Bourreau ou victime ?

Compassion

Compassion

Il n’y a pas d’un côté le bourreau, de l’autre la victime. Si l’on est honnête avec soi-même, on réalise facilement qu’au travers des relations douloureuses voire toxiques que l’on vit, nous avions à tout moment la possibilité d’y renoncer.

Nous savions, pressentions que quelque chose n’allait pas, cependant, nous sommes restés, usant d’illusions supplémentaires pour justifier de la légitimé de notre acceptation. En fait, nous avions toutes les cartes en main, mais toutes les cartes étaient voilées. Si nous savons utiliser la souffrance d’une situation, non pas en tant que victime, mais pour se voir tels que nous sommes, nous réalisons que nous sommes allés chercher chez l’autre précisément le miroir qu’il nous manquait pour mettre le doigt sur nos propres travers. Faisant ainsi, nous avons été tout aussi « malhonnête » que l’autre, menteur envers nous-même, nous trahissant nous-même. Dès lors, il devient impossible de reprocher quoi que ce soit à l’autre, nous devenons conscients d’avoir été notre propre bourreau. Si nous avons pu et su utiliser cette souffrance, non pour nous amoindrir, nous dévaloriser en tant que victime, mais pour nous sonder, nous débarrasser de nos tendances et voiles, alors l’autre n’est plus un ennemi, mais devient un allié, un compagnon de voyage envers qui nous pouvons être profondément reconnaissant d’avoir accepté ce rôle, et pour lequel nous pouvons éprouver une profonde et infinie compassion.

Françoise