce fait, il est encore soumis à certaines limitations. Pour donner un exemple, en Sukhavati demeure une sorte de changement, une forme d’impermanence. Ce ne sont certes pas l’impermanence et le changement grossiers que nous connaissons dans le plan d’existence qui est le nôtre, mais c’est cependant une forme subtile de changement.

Il y a quatre facteurs déterminants pour renaître en Sukhavati   

le premier est de se représenter clairement la présence de Sukhavati, d’ Amitabha et de Tchenrezi, de développer intensément le sentiment de la présence réelle, leur magnificence et leur domaine où toutes les apparences sont brillantes et lumineuses comme si elles étaient faites de joyaux.

le deuxième est notre pratique du dévoilement-développement, la purification des voiles  de l’esprit et le double développement de bienfait et d’intelligence immédiate.

le troisième est cette motivation altruiste de bodhicitta, l’esprit d’éveil.

– fondé sur bodhicitta, le quatrième facteur est l’aspiration qui provient de souhaits puissants et sincères pour renaître en Sukhavati.

De ces quatre facteurs c’est l’aspiration qui est le plus important et le plus déterminant.

Ces instruction sur Sukhavati ne sont pas seulement une promesse pour l’avenir ; être convaincu de leur validité et les appliquer dissipent de nombreuses souffrances en cette vie même. La vieillesse est habituellement accompagnée d’un cortège d’afflictions : manger beaucoup crée des troubles, manger peu en crée d’autres ; nous ne sommes pas à l’aise dans des vêtements chauds et épais, mais des vêtements légers ne garantissent pas du froid…Plus encore que ces incommodités physiques, pèse la souffrance mentale de l’approche de la mort. Par contre, si nous faisons des souhaits dès maintenant pour renaître en Sukhavati et si nous avons la conviction que ces souhaits se réaliseront, la vieillesse, loin d’être cause de tourments, devient source de joie, par l’ espérance de quitter ce monde pour un autre, meilleur.

Si vous ne pouvez faire diverses pratiques ni même des souhaits pour renaître en Sukhavati, vous pouvez au moins vous informer de ce que sont les dix actes positifs et les dix actes négatifs, vous exercez à adopter les premiers et à abandonner les seconds ; cela vous conduira, ultérieurement, à obtenir une existence humaine heureuse dans laquelle vous pourrez rencontrer le Dharma et avancer progressivement sur la voie de l’éveil. ‘’

Extrait de « La Voie du Bouddha » de Kalou Rinpotché – éditions sagesses.

L’amour, la réponse à tout

Tulipe
Tulipe

Par le don, on obtient la richesse,
Par l’éthique, le bonheur,
Par la patience, le rayonnement,
Par l’effort, la splendeur,
Par la méditation, la paix,
Par la connaissance, la libération,
Et par un coeur aimant,
On obtient tout.

– Nagarjuna –

Compréhension et compassion

Compassion
Compassion

Afin d’éviter les jugements

et interprétations, issus

de nos projections,

gardons présent en notre

coeur que ce qui est simple

et évident pour soi ne l’est

pas forcément pour

les autres…

Compassion et vacuité se soutiennent

Vacuité
Vacuité

Vacuité et compassion se soutiennent

Lorsqu’on comprend bien la notion de vacuité de l’esprit et qu’on réalise ce qu’elle signifie, l’esprit se dilate dans une joie, un bonheur et une liberté qui lui sont propres. De plus, on voit alors que les êtres ordinaires, ne percevant pas cette vacuité, pensent en termes de « moi » et de « j’existe ».

Cette erreur leur fait prendre tous les phénomènes pour réels et ils expérimentent toutes sortes de souffrances.

La compassion que l’on conçoit pour eux est d’autant plus grande qu’on perçoit le fondement du mécanisme de la souffrance.

Compréhension de la vacuité et compassion se soutiennent en fait mutuellement.

 

– Kalou Rinpoché –

 

Croyances et certitudes

Croyances
Croyances

Ce ne sont jamais les situations
en elles-mêmes qui nous affectent,
les situations sont toujours neutres.
Ce qui nous affecte est la perte de nos
croyances et de nos certitudes…

Eveil Oriental

Le pardon et l’égo

Pardon
Pardon

 

Bouddha méditait dans la forêt en compagnie de ses disciples. Soudain, l’un de ses détracteurs spirituels qui le détestait, s’approcha. Profitant du moment d’intense concentration de Bouddha, il se mit à l’insulter, lui cracha dessus et lui lança des poignées de terre.

Immédiatement, Bouddha émergea de sa méditation et, avec un sourire placide, il enveloppa l’agresseur de compassion. Par contre, ses disciples réagirent violemment. Ils agrippèrent l’homme, brandirent pierres et bâtons en attendant l’ordre du Maître de le châtier.

Bouddha, percevant la situation dans son ensemble, ordonna à ses disciples de lâcher l’homme, puis lui parla avec douceur et conviction:

– Voyez ce que vous avez provoqué en nous. Comme un miroir, vous nous avez montré notre vrai visage. Dorénavant, je vous prie de venir tous les jours pour éprouver notre vérité ou notre hypocrisie. Vous avez vu qu’en un instant, je vous ai rempli d’amour. Par contre, ces hommes qui depuis des années me suivent partout en méditant et priant, ont démontré ne pas avoir compris ni la vie, ni le processus de l’Unité. Ils ont réagi avec une agression similaire à la vôtre et même supérieure.

Revenez chaque fois que vous le désirez, vous êtes mon invité d’honneur. Toute insulte de votre part sera bien reçue à titre de stimulation pour vérifier si notre vibration est élevée ou s’il s’agit simplement d’une tromperie du mental. C’est ainsi que l’on peut voir l’Unité en tout.

Pleins de honte, les disciples ainsi que l’homme, se retirèrent rapidement de la présence du Maître car ils se sentaient coupables. Chacun percevait la leçon de grandeur du Bouddha et tentait d’échapper à son regard.

Le lendemain matin, l’agresseur se présenta devant Bouddha, se prosterna à ses pieds et lui dit avec une voix pleine d’émotion :

– Je n’ai pas pu dormir de toute la nuit ! Ma faute est si grande ! Je vous supplie de me pardonner et de m’accepter auprès de vous !

Souriant, Bouddha lui dit:

– Dès maintenant, vous êtes libre de rester avec nous, mais je ne peux pas vous pardonner.

Contrit, l’homme le supplia de l’excuser en tant que Maître de la compassion.

Bouddha répondit :

– Pour que quelqu’un pardonne, il doit avoir un ego très blessé. L’ego est la croyance erronée d’être de la personnalité. Seul l’ego blessé peut pardonner. Ainsi, après avoir haï ou senti de la rancune, on passe à un niveau plus avancé, mais incluant un piège. C’est le besoin de se sentir spirituellement supérieur à celui dont la bassesse nous a blessés. Seul celui qui continue de voir la dualité et se considère très sage, pardonne à l’ignorant qui lui a causé une blessure. Ceci n’est pas mon cas. Je vous vois comme une âme avec des affinités, mais je ne me sens pas supérieur. Je ne perçois pas que vous m’ayez blessé. Je n’ai que de l’amour au cœur envers vous. Je ne peux pas vous pardonner, je ne fais que vous aimer.

Qui aime n’a plus besoin de pardonner.

Pris sur facebook – Bouddhisme et Philosophies

Ignorance

Ignorance
Ignorance

Etre convaincu de détenir
la connaissance, ou ignorer
être dans l’ignorance est bien
pire que l’ignorance elle-même !

Eveil Oriental

Vous êtes des Bouddhas

17è Karmapa
17è Karmapa

 

La seule différence entre vous et moi est que je sais que

vous êtes des Bouddhas.

17è Karmapa Trinlay Thaye Dorje

Le chemin de Samatha Vipassana

Le chemin de Samatha
Le chemin de Samatha

 

L’illustration ci-dessus, reproduit une xylographie originale tibétaine qui présente les neuf étapes du cheminement de samatha en les illustrant par neuf scènes.

 

Il y a deux personnages : l’homme, qui est le sujet méditant, l’observateur, et l’éléphant, son esprit. Le méditant manie les deux outils dont il dispose pour développer samatha : l’attention et le rappel.

La hachette, incisive, représente l’acuité de l’attention vigilante, et la corde à crochet est le souvenir de la pratique, le rappel. Comme de nombreuses distractions interrompent l’état d’attention vigilante, le méditant doit y revenir par des rappels constamment répétés. La vigilance est l’acuité de base de la méditation et le rappel l’élément qui en assure la continuité.

L’état de samatha a deux principaux obstacles : d’une part l’agitation créée par les fixations sur les pensées et les émotions, et d’autre part la torpeur, l’opacité mentale. La torpeur est représentée par la noirceur de l’éléphant et l’agitation par celle du singe. Le feu qui décroît au fil des étapes exprime le niveau énergétique de la méditation : au fur et à mesure qu’elle progresse, la pratique exige de moins en moins d’efforts.

Les six virages du chemin délimitent six paliers de la progression, dominés successivement par six forces de la pratique qui sont : l’écoute des instructions, leur assimilation, leur souvenir, la vigilance, la persévérance et la parfaite habitude.

En bordure du chemin sont placés différents objets : plat de nourriture, conque, petite cymbale et miroir représentant les objets sensoriels : saveurs, odeurs, sons, et formes visuelles, qui distraient du chemin de samatha si le méditant se dirige vers eux.

1 – Au bas de la reproduction, à la « première station », la distance séparant le méditant et son esprit est grande. L’éléphant de l’esprit est mené par le singe de son agitation. Le feu est important, c’est-à-dire que la méditation demande beaucoup d’énergie ; les obstacles sont à leur maximum : tout est noir.
2 – À la deuxième station, le méditant grâce à son attention se rapproche de l’éléphant ; le singe mène toujours l’esprit mais le rythme s’est ralenti. L’opacité et l’agitation décroissant, du blanc filtre dans la noirceur de l’éléphant et du singe.
3 – À la troisième station, le méditant ne court plus vraiment après son esprit ; ils sont maintenant face à face. Le singe est toujours en avant mais il n’entraîne plus l’éléphant. Un contact suivi entre le méditant et l’esprit s’est établi avec la corde du rappel. Une forme de torpeur subtile, passée jusqu’alors inaperçue, apparaît ; c’est le petit lapin. La noirceur de l’opacité et de l’agitation décroissent.
4 – À la quatrième station, l’évolution se précise, le méditant se rapproche encore de l’éléphant. La blancheur du singe, de l’éléphant et du lapin progresse. La scène est plus calme.
5 – À la cinquième station, la situation se renverse. Le méditant guide maintenant l’éléphant de l’esprit avec une attention et un rappel continus. Le singe ne conduit plus, mais le lapin est toujours là. La scène est encore plus claire.

Dans l’arbre, un singe blanc cueille des fruits blancs : il représente l’activité de l’esprit s’engageant dans des actes positifs. Bien que de telles actions doivent habituellement être cultivées, ce sont des distractions pendant la pratique de samatha ; c’est pourquoi l’arbre est noir et à l’écart du chemin.

6 – À la sixième station, les progrès se précisent ; le méditant conduit ; le rappel de la méditation est constant sans que l’attention n’ait plus besoin d’être dirigée vers l’esprit. Le lapin est parti et la situation se clarifie de plus en plus.
7 – À la septième station, la scène est devenue très paisible. La marche n’a plus à être dirigée. La situation est devenue presque complètement transparente ; quelques taches noires signalent encore des points délicats.
8 – À la huitièmestation, l’éléphant marche docilement avec le méditant. Il n’y a pratiquement plus de noir et la flamme de l’effort a disparu. La méditation est devenue naturelle et continue.
9 – À la neuvième station, l’esprit et le méditant sont tous deux au repos complet. Ils sont comme de vieux compagnons habitués à rester tranquilles ensemble. Les obstacles ont disparu, samatha est parfait.
Les tableaux suivants, portés par le faisceau émanant du cœur du méditant, représentent l’évolution de la pratique au sein de cet état de samatha. La réalisation de samatha est caractérisée par des expériences d’allégresse et de ravissement, illustrées par le méditant volant ou transporté à dos d’éléphant.
Le dernier tableau se réfère à la pratique conjointe de samatha et de vipasyana. La démarche se renverse. Esprit et méditant sont ensemble, l’un chevauchant l’autre. Le feu révèle une nouvelle énergie qui apparaît : l’intelligence immédiate, représentée par l’épée flamboyante de la connaissance transcendante, tranche les deux faisceaux