L’invitation – Sagesse amérindienne

Invitation

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L’invitation

Peu m’importe comment tu gagnes ta vie.
Je veux savoir quelle est cette chose que tu veux tellement fort
que ça te fait mal,
et si tu oses rêver de réaliser le désir de ton cœur !

Peu m’importe quel âge tu as.
Je veux savoir si tu es prêt à risquer de paraître ridicule pour l’amour,
pour tes rêves, pour l’aventure d’être en vie !

Peu m’importe quelles planètes sont en conjonction avec ta lune.
Je veux savoir si tu as touché le centre de ta tristesse,
si tu t’es ouvert aux trahisons de la vie
ou si tu t’es ratatiné et refermé de peur d’une douleur de plus !

Je veux savoir si tu peux t’asseoir avec la douleur, la mienne ou la tienne
et ne pas bouger pour la cacher ou pour l’estomper ou pour la dissoudre !

Je veux savoir si tu peux être avec la joie, la mienne ou la tienne.
Si tu peux danser sauvagement et laisser l’extase te remplir
jusqu’au bout de tes doigts et de tes orteils
sans crier qu’il faut faire attention, être réaliste ou se rappeler les limitations d’être humain.

Peu m’importe que l’histoire que tu me racontes soit vraie ou fausse.
Je veux savoir si tu es capable de décevoir un autre pour être vrai avec toi-même ;
si tu peux supporter d’être accusé de trahison et ne pas trahir ton âme à toi ;
si tu sais être infidèle [*] et donc être digne de confiance.

je veux savoir si tu peux voir la beauté, même s’il ne fait pas beau tous les jours et si tu nourris la vie à la source de sa présence.

Je veux savoir si tu peux vivre avec l’échec, le tien et le mien,
et te tenir néanmoins au bord du lac et crier vers l’argent de la pleine lune : « OUI ! »

Peu m’importe de savoir où tu habites ni combien d’argent tu as.
Je veux savoir si tu peux te lever après une nuit de douleur et de désespoir, épuisé et meurtri, et faire ce qu’il faut pour les enfants.

Peu m’importe qui tu connais ni par quel chemin tu es venu ici.
Je veux savoir si tu te tiendras au centre du feu avec moi et si tu ne reculeras pas.

Peu m’importe ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.
Je veux savoir ce que c’est qui te soutient de l’intérieur quand tout le reste s’est évanoui.

Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même et si tu aimes réellement la compagnie que tu fréquentes dans les moments vides.

Oriah Mountain Dreamer, Sage Amérindien – Mai 1994
(traduit de l’anglais)