Marche solidarité tibet dimanche 25 novembre 2012

Dimanche 25 novembre 2012, à partir de 14h.
Parvis des Droits de l’Homme, Trocadéro, Paris

Nous ne nous rencontrons que nous-même !

Nous ne nous rencontrons que nous-mêmes !

Chaque rencontre que nous faisons est une rencontre avec nous-mêmes. Que nos relations soient fusionnelles, passionnelles, haineuses, ou indifférentes, ce que nous cherchons en l’autre n’est qu’une partie de nous-mêmes.

Parfois, ce que nous rencontrons chez l’autre nous fascine, nous aimerions être comme l’autre, nous le jugeons  bon, fort, intelligent, beau, humble…nous sommes en  admiration alors nous nous y accrochons.

D’autres fois,  ce que nous voyons en l’autre ne nous plaît pas, nous le jugeons mauvais, ou le haïssons,  nous ne sommes pas comme ça, pensons-nous, surtout pas ! Alors nous le rejetons, le critiquons, le fuyons…

Et parfois ce que l’on perçoit nous laisse indifférents, et nous passons à côté sans nous y intéresser.

En réalité, tout ce que nous percevons chez les autres n’est qu’une projection de notre monde tel que nous le visualisons, au travers de ses filtres, ses croyances, ses conditionnements, ses voiles… , que cela soit agréable, désagréable ou indifférent.

Les trois poisons de l’esprit

Nous classons habituellement les choses en trois catégories que l’on nomme dans le bouddhisme les trois poisons.

Le premier est le désir attachement, le second l’aversion répulsion, et le troisième l’ignorance ou indifférence. Soit nous aimons, soit nous n’aimons pas, soit cela nous est égal. De ces trois poisons résultent diverses  émotions, telles que jalousie, haine, colère, rejet, orgueil, indifférence…desquelles découlent encore 84000 autres sous-catégories d’émotions.

Et la bonne nouvelle, c’est que nous avons en nous tout cela, en quantité plus ou moins importante selon les individus.

Quant nos ennemis deviennent nos alliés

Nous passons beaucoup de temps et beaucoup de notre énergie avec nos ennemis, surtout notre énergie mentale. Car nos ennemis nous dérangent, ils nous font mal, ils nous blessent, nous exaspèrent. Nous les critiquons, les jugeons, les détestons, ils sont tellement différents de nous, pensons-nous ! Et justement, en quoi la différence de l’autre pourrait-elle nous poser un problème ?

Est-ce l’autre que nous détestons ou plutôt la série d’émotions et de sentiments qu’il génère en nous ?

La vérité est que notre égo envahit souvent toute la sphère de notre conscience, l’égo se croit le maître absolu, le centre du monde, il croit en sa réalité et l’exporte sur tout le monde ! Le seul souci est que l’égo n’a pas d’existence propre, il est comme le reste, un phénomène composé. Tout comme une maison est fabriquée avec des murs, un toit, des cloisons… l’égo se fabrique à partir de croyances, expériences, conditionnements, environnement culturel…

En réalité, l’égo n’a aucune existence solide, et ne peut donc se percevoir qu’au travers de l’autre. C’est la seule façon dont il dispose pour se réaliser (en tant qu’égo bien sur), et c’est dans sa propre saisie qu’il se libère.

Il ne peut donc faire autrement que se projeter !

Plus les relations sont difficiles, plus cela signifie que l’autre nous renvoie des parts sombres de nous-mêmes ; à l’inverse, plus les relations sont simples et évidentes, plus l’autre nous fait écho sur ce que nous avons de plus beau en nous. Quant à l’indifférence, elle est sans doute la part de nous la plus difficile à détecter puisque justement, nous n’y prêtons pas attention.

Faut-il pour autant rechercher ses ennemis ?

Répondre par l’affirmative aurait plutôt une connotation masochiste, il est d’ailleurs complètement inutile de rechercher ses ennemis pour s’affranchir de nos parties sombres, ils ont toujours été présents, à l’intérieur de nous. C’est le simple fait de les projeter qui les rend réels à l’extérieur de nous !

Bien entendu, nous avons tendance à nous tourner naturellement vers ceux qui nous renvoient une image agréable de nous-mêmes, ceux avec qui on se sent bien, comme « chez soi ». A l’inverse, dès que nous rencontrons un « autre » qui ne nous renvoie pas l’image que nous avons de nous, la relation tourne souvent au cauchemar. Parfois, l’autre nous renvoie plusieurs facettes, celles que nous aimons et d’autres que nous n’aimons pas, et la confusion s’installe. Nous ne parvenons pas à nous extirper de la relation tout en y étant très mal à l’aise. Nous entrons alors en conflit avec nous-mêmes. C’est le principe même de la manipulation.

Car en fait, que cherchons-nous à travers l’autre ?

On pourrait presque dire que l’autre est là pour exacerber ce qu’il y a en nous et que nous ne pouvons voir. Et à terme, il nous offre alors l’opportunité de nous en libérer ! Sans ennemis, il nous serait parfaitement impossible de voir en nous nos aspects ténébreux, nos attachements, nos colères, notre jalousie…Sans nos ennemis, il nous serait impossible de nous réapproprier nos parties sombres et de nous en libérer. Et cela passe parfois par de terribles douleurs et prises de conscience.

Nous avons besoin de rencontrer toutes ces facettes de nous-mêmes afin de reconstituer le puzzle que nous croyons être, dans le but ultime de le déconstruire car, en réalité, ce que nous percevons ne sont que des images, de soi-même au travers ce qui nous entoure mais uniquement des images, elles ne sont pas la réalité. Percevoir la réalité requiert à terme de se libérer de ces images.

Si nous percevons fondamentalement le principe de l’effet miroir, alors nous cessons de nous sentir victimes et exploitons au contraire cette opportunité de nous voir telles que nous sommes, ou plutôt tel que s’est construit notre égo. C’est alors pour nous l’occasion de nous défaire de ces parties de nous que nous n’aimons pas, qui ne sont pas nous. Mais ce n’est pas facile, et très souvent, nous aurons tendance à fuir ce que nous voyons, que nous jugerons à tort trop ceci ou trop peu cela, sans vraiment réaliser que la seule chose que nous fuyons, c’est l’image de nous-mêmes, image qui, tôt ou tard, se manifestera à nouveau sur notre route….

Comment pouvons-nous savoir que nos rencontres ne sont que des projections ?

Tout simplement par le sentiment que ces rencontres exercent sur nous. Si nous nous sentons attirés, c’est une projection de l’égo ! Si l’autre nous agace, c’est une projection de l’égo ! Et si l’autre ne nous intéresse pas, c’est aussi une projection de l’égo !

La question étant : peut-on avoir une relation avec l’autre en dehors de l’égo ? La réponse Est dans la question ! Sans égo, l’autre n’existe pas, il n’est plus autre ou, dit autrement, c’est de l’égo que naît l’autre. Donc oui, toutes les relations sont possibles au-delà de l’égo, ce qui n’est pas le cas lorsque l’égo est trop présent, du fait de ses conditionnements.

Et si on ne se perçoit pas en l’autre…

Si l’autre ne fait pas écho sur nous-mêmes, la relation ne présente que peu d’intérêt à nos yeux ; il en est de même lorsque  nous ne nous reconnaissons plus en l’autre : en général, nous abandonnons la relation pour une autre qui nous renverra une autre image.

Comment y parvenir ?

Par la prise de conscience et la méditation

La méditation est une aide précieuse, par le simple fait qu’elle nous permette de faire le calme en nous, d’avoir conscience de notre bavardage mental et du simple fait que nos pensées existent, mais que c’est uniquement la saisie qu’on exerce sur elles qui nous donne l’illusion qu’elles sont solides et réelles. Plus nous laissons d’espace en nous, plus nous sommes en mesure d’accueillir ce qui est.

La prise de conscience et les questions simples : est-ce que je ne suis pas en train de faire la même chose que ce que je reproche à l’autre ? Est-ce que, lorsque je juge l’autre, je n’ai pas également en moi  cette part que je juge ? Suis-je exactement conforme à l’image que j’ai de moi-même ?

En se posant ces simples questions, en essayant de rester honnête sans en rajouter ni en enlever, nous nous apercevrons rapidement que nous pouvons nous reconnaître en tout le monde. En nous reconnaissant à travers l’autre, nous cessons tout simplement de le juger ! Et en cessant de juger, nous libérons l’espace qu’occupait le jugement et, à terme, nous permettons l’amoindrissement du pouvoir de l’égo, voire sa dissolution, car Qui juge en réalité ?

Françoise

Le bonheur – Lama Guendune Rinpoché

Le bonheur

LE BONHEUR

Le bonheur ne se trouve pas avec beaucoup d’effort et de volonté mais réside là, tout près, dans la détente et l’abandon.

Ne t’inquiète pas, il n’y a rien à faire.

Tout ce qui s’élève dans l’esprit n’a aucune importance parce que n’a aucune réalité. Ne t’y attache pas. Ne te juge pas.

Laisse le jeu se faire tout seul, s’élever et retomber, sans rien changer, et tout s’évanouit et commence à nouveau sans cesse.

Seule cette recherche du bonheur nous empêche de le voir.

C’est comme un arc-en-ciel qu’on poursuit sans jamais le rattraper. Parce qu’il n’existe pas, qu’il a toujours été là et t’accompagne à chaque instant.

Ne crois pas à la réalité des expériences bonnes ou mauvaises ; elles sont comme des arcs-en-ciel.

A vouloir saisir l’insaisissable, on s’épuise en vain. Dès lors qu’on relâche cette saisie l’espace est là, ouvert, hospitalier et confortable.

Alors profites-en. Tout est à toi, déjà. Ne cherche plus.

Ne va pas chercher dans la jungle inextricable l’éléphant qui est tranquillement à la maison.

Rien à faire.

Rien à forcer

Rien à vouloir.

Et tout se fait tout seul.

Octobre 2000

Lama Guendune Rinpoché

CONSEILS AU MEDITANT

Laisse cet esprit qui est le tien,
dans un état détendu, non-artificiel.
En cet état, voyant la pensée et son mouvement,
reste dessus, détendu.
En cet état, va poindre la stabilité.
Pas d’attachement à la stabilité,
Pas de peur du mouvement.
Connaissant qu’il n’est pas de différence
entre stabilité et mouvement,
l’esprit s’élevant de l’esprit.
En cet état, sans saisie, sans attachement,
repose, détendu, tel quel.
En cet etat, la réalite en elle-meme,
l’essence de ton propre esprit,
sagesse, vacuité radieuse,
va s’elever,
et tu n’auras pas de mots…
En cet état, un calme naturel viendra ;
sans tenir la stabilité pour quelque chose,
tel quel, naturel et libre ;
sans saisir ni rejeter les productions mentales,
s’il te plaît, reste… LÀ.

Guendune Rinpoche

Les six paramitas ou six perfections

Tout est dans la relation aux situations

Il est important de voir que tout est dans la relation aux évènements, aux personnes et aux situations. Ce ne sont pas les situations en elles-mêmes qui sont positives, négatives, agréables ou désagréables, mais la façon dont nous les abordons. C’est le type de relation que nous initions avec les situations qui leur donne leur coloration et, éventuellement, qui est la source des difficultés que nous rencontrons. C’est ainsi que nous créons, tout le temps, les causes de nos propres problèmes. En investissant dans les situations notre confusion et nos passions, nous réussissons perpétuellement à transformer des situations fondamentalement simples en un imbroglio inextricable.

Reconnaître notre état d’esprit

La pratique du Dharma, la pratique de la méditation est l’apprentissage d’une relation juste à l’altérité, aux autres en nous ; nos pensées, nos émotions, nous-mêmes…et à l’altérité extérieure : les autres et toutes les situations.

C’est la raison pour laquelle il est essentiel d’apprendre à voir l’état de notre esprit et de le reconnaître, lorsque nous sommes en situation, notre état mental de l’instant.

Est-ce que nous sommes dans un état colérique ? Sommes-nous dans un état passionné ? Sommes-nous dans un état d’opacité, de jalousie, d’avidité ? Il s’agit d’être conscient de l’état de notre esprit dans l’instant présent, de la coloration émotionnelle et affective de celui-ci. Il convient de le faire avec une qualité d’attention, de vigilance ; c’est aussi cette vigilance qui nous permet de garder bodhicitta (coeur-esprit d’éveil) présente à l’esprit face aux difficultés qui pourraient survenir.

Les 6 paramitas ou bienfaits qui mènent à l’éveil

Les six paramitas  sont les six vertus essentielles de toutes les pratiques du Mahayana. Paramita est un mot sanskrit qui signifie Perfection, entendu comme ce qui va au-delà de la dualité. Ce sont les qualités de l’expérience éveillée qui, lorsqu’elles sont mises en pratique, mènent à l’Eveil.

Ces six perfections suivent un ordre qui est celui d’une certaine progression logique, d’une gradation.

1 – la Générosité : la pratique commence par le don et l’aptitude au don. Plutôt que de garder égoïstement, il s’agit simplement d’accepter de donner quelque chose, de partager. C’est le premier pas dans le dépassement d’une attitude égotique

2 – la Discipline : elle peut être intérieure ou extérieure. Intérieurement, on la pratique avec la méditation de Tonglen – prendre en soi la souffrance des autres et donner de la lumière-. Extérieurement, on fait la même chose mais cette fois en situation pratique.

Don et discipline sont la base de la pratique et le dépassement de nos attitudes égo-centrées.

3 – la Patience : non dans le sens d’endurer, de supporter ce qui est pesant, en se durcissant, se blindant pour tenir le coup. La patience ici est d’adopter une attitude flexible, fluide, transparente de façon à ce que les situations coulent sans heurts.

4 – l’Energie : adopter une attitude dynamique et enthousiaste. L’énergie est indispensable si l’on comprend la valeur profonde et le sens de notre engagement. Même si c’est parfois difficile. Dans la pratique du Dharma, on ne peut pas progresser sans énergie, cette force intérieure, sans laquelle aucune transformation ne peut se réaliser.

5 – la Méditation : pour pratiquer la méditation, il faut donner de son temps. Il n’y a ni contrainte, ni effort volontariste, simplement revenir à la présence

6 – la Compréhension : c’est l’expérience directe, immédiate de l’esprit et de la réalité. C’est la réalisation de cette intelligence profonde qui fait que toutes les autres vertus sont accomplies à la perfection, libres d’un objet, d’un sujet ou d’un acte. Le 6è paramita est l’accomplissement des 5 précédents et, appliqués dans les situations quotidiennes, ils deviennent des perfections. C’est l’expérience d’immédiateté non intentionnelle, la non-dualité.

Ces six paramitas se fondent sur un constat très simple, évoqué par le Dalaï-lama de la façon suivante : « touts les vivants sont nos semblables, tout système vivant à naturellement une capacité et une propension à se maintenir, particulièrement l’humain dont la motivation est le bien-être. Ce qui est bon pour nous l’est donc pour les autres, et inversement. »  Il y a là une intelligence très profonde. C’est ainsi que le Kundun dit quelquefois « Soyez égoïstes si vous le voulez, mais soyez-le intelligemment, c’est-à-dire en étant altruistes. » C’est en accomplissant ce qui est bon pour les autres que nous nous faisons du bien à nous-mêmes…

Texte réajusté à partir des textes officiels de l’Université Shédra

Qu’est-ce que l’esprit ?

L’esprit

« L’esprit est la base unique d’où s’élève confusion et sagesse, samsara et nirvana, selon qu’il demeure dans l’ignorance ou qu’il est établi dans sa nature d’éveil. Il est donc essentiel d’avoir une compréhension claire de l’esprit afin d’en réaliser la nature.

L’esprit

« L’esprit est la base unique d’où s’élève confusion et sagesse, samsara et nirvana, selon qu’il demeure dans l’ignorance ou qu’il est établi dans sa nature d’éveil. Il est donc essentiel d’avoir une compréhension claire de l’esprit afin d’en réaliser la nature.

Qu’est-ce que l’esprit?

L’esprit est ce qui produit des pensées, parfois très actif, parfois calme, parfois heureux, parfois malheureux, parfois doux, parfois violent. Tout cela est l’esprit, et pourtant ce n’est pas cela. En effet, si nous cherchons l’esprit, rien n’est trouvé, si nous le regardons, rien n’est vu, si nous l’analysons, il n’en reste rien. Si nous voulons le saisir, nous n’attrapons rien, si nous le rejetons, il ne s’en va pas, si nous le posons, il ne reste pas. Si nous voulons l’unir à autre chose, il ne se mélange pas, si nous cherchons à le diviser, il ne se sépare pas, si nous voulons en prélever une partie, il ne se partage pas. Il n’est pas connu par l’observation, il n’est pas expliqué par une démonstration…

Il se situe, en fait, au-delà de toutes les représentations mentales d’existence, de non-existence, des deux à la fois ou de ni l’un ni l’autre.
C’est pourquoi on le définit comme GRAND MILIEU et la position qui le caractérise s’appelle LA GRANDE VUE MÉDIANE qui se situe à l’écart de tous les extrêmes.
Le seul moyen de réaliser la nature de l’esprit, c’est l’absorption méditative, le samadhi, qui conduit à la vision directe, non discursive, non conceptuelle de l’essence de toute chose.
C’est la raison pour laquelle la méditation est le cœur de l’apprentissage spirituel »

Lama Guendune Rinpoché

Tara, la Tibétaine

Selon la légende, Târa la bodhisattva serait née sous les traits de la princesse « Lune de sagesse », qui décida de devenir nonne.
Des moines lui conseillèrent de prier pour obtenir une renaissance plus propice dans un corps d’homme.
Elle leur répondit que dans la réalité ultime, il n’existe pas plus d’homme ou de femme que de « je » ou de « moi », et fit le voeu de continuer à se manifester dans un corps de femme pour aider tous les êtres, jusqu’à ce que l’océan de l’existence samsarique se soit asséché.

On dit aussi qu’elle naquit d’une larme versée par Chenréri (ou Avalokiteshvara), le bouddha de la compassion, dont elle est une émanation.
Le nom de Târa, qui veut dire étoile, est interprété comme « celle qui aide à traverser » (l’océan du samsara), la salvatrice, la libératrice.
Târa vole au secours de tous ceux qui l’invoquent dans l’adversité, ou, comme le disait le sage indien Chandragomi au 7èmè siècle,
« Aya Târa répond instantanément à toutes les prières désintéressées. Les souhaits égoïstes risquent de prendre un peu plus longtemps… »

Les deux formes les plus connues de Târa sont la verte et la blanche, ainsi que 21 manifestations qui font l’objet d’une très belle prière.
La Târa verte protège des peurs, des dangers et des ennemis, qu’elle dompte pacifiquement.
La Târa blanche est souvent invoquée pour obtenir guérison et longévité.

Archétype de la féminité, Târa a pu être acceptée en tant que bouddha féminin grâce à l’apparition du tantrisme.
Son culte s’est développé au Tibet au 11 ème siècle, sous l’influence d’Atisha, fondateur de l’ordre Kadam, précurseur des Gelugpas.
Mais déjà au 8 ème siècle, Guru Padmasambhava, père du bouddhisme tibétain aurait dit
« qu’il faut un corps humain pour atteindre l’illumination. Homme ou femme, il n’ y a guère de différence. Mais pour celle qui est résolue à développer l’esprit d’éveil, un corps de femme est plus favorable. »

Vacuité

Tétralemme

On ne peut pas dire que c’est vide, ni que c’est non-vide,
ni que c’est à la fois vide et non-vide,
ni que c’est à la fois ni vide ni non-vide,
mais c’est ce que l’on dit pour en parler

Merci à Seunam…

« Imaginons une vague à la surface de la mer. Vue sous un certain angle, elle semble avoir une existence distincte, un début et une fin, une naissance et une mort. Perçue sous un autre angle, la vague n’existe pas réellement en elle-même, elle est seulement le comportement de l’eau, « vide » d’une identité séparée mais « pleine » d’eau. Si nous réfléchissons sérieusement à la vague, nous en venons à réaliser que c’est un phénomène rendu temporairement possible par le vent et l’eau, qui dépend d’un ensemble de circonstances en constante fluctuation. Nous apercevons également que chaque vague est reliée à toutes les autres. Si nous y regardons de près, rien ne possède d’existence intrinsèque. C’est cette absence d’existence indépendante que nous appelons « vacuité ».

l s’agit de comprendre qu’il y a une différence fondamentale entre la façon dont nous percevons le monde (y compris nous) et la réalité de ce monde : le « réalisme naïf », qui voit le monde comme peuplé d’entités autonomes, séparées et durables, objectivement existantes, est une erreur métaphysique que la prajñā (sagesse transcendante en tibétain), à mesure qu’elle se développe, permet de dissiper, par la vue directe de śūnyatā (absence d’existence en soi)

C’est une perception directe, non duale et non-intellectuelle, de la nature des phénomènes : la vacuité n’est ni le néant ni un espace vide distinct des phénomènes ou extérieur à eux. C’est la nature même des phénomènes. Et c’est pour cela qu’un texte fondamental du bouddhisme, le Soûtra du Cœur, dit : « La vacuité est forme et la forme est vacuité ». D’un point de vue absolu, le monde n’a pas d’existence réelle ou concrète. Donc, l’aspect relatif, c’est le monde phénoménal, et l’aspect absolu, c’est la vacuité. (…)

Pour connaître la Réalité…

Pour « connaître » la réalité,
il ne faut pas lui être extérieur
et la définir.
Il faut y entrer,
l’être et la ressentir.
Alan Watts