Vacuité

Tétralemme

On ne peut pas dire que c’est vide, ni que c’est non-vide,
ni que c’est à la fois vide et non-vide,
ni que c’est à la fois ni vide ni non-vide,
mais c’est ce que l’on dit pour en parler

Merci à Seunam…

« Imaginons une vague à la surface de la mer. Vue sous un certain angle, elle semble avoir une existence distincte, un début et une fin, une naissance et une mort. Perçue sous un autre angle, la vague n’existe pas réellement en elle-même, elle est seulement le comportement de l’eau, « vide » d’une identité séparée mais « pleine » d’eau. Si nous réfléchissons sérieusement à la vague, nous en venons à réaliser que c’est un phénomène rendu temporairement possible par le vent et l’eau, qui dépend d’un ensemble de circonstances en constante fluctuation. Nous apercevons également que chaque vague est reliée à toutes les autres. Si nous y regardons de près, rien ne possède d’existence intrinsèque. C’est cette absence d’existence indépendante que nous appelons « vacuité ».

l s’agit de comprendre qu’il y a une différence fondamentale entre la façon dont nous percevons le monde (y compris nous) et la réalité de ce monde : le « réalisme naïf », qui voit le monde comme peuplé d’entités autonomes, séparées et durables, objectivement existantes, est une erreur métaphysique que la prajñā (sagesse transcendante en tibétain), à mesure qu’elle se développe, permet de dissiper, par la vue directe de śūnyatā (absence d’existence en soi)

C’est une perception directe, non duale et non-intellectuelle, de la nature des phénomènes : la vacuité n’est ni le néant ni un espace vide distinct des phénomènes ou extérieur à eux. C’est la nature même des phénomènes. Et c’est pour cela qu’un texte fondamental du bouddhisme, le Soûtra du Cœur, dit : « La vacuité est forme et la forme est vacuité ». D’un point de vue absolu, le monde n’a pas d’existence réelle ou concrète. Donc, l’aspect relatif, c’est le monde phénoménal, et l’aspect absolu, c’est la vacuité. (…)